L’entre-deux tours des Départementales reste très tendu du côté du canton de Draveil. Georges Tron conservera-t-il son avance face à une gauche résolue à le faire chuter?

Mercredi matin, 7h30. Opération d’ampleur pour la gauche, qui organise avec des ministres une distribution de tracts à la gare de Juvisy côté Seine. Sur 4 membres du gouvernement annoncés, ils sont finalement deux à avoir fait le déplacement. Pascale Boistard, ministre déléguée au Droits des femmes, et Thierry Mandon, l’ancien maire de Ris-Orangis, ministre délégué à la Réforme de l’Etat, tractent avec les candidats PS et écologistes, en présence du président du CG Jérôme Guedj

« Votez pour la gauche, contre la droite affairiste » : en tendant ses tracts aux passants qui arrivent par vague des bus de Draveil, Jérôme Guedj n’y va pas par quatre chemins. « Les gens ont bien compris que le troisième tour se prépare » explique-t-il. A ses côtés, Thierry Mandon, lui-même ancien député de la circonscription de Draveil, assume les attaques contre le candidat de droite : « nous informons les électeurs de la situation particulière de ce canton et de l’Essonne, que les gens sachent et votent en connaissance de cause ».

Ce matin là, l’ancienne candidate du premier tour Fabienne Sorolla (DVD) est venue assister à la rencontre et signifie à qui veut l’entendre son « appel à voter contre Tron ». Le candidat écologiste soutenu par la gauche Jean-Marc Pasquet croit en ses chances dimanche, malgré un retard de 9 points au premier tour (les résultats complets) : « Tron perd des voix par rapport aux municipales, nous faisons de bons scores dans plusieurs communes », et de préciser que pour lui, son adversaire UMP « doit d’abord régler ses propres problèmes avant de s’occuper de ceux du Département ».

Pas de consigne, mais…

Concernant son renvoi aux Assises, Georges Tron a bénéficié ce jeudi d’une éclaircie : le parquet général de la Cour de cassation s’est prononcé contre ce renvoi. Confirmation ou pas de cette position par la Cour le mercredi 1er avril prochain. Cette semaine, c’est le numéro 2 de la fédération UMP Jacques Lebigre qui est monté au créneau pour défendre le maire de Draveil. Il accuse la gauche de mener « des campagnes ignominieuses, scandaleuses, des insinuations de tous ordres, bref des vilenies qui continuent à tenter de faire du mal (…) Malgré les outrances, malgré la conséquence électorale qu’il dut en subir, Georges Tron a été réélu brillamment maire de Draveil en 2014 ».

Parmi les candidats éliminés du canton, les 3 PCF-Front de gauche du premier tour appellent à voter blanc, même si la fédération essonnienne apporte son soutien aux candidats de gauche. A droite, les ennemis du leader de l’UMP se font entendre. Fort de ses 13,69%, Philippe Olivier n’appelle pas formellement à voter pour la gauche, et ne donne pas de consignes de vote. Mais il espère « que la moralité va l’emporter », et ajoute qu’il souhaite « qu’aucune voix n’aille à Georges Tron ». Pour Cédric Giraud du FN, les électeurs doivent se porter sur « le moins pire » selon eux et « ne pas se détourner des urnes ». « Cela peut-être blanc, ou nul » ajoute le candidat frontiste.