Directement mise en cause dans le brulot de la maire de Savigny Laurence Spicher-Bernier (lire notre article), la conseillère municipale socialiste de la ville Chadia Semdani a accordé un entretien à Essonne Info. Elle revient lors de cette rencontre, sur le contexte des attaques qu’elle subit, et exprime à sa manière le sens des propos diffusés à son encontre.

Chadia Semdani est conseillère municipale d’opposition à Savigny-sur-Orge. Avocate parisienne, elle est impliquée dans la vie de sa commune, notamment via les associations de parents d’élèves. Il y a quelques mois, elle a accepté de devenir la candidate remplaçante d’Etienne Chaufour, maire de Juvisy, qui brigue un nouveau mandat de conseiller général du canton de Juvisy,qui contient quatre bureaux de vote de la partie nord de la commune de Savigny.

Essonne Info : Quelles réactions à cette lettre de Laurence Spicher-Bernier?

Chadia Semdani : Tout d’abord, je suis à moitié surprise de ce genre de déclaration. Elle a l’habitude de faire des déclarations caricaturales, qui ne sont fondées sur rien, c’est à dire, il suffirait de lui demander la preuve de ces allégations, elle en serait incapable.

Essonne Info : Vous êtes accusés de vouloir « saccager » la ville?

Chadia Semdani : C’est totalement mensonger. Nous n’avons nullement l’intention de saccager les zones pavillonnaires, d’ailleurs tous les élus d’opposition  habitent dans ces zones pavillonnaires. On aspire tous à vivre paisiblement, en toute tranquilité , donc non, on n’est pas là pour saccager quoi que ce soit, ça n’a pas de sens, c’est le contraire.

Essonne Info : Vous êtes accusés les socialistes et vous de ne pas prendre en compte les aspects de la sécurité, qu’en pensez-vous?

Chadia Semdani : Il est totalement malvenu aujourd’hui pour madame le maire de soutenir qu’on est contre la sécurité. Pour preuve, aux côtés des parents d’élèves, j’ai initié une pétition, pour demander à notre maire de sécuriser les abords de l’école Ferdinand Buisson, qui touche la gare. Depuis de  nombreuses années, rien n’a été fait pour sécuriser les abords de cette école, qui sont extrêmement dangereux avec les voitures, et il y a d’ailleurs eu des accidents. En tant qu’élus, nous sommes intervenus à maintes reprises pour demander la sécurisation des abords de cette école. Par ailleurs, à la demande des élus, le Conseil général a accepté d’apporter son expertise en la matière, et de verser une subvention pour d’éventuels aménagements. Aujourd’hui on attend toujours la réaction du maire à cette proposition intéressante.

« En écrivant ça, elle partage les valeurs du Front National« 

Essonne Info : En voulant promouvoir le dispositif ELCO (Enseignement des Langues et Cultures d’Origine, vous êtes directement accusée de favoriser le communautarisme, que répondez-vous à cela?

Chadia Semdani : Déjà, elle connait mal le dispositif ELCO. Il a été mis en place en 1975 par la droite. Il a été mis en place à destination des enfants d’origine étrangère, dans le but d’un éventuel retour dans leur pays, de leur permettre de ne pas être coupés de la culture d’origine. C’est un dispositif qui est quand même assez intéressant, qui permet d’apprendre des langues. Et moi je ne veux pas imposer ce dispositif, il existe déjà. Il a été mis en place à Savigny pour les cours de Portugais, mais il n’a pas pu être mis en place pour les cours d’Algérien et de Marocain, car notre maire refuse de fournir une salle, et ce en violation de la loi. D’ailleurs ce n’est pas moi qui ait demandé la mise en place de ce dispositif, c’est l’inspecteur d’académie. C’est lui qui contrôle le travail des intervenants, qui sont par ailleurs financés par les pays d’origine, avec lesquels la France a conclu un accord.

Essonne Info : Que vous inspire donc cette lettre, sur son rendu global et ses éventuelles conséquences?

Chadia Semdani : On est au-delà de la querelle politique. J’ai le sentiment d’une certaine animosité personnelle de la part du maire. C’est une personne qui nous refuse la parole au Conseil municipal, qui ne respecte pas le règlement intérieur, qui hurle sur tout le monde au point qu’au sein de sa propre majorité, certains ont fait dissidence.

Essonne Info : Considérez-vous ce texte comme un appel au vote FN?

Chadia Semdani : Oui, c’est clairement établi. Il n’y a pas un seul mot, une seule critique qui est faite au Front National. Les critiques sont dirigées entièrement à l’égard d’Etienne Chaufour, candidat face au FN, et à mon égard. En écrivant ça, elle partage les valeurs du Front National.

Essonne Info : Envisagez-vous des poursuites ?

Chadia Semdani : on y travaille.

  • Entretien réalisé par Julien Monier