Arrivé deuxième du scrutin lors du premier tour, le binôme Bechter/Varin a inversé la tendance face aux représentants du Front National, et ce, malgré une part de votes blancs importante.

Au soir du premier tour, ils étaient en droit de croire en leurs chances de décrocher les deux postes de conseillers départementaux du canton Corbeil-Essonnes. « Ils », ce sont les candidats du Front National Gabriel Caillet et Sophie Legoff. Dimanche 22 mars, le tandem frontiste était ressorti des urnes à la première place avec une avance non négligeable sur leur premier poursuivant. Au final, près de trois points les séparaient du duo Jean-Pierre Bechter/Caroline Varin. Partant en mauvaise posture suite aux résultats de dimanche dernier, le maire de Corbeil-Essonnes a finalement réussi à inverser la tendance et l’emporte avec une large avance à 62,96% contre 37,04%. « Je suis très heureux du résultat, s’est félicité Jean-Pierre Bechter qui prendra place au sein du Conseil départemental le 2 avril prochain. La victoire est encore plus belle, car d’année en année, je réalise des scores de plus en plus importants ». Parti d’une centaine de voix d’écart lors des élections municipales partielles de 2009, le maire de Corbeil-Essonnes jouit aujourd’hui un avantage de près de 3 000 voix sur ses poursuivants. « C’est donc une vraie satisfaction », complète l’édile corbeil-essonnois.

Le FN poursuit son implantation locale

Du côté des candidats du Front National, même si le score est sans appel, ce scrutin restera comme une « expérience positive » pour le binôme. « Cette semaine, nous les avons fait trembler en nous qualifiant pour le second tour, explique Sophie Legoff. Il faut espérer que cela les force à bien faire leur travail », insiste la jeune femme. « Nous nous mettrons dès que possible au service des habitants » a ainsi rétorqué le maire de Corbeil-Essonnes qui s’est dit « rassuré de ne pas voir le FN gagner ».

Ces résultats témoignent également d’un autre point positif selon la candidate du parti de Marine Le Pen : celui de l’implantation locale. Car en effet, le secteur de Corbeil-Essonnes n’a que très rarement connu des candidats frontistes en son sein. « C’est la première fois depuis de nombreuses années que le FN est présent à Corbeil-Essonnes. Cela renforce notre maillage du territoire, rappelle Sophie Legoff. Nous avons la volonté de faire avancer les choses et temps que rien n’aura changé, nous serons là », indique la candidate qui a déjà comme point de mire les prochaines échéances politiques, à savoir, les élections régionales.

Le vote blanc grand vainqueur ?

Outre la forte poussée du binôme Varin/Bechter sur le canton, un autre élément s’est infiltré dans les paramètres de ce scrutin. Non, il ne s’agit pas de l’abstention en recul par rapport à 2011, mais bien du nombre de bulletins non exprimés. « C’est incroyable, je n’ai jamais vu autant de bulletins nuls », assure cet homme qui assiste à un dépouillement pour la troisième fois. « J’espère que la prochaine enveloppe ne cachera pas un vote blanc ou nul », parie un scrutateur.

En tout et pour tout, plus de 16% des votants ont fait le choix de voter soit blanc, soit nul. Sûrement le résultat des consignes de votes des vaincus du premier tour « pour faire barrage au Front National ou encore à une droite corrompue », comme l’annonçait il y a peu Carlos Da Silva, patron des socialistes en Essonne. Un détail qui ne semble pas déranger Jean-Pierre Bechter. « Les gens font ce qu’ils veulent. Cela fait partie du jeu des élections. Certaines sont plus suivies que d’autres ».

Jean-Pierre Bechter annonçant sa victoire aux côtés de son suppléant, Serge Dassault (JL/EI)

Jean-Pierre Bechter annonçant sa victoire aux côtés de son suppléant, Serge Dassault (JL/EI)

Toutefois, le taux de votes non exprimés a légèrement augmenté en fin de soirée. La faute à la présence de bulletins d’Alain Buffle, candidat FN sur le canton… d’Arpajon. « C’est certainement une erreur de la part de l’imprimeur lorsqu’il a livré nos bulletins », regrette Gabriel Caillet. « Le rôle de la mairie aurait dû être de vérifier l’ensemble des bulletins pour éviter cela », ajoute Sophie Legoff. De son côté, Jean-Pierre Bechter rétorque « qu’ils [Ndlr : les candidats FN] ont livré des bulletins sans les vérifier. Le tout est marginal car il ne concerne qu’une centaine de bulletins ».

Sur près de 3 000 voix, cela ne représente donc pas grand-chose. C’est pourquoi Sophie Legoff ne pense pas déposer un recours. « Nous aurions perdu de 200 voix, un recours auprès du tribunal administratif aurait eu du sens », avant de conclure sur le fait que quoiqu’il arrive « nous bénéficions de cinq jours pour en déposer un ».