Une page se tourne à Grigny/Viry étant donné que le binôme de centre-droit a raflé l’un des bastions emblématiques de la gauche en Essonne.

« Ce canton était fait pour la gauche, mais nous l’avons gagné », se réjouit Jean-Marie Vilain, le maire de Viry-Châtillon. Car en effet, parmi les quinze cantons raflés par la droite à la gauche lors de ce second tour, figure le canton de Viry-Châtillon. Celui qui était pourtant considéré par certains comme l’un des bastions de la gauche en Essonne avec le canton de Sainte-Geneviève-des-Bois notamment, est donc « tombé » ce dimanche soir.

Au premier tour, près de 600 voix séparaient les deux premiers du scrutin. Ce dimanche 29 mars, l’écart est sensiblement le même. Toutefois, le rapport de force s’est totalement inversé entre temps. Car oui, c’est le binôme UMP-MoDem composé de Jérôme Bérenger et de Sylvie Gibert qui s’est imposé aux dépens du duo soutenu par la majorité départementale sortante. La communiste Yveline Le Briand et le conseiller général sortant Paul Da Silva (DVG) ont dû s’incliner sur le score de 52,62% contre 47,38%. « C’est une victoire historique pour nous, lance le nouveau conseiller départemental Jérôme Bérenger. Rien que sur la ville de Grigny, nous réalisons le meilleur score jamais enregistré d’une liste de droite sur la commune ». Quant à la situation sur Viry-Châtillon, le binôme de centre-droit réalise un résultat similaire à celui perçu lors des dernières élections municipales. « C’est une réelle approbation de la politique municipale, annoncent en chœur Jean-Marie Vilain et Jérôme Bérenger. Nous nous voyons confortés dans notre position sur Viry-Châtillon ».

Une page qui se tourne ?

Si tous les voyants sont au vert pour la droite, la situation est forcément différente pour la gauche qui perd ainsi l’un de ses cantons clefs. « C’est le jeu des élections », souffle Paul Da Silva, dont le mandat ne sera pas renouvelé. Beau joueur dans la défaite, ce dernier a ainsi félicité ses successeurs avant de rappeler une partie de son bilan aux Castelvirois et aux Grignois présents dans la salle. « Avec l’étendue des choses qui ont été réalisées, nous n’avons pas tout perdu avec ces élections », insiste celui qui s’attèlera désormais à sa fonction de conseiller municipal d’opposition. « Une fonction importante pour moi », complète-t-il. Pour sa part, sa binôme Yveline Le Briand garde en souvenir la bonne résistance de leur duo sur la commune de Grigny qui y enregistre « près de 65% des suffrages ».

Par ces résultats, le Parti de Gauche se voit donc totalement dépossédé de ses différents mandats. Il y a encore un an, il s’agissait de la plus grande collectivité de France gérée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Outre le conseiller général et la mairie de Viry-Châtillon, le Parti de Gauche administrait aussi la communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne. En cette fin mars 2015, le rapport de force s’est totalement inversé. « Les lignes sont en train de bouger, notamment à Grigny où la tendance change », avance Sylvie Gibert du MoDem. Une vision que ne partage pas l’ancien maire de Grigny et futur ex-conseiller général de Grigny Claude Vazquez. « Vous gagnez avec les voix du FN ! », scande ce dernier avec une partie des personnes présentes dans la salle de l’Envol.

Les deux camps cherchent à calmer les tensions. Désormais, il faut donc « aller de l’avant et mettre les rancœurs de côté », affirme Sylvie Gibert qui reste dans l’attente de savoir quelle sera l’étendue du travail à accomplir. De l’autre côté de l’échiquier politique, Paul Da Silva choisi aussi d’apaiser le climat. « Nous aurons ensemble des jours meilleurs », conclut l’élu.