Les résultats du premier tour des élections départementales donnent une avance pour la droite dans le département. Mais la gauche résiste et la bataille du second tour s’annonce plus qu’indécise.

Le Conseil général de l’Essonne – rebaptisé Conseil départemental – basculera-t-il? Géré par le PS et ses alliés depuis 1998, la droite y était donnée favorite avant ce scrutin. Au soir du premier tour, difficile de déterminer qui prendra la tête du Département la semaine prochaine. L’UMP et l’UDI réalisent de bons scores et se placent en avance sur 11 cantons, notamment là où des maires étaient candidats, comme à Etampes (43,11%), Gif-sur-Yvette (47,64%), Longjumeau (36,79%) ou Vigneux (40,96%). A Draveil, Georges Tron est en tête avec 37,68% (lire notre article).

Le leader de l’UMP 91 voit en ces scores le résultat « d’une bonne logique », qui selon lui « mérite une amplification » lors du second tour. « Il y a un effet amoindri de la gifle annoncée pour le PS car nous sommes dans le département du Premier ministre, analyse Georges Tron, mais nous sommes confiants, car nous avons une bonne dynamique ». Pour Vincent Delahaye, maire de Massy et président de l’UDI 91, « le deuxième tour sera serré », mais dit-il, « j’y crois, je pense que la majorité peut basculer ».

La gauche quant à elle parvient à se maintenir dans plusieurs cantons, et pointe en tête dans certains. A commencer par Massy, terre d’élection du président du CG Jérôme Guedj, qui réalise 40,01% des voix. Le PS et ses alliés ont également une longueur d’avance sur les cantons d’Evry (41,80%), Sainte-Geneviève-des-Bois (42,39%) et Palaiseau (39,27%). A Viry-Chatillon, le binôme Front de gauche soutenu par le PS arrive en tête au premier tour avec 41,06%, mais il est talonné par l’alliance UMP-MoDem et ses 35,99% (lire notre article)

Les forces politiques arrivées en tête, canton par canton. (JL/EI)

Les forces politiques arrivées en tête, canton par canton. (JL/EI)

Chez les cadres socialistes, on se rassurait dimanche soir de ces résultats. « La gauche est présente dans la quasi-totalité des cantons, c’est un résultat plus qu’honorable, veut croire Francis Chouat, maire d’Evry et conseiller général sortant, maintenant on est dans une autre campagne, la gauche n’a pas dit son dernier mot. Tout est encore possible ». Même optimisme pour le candidat à sa réélection Jérôme Guedj, qui se veut offensif dans les médias : « est-ce que l’Essonne ira mieux si Georges Tron en devient président? » se demande-t-il.

Le FN se maintient pour sa part dans huit cantons. Il participera à deux triangulaires, à Arpajon et Mennecy, où il arrive deuxième force (32,96%). Le parti de Marine Le Pen affrontera trois fois des candidats de gauche (Epinay-sous-Sénart, Evry, Ris-Orangis) et trois fois des qualifiés de droite (Corbeil-Essonnes, Etampes, Savigny) dimanche prochain. A noter qu’à Corbeil-Essonnes, il vire en tête et devance la gauche ainsi que le maire de la ville Jean-Pierre Bechter avec un total de 26,63% des suffrages (lire notre article).

Pour Audrey Guibert, la secrétaire départementale du FN qui se qualifie sur son canton de Savigny-sur-Orge (lire notre article), « il y a eu des résultats symboliques, comme à Evry, la ville de Valls dont le seul axe de campagne est de lutter contre le FN, ou Corbeil-Essonnes, face à Bechter et Dassault mis en examen ». La candidate frontiste annonce que le second tour sera l’occasion « de moraliser et recomposer le paysage politique, et de tourner la page d’une gauche incompétente et d’une droite affairiste ».

Positions de ballotage selon des projections de report de voix. (DM/EI)

Positions de ballotage selon des projections de report de voix. (DM/EI)

Parmi les autres forces politiques locales, le parti de Nicolas Dupont-Aignan est largement favori sur le canton de Yerres, avec le duo Olivier Clodong et Martine Sureau qui totalise 44,87%. Concernant les autres cantons du département, « aucune consigne de vote ne sera donnée pour le second tour » annonce NDA dans un communiqué, ajoutant que chacun choisira « en son âme et conscience, selon les valeurs, la qualité et l’intégrité des candidats en lice ».

Les listes Front de gauche qui se présentaient face au PS se situent entre 6 et 8% des suffrages, avec des scores plus élevés à Evry (11,22%). Mounia Benaili, secrétaire du PG 91 et candidate sur Athis-Mons (7,12%) se dit « fière de nos résultats en Essonne ». Elle annonce qu’elle ne donne « pas de consigne de vote au second tour pour départager le PS et l’UMP. A eux de convaincre ».

Enfin, les binômes MoDem de Brétigny (6,11%) et Evry (6,49%) « font un score très honorable en absence d’une union de la droite et du centre » indique la fédération 91, qui met en avant la présence de sa candidate en binôme UMP à Grigny. Le MoDem 91 appelle par ailleurs « à voter pour les candidats qui permettront le changement de majorité départementale actuelle et à faire barrage au FN en votant pour les candidats républicains qui lui sont opposés ».

Du côté de la participation, on note une hausse des votants par rapport au scrutin de 2011 (sur la moitié des cantons de l’Essonne), avec une abstention s’élevant à 52,53% (contre 59,43% en 2011). Moins de un électeur sur deux s’est ainsi déplacé aux urnes. Mais ces chiffres sont moins bons que ceux de 2004, où l’abstention était seulement de 36,94% en Essonne.