Avant le premier tour, Debout la France, ex-Debout la République, voulait peser sur ces élections départementales, et notamment en cas d’alternance. À l’issue du premier, quel premier bilan peut en tirer le parti de l’ancien candidat à la présidence de la République Nicolas Dupont-Aignan à l’aube du second tour ? « C’est assez satisfaisant dans l’ensemble », commente le secrétaire national de DLF Laurent Jacobelli. Sur des cantons comme Athis-Mons, Sainte-Geneviève et Palaiseau, les résultats restent pourtant faibles, de l’ordre de 4 à 5%. Cependant, ils sont porteurs d’un message positif selon le secrétaire national. « Ce sont des endroits où nous nous présentions pour la première fois. Les scores témoignent de la continuité de notre implantation sur le département ». Concernant les résultats enregistrés sur la rive droite de la Seine, celui qui était aussi candidat sur le canton d’Athis-Mons les évoque avec fierté. « Les résultats sont très bons sur les cantons de Yerres, Epinay-sous-Sénart et Draveil, même si seul le binôme yerrois a franchi le premier tour. Il faut savoir que le tout s’est déroulé dans un climat exécrable ».

Car oui, depuis le début de la campagne électorale, les leaders de DLF (Nicolas Dupont-Aignan) et de l’UMP (Georges Tron) se sont déclaré la guerre. Et cette bataille entre les deux camps s’illustre en partie sur les cantons de Yerres, Epinay-sous-Sénart et Draveil. « Sur Draveil, à défaut de pouvoir se qualifier pour le tour suivant, l’autre objectif était de faire en sorte que Georges Tron n’atteigne pas le second tour. Le binôme de Philippe Olivier ne l’a pas empêché au final, mais il lui a pris des voix », analyse Laurent Jacobelli. À l’issue du premier tour sur le canton de Draveil, l’UMP prend ainsi l’avantage dans cette guerre à distance entre les deux chefs de file.

À Yerres, pas de partage

La suite de cette bataille par binômes interposés s’est poursuivie notamment sur le canton de Yerres. Au sein du bastion national de DLF, l’alliance de droite proposait une fois n’est pas coutume un binôme face aux candidats de Nicolas Dupont-Aignan. Mais le match entre les deux forces politiques de droite a tourné court. Le duo DLF conduit par Olivier Clodong et Martine Sureau se classe premier du scrutin en flirtant avec la barre des 45%. Pour sa part, le binôme investi par l’UMP-UDI ne requiert que 13% et s’octroie la quatrième place sur les cinq listes présentes au départ sur le canton. « Le binôme de droite qui voulait nous bloquer n’a pas réussi du tout à nous freiner sur Yerres », se félicite Laurent Jacobelli qui espère que le binôme Clodong-Sureau recueillera plus de suffrages que le duo socialiste Jauneau-Yenge lors du second tour.

Une analyse que ne partage pas le candidat UDI investi sur le canton. « La tâche était certes compliquée pour nous, néanmoins, il faut retenir le fait que nous ayons poussé le binôme DLF à faire un second tour, résume Irvin Bida. Sans nous, ils auraient été élus au premier tour ». Par ce résultat, celui qui soutient Georges Tron pour une possible candidature à la tête du Conseil départemental estime que le parti de Nicolas Dupont-Aignan est « en plein recul. Ce parti commence à s’effondrer », explique Irvin Bida. Ainsi, le rapport de force s’équilibre sur ce canton de Yerres entre DLF et l’UMP.

Une division qui coûte à la droite sur le canton d’Epinay

Sur Epinay-sous-Sénart enfin, il est encore question « d’effondrement » selon un des candidats. Dans ce canton, la fracture entre l’UMP et DLF avait pris une autre envergure avec l’exclusion de trois adjoints engagés auprès de NDA, mais figurant dans la majorité UMP de Brunoy. Une cassure qui s’était notamment manifestée une fois encore par la présence d’un binôme de chaque camp sur le canton. Seulement, à cause de cette division, la droite a perdu un canton qui lui paraissait accessible. « L’accord avait été recherché, mais nous ne l’avions pas trouvé », admet Georges Pujals, candidat soutenu par la personne de Nicolas Dupont-Aignan. « C’est rageant, car réunie, la droite cumule 60% des suffrages sur le canton, alors que la gauche n’en compte que 40%. Pourtant, ce sont eux qui sont au second tour ». « On ne peut se mettre d’accord avec NDA qu’en lui cédant tout ce qu’il exige. On ne pouvait pas continuer comme ça », lâche sur les réseaux sociaux le candidat investi par l’UMP, Laurent Béteille.

Sur le canton d’Epinay-sous-Sénart, l’UMP et DLF se sont donc neutralisés, laissant la place au duo socialiste et au Front National qui se disputeront ce dimanche 29 mars les deux sièges de conseillers départementaux du canton. Une situation que regrette Laurent Béteille. « Il nous a manqué 339 voix pour être au second tour dans un canton taillé pour le PS et où il va l’emporter grâce à la division de la droite et grâce à la campagne calomnieuse et mensongère du PS et de son allié objectif DLF », commentait l’ancien maire de Brunoy sur les réseaux sociaux.

Le binôme soutenu par NDA aurait-il siphonné les voix du duo UMP ? « Faux ! », rétorque Georges Pujals. « Il a perdu tout seul. Il y a un effondrement de la droite sur ce canton. C’est lui qui est revenu pour me faire barrage et non l’inverse », assure celui qui estime être ressorti renforcé de ce scrutin sur sa ville d’Epinay-sous-Sénart. « L’UMP n’existe plus à Epinay. L’électorat de droite vote pour moi. J’apparais comme le candidat à droite le mieux positionné pour la suite  », annonce Georges Pujals en se positionnant pourquoi pas dans l’optique de futures échéances électorales ?

La hache de guerre ne semble pas être enterrée entre les deux partis. Ces derniers n’ont d’ailleurs donné aucune consigne de vote aux électeurs sur ces cantons.« l’UMP doit s’ouvrir, on doit rassembler, comme ce que nous avons fait avec l’UDI », tempère François Durovray, candidat UMP sur le canton de Vigneux, conscient de l’intérêt de se rassembler pour faire basculer le Conseil général à droite.

Un partout donc sur ces trois cantons dans leurs affrontements directs sur cette rive droite. La balle est maintenant au centre du terrain. DLF devrait compter un binôme au futur Conseil départemental si la logique du premier tour est respectée à Yerres. Des interrogations peuvent perdurer sur celui de Draveil. Il ne reste maintenant plus qu’à savoir si la défaite sur le canton d’Epinay-sous-Sénart ne sera pas préjudiciable à l’ensemble de la droite dans sa conquête de la présidence du Conseil départemental.