Victoire sans appel pour l’UMP et ses alliés lors du second tour des élections départementales. La droite rafle 15 des 21 cantons de l’Essonne, et s’apprête à prendre en main le Département.

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La droite obtient 30 sièges contre 12 pour la gauche (Infographie Essonne Info)

Le premier tour avait donné une avance pour les candidats de la droite et du centre dans une bonne moitié des 21 cantons, mais tout restait ouvert en raison de plusieurs cantons indécis (lire notre article). L’effet a été amplifié lors de ce second tour, avec la droite qui obtient une confortable majorité, de 30 élus sur 42, soit 15 cantons remportés. La gauche conserve 6 cantons et aura donc 12 élus au sein de la nouvelle instance.

Victoires nettes sur les cantons disputés

Les candidats de droite réalisent de bonnes performances, en gagnant dans 10 duels face à la gauche, trois face au FN et deux triangulaires. Ils s’imposent nettement face aux candidats PS et écologistes, comme à Gif-sur-Yvette (58,76%), Montgeron (58,87%), Draveil (61,74%) ou Longjumeau (62.91%). Les binômes UMP-UDI gagnent encore plus nettement lorsqu’ils affrontaient des binômes FN, à l’image d’Etampes (65,52%) et Savigny (68,21%). A Corbeil-Essonnes, la droite avec Jean-Pierre Bechter s’impose avec 62,96% (lire notre article).

La droite gagne aussi les cantons où elle se trouvait au coude-à-coude avec la gauche au soir du premier tour. Sur ces territoires indécis, les binômes UMP-UDI sont premiers au soir du second tour. Aux Ulis, les maires Françoise Marhuenda et Dominique Fontenaille (Villebon) remportent finalement le scrutin de 900 voix (53,20% contre 46,80%). A Brétigny, le tandem Nicolas Meary et Sophie Rigault obtient une avance de presque 2000 voix (56,33%), tandis que dans la triangulaire d’Arpajon, 250 voix séparent Dominique Bougraud et Alexandre Touzet de Pascal Fournier et Nicole Perrier (40,31% contre 39,06%). Victoire pour la droite à Athis-Mons avec 500 voix de différence (lire notre article). Enfin à Viry-/Grigny, c’est le tandem UMP/MoDem qui s’impose sur ces terres traditionnellement de gauche (lire notre article)

Pour les nouveaux élus de droite et du centre, la victoire est totale. « Nous avons une majorité large, c’est ce qu’il fallait pour avoir les coudées franches » résume Sandrine Gelot-Rateau, maire et nouvelle élue du canton de Longjumeau. Pour Georges Tron, vainqueur à Draveil, il s’agit d’une « belle victoire pour la démocratie ». Le patron de la fédération UMP décrit la manière dont la droite va prendre en main le département : « on va essayer d’être à la hauteur de ce qu’on a promis et de ce que les Essonniens attendent ». Il annonce qu’un audit sera préalablement mené, puis « selon ce que l’on trouve, on détermine la faisabilité de nos pistes de travail ». Sur la méthode, « il n’est pas question de défaire tout ce que Guedj a fait » souligne-t-il.

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La nouvelle répartition politique des cantons de l’Essonne (infographie Essonne Info)

Un « problème national » pour Jérôme Guedj

Sur Yerres-Brunoy, le binôme Debout la France, soutenu par Nicolas Dupont-Aignan, totalise 68,99% des voix face au PS. Désormais minoritaire malgré son élection à Massy avec 51,54%, Jérôme Guedj se dit « triste » car il juge la défaite « disproportionnée par rapport aux enjeux départementaux ». Pour le futur ex-président du Conseil général il a y un « problème national » auquel il faut rajouter « la division et l’abstention ». Guy Bonneau, élu écologiste sortant se dit pour sa part « très déçu que le CG bascule ». « Nous savons qu’ils veulent baisser les subventions publiques, ainsi que les investissements » anticipe Francis Chouat le maire d’Evry.

La gauche conserve tout de même dans son giron six cantons, trois gagnés face à la droite, trois face au FN, dont Evry avec 72,80%. Le binôme PS-PCF gagne à Sainte-Geneviève-des-Bois avec 52,55% des voix et dans le fief du président déchu Jérôme Guedj avec 51,54%. A Palaiseau, le score est plus serré et la victoire se joue à moins de 300 suffrages (50,82%). Réélu sur ce canton, le maire d’Orsay David Ros se dit « triste de n’avoir pas plus de cantons à gauche. On pensait que ça serait serré, mais on ne s’attendait pas à une telle victoire de la droite. Nous avons fait quand même une campagne courte, de terrain, qui avait du sens, en mettant en avant nos réalisations. Mais c’est comme ça, c’est le jeu de la démocratie »

Dimanche soir en Préfecture. (MM/EI)

Dimanche soir en Préfecture. (MM/EI)

« Nous avons plusieurs pistes pour faire des économies« 

Autre son de cloche de la part des élus de la nouvelle majorité et leurs partis. Président de l’UDI 91, Vincent Delahaye se réjouit de pouvoir désormais « travailler en bonne confiance avec le département ». Pour Eric Mehlhorn, qui se réjouit de « la fin de 17 années de socialisme », l’objectif premier sera de « réduire la dette, on ne sait pas encore quels en seront les choix, ça se fera de manière collective. Nous avons plusieurs pistes pour faire des économies ».

Le FN enfin, présent dans 8 cantons pour ce second tour, obtient son meilleur score à Ris-Orangis (39,38%). Le parti se réjouit tout de même de ses scores, comme à Arpajon où dans la triangulaire, Alain Buffle a atteint son objectif, « celui de passer le premier tour, grâce à un super score ». « On s’attendait à cette baisse entre deux tours, car une partie de notre électorat a souhaité sanctionner la gauche au second tour » poursuit-il.

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Jérôme Guedj sous les lumières des caméras (MM/EI)

Après cette victoire, la droite doit désormais se choisir un chef de file. Avant la séance d’intronisation des nouveaux élus prévue jeudi 2 avril, une réunion des membres de la nouvelle majorité de droite et du centre se déroule ce lundi. Georges Tron et François Durovray doivent y soumettre leur candidature à la présidence de l’instance.