En cas d’alternance pour l’Essonne dimanche soir, le prochain président devrait être choisi dans les rangs de la droite dans la foulée. Qui de Georges Tron ou de François Durovray pourrait devenir le prochain président de l’exécutif départemental?

C’est une lutte silencieuse qui se joue en coulisse, dans le cas où la droite serait majoritaire sur le Département dimanche soir. Dès le lundi 30 mars, les futurs élus de droite et du centre ont prévu de se réunir à huis-clos pour désigner leur chef de file. Leader de l’UMP 91, le maire de Draveil espère être en position de force au sein des prochains élus de l’assemblée départementale, et ainsi s’asseoir « naturellement » sur le siège de président de l’instance. Il tient la fédération UMP 91 depuis de nombreuses années maintenant, et peut compter sur l’appui de différents pontes de son parti, en premier lieu desquels Serge Dassault, qui lui témoigne régulièrement son soutien.

Mais ces derniers temps, des voix s’élèvent pour faire entendre qu’un autre président est envisageable, et pour certains envisagé, pour présider aux destinées du Département pour les six prochaines années. Ce nom, c’est celui de François Durovray. Chrsitian Schoettl, défait au premier tour sur Dourdan, a en quelque sorte brisé le tabou en publiant un mot de soutien clairement exprimé sur son blog : « je ne pourrais pas imaginer d’avoir le président d’une collectivité comme le Conseil général se retrouver en cours d’Assises dans l’exercice de cette fonction » et de préciser son soutien par « des années de combats communs, une amitié qui date des années 90, une complicité rieuse, une affection pour sa femme et pour ses enfants [qui le] conduisent très naturellement et automatiquement à vous dire que je voterai pour Francois Durovray ».

L’intéressé veut incarner la nouvelle génération d’élus de droite, et compte outre de nombreux élus UDI, des amitiés aux quatre coins de l’Essonne, depuis qu’il présidait le groupe UMP au Département en 2008, « où il a réalisé un travail exemplaire » confie une élue locale et candidate UMP dimanche. « Mon choix est fait » explique-t-elle, « je le connais depuis 10 ans, il est très compétent et cela participera au renouvellement des élus ».

Une partie des nouveaux visages de maires en Essonne, réunis l'année dernière par François Durovray(JM/EI)

Une partie des nouveaux visages de maires en Essonne, réunis l’année dernière par François Durovray (JM/EI)

Un troisième tour attendu

Peu après son élection à la mairie de Montgeron‎, il réunissait une flopée de nouveaux maires pour discuter de l’avenir de leurs collectivités respectives. Homme de réseaux, il est à la fois en très bons termes avec certains leaders de l’UMP francilien, comme Valérie Pécresse ou Stéphane Beaudet qu’il côtoit à la Région. Tout en étant resté proche de son voisin de Yerres Nicolas Dupont-Aignan. Critiqué pour sa proximité avec le président de Debout la France par une partie de la droite, particulièrement les soutiens à Georges Tron, François Durovray refuse d’avoir « à fournir un brevet Umpiste ». « Je suis au RPR depuis mes 15 ans, je suis proche de NDA, mais nous n’avons plus le même parcours depuis qu’il a quitté l’UMP ».

Concernant sa rivalité avec son voisin draveillois, qui s’exprime notamment à l’agglomération, François Durovray confirme que « chacun a fait campagne dans son canton sans se mêler de l’autre », même si le score de Georges Tron sur les bureaux de vote montgeronnais du canton de Draveil sont révélateurs (autour de 15%).

Bien qu’il ne se déclare pas encore candidat : « c’est un troisième tour, on ne parle pas d’une élection qui n’est pas ouverte », François Durovray indique déjà qu’il ne votera pas pour Georges Tron à la présidence du CG et annonce : « on verra qui est le mieux à même dimanche soir de porter cette majorité ».

Georges Tron compte pour sa part sur la mobilisation de ses soutiens, qui restent nombreux dans les instances de l’UMP et chez les candidats, qu’il a participé à désigner via la commission d’investiture. « Je le soutiens pleinement sur le département » confie un candidat du nord-Essonne, « il a le profil de quelqu’un de compétent. Tout ce remue-ménage autour de lui montre que sa candidature est vraiment prise au sérieux et qu’elle fait peur à la gauche ». Pour sa part, le candidat du canton de Dourdan Dominique Echaroux résume la pensée de beaucoup, que ce soient les soutiens à Tron ou Durovray : « si ils sont chacun candidat, qu’ils se mettent d’accord pour rassembler toute la droite et le centre ».