Le Député PS de l’Essonne, dans une note sur son Blog,  exprime ses trois grandes « inquiétudes sur la société française » suite aux élections cantonales. Il estime que «  l’importance nouvelle du Front National  » exerce une sorte de « fascination morbide ». Et même si la gauche a de grandes chances d’être victorieuse au soir du second tour, ce n’est pas pour autant que celle-ci suscite «  l’adhésion et la mobilisation ». La gauche peine à « constituer une alternative politique ».

Sa première inquiétude concerne la « crise démocratique » que traverse la France dont les « taux d’abstentions historiques  » s’inscrivent dans une «  tendance lourde ».

Sa deuxième inquiétude concerne «  l’état de la droite, que l’on disait républicaine  » qui révèle de nouvelles lignes de fracture. Suite «  à la stratégie de Grenoble »-  initiée par le Président de la République – les discours de l’UMP se sont centrés sur les questions «  identitaires et sécuritaires  ». Mais pour Julien Dray, « celui qui espérait siphonner les voix perdues au bénéfice du Front National s’est retrouvé siphonné à son tour  ». Ce qui plonge ainsi «  le débat et le paysage politique dans la confusion la plus totale…un prisme qui avantage la droite et l’extrême-droite, et qui évite d’aborder le terrain sur lequel la gauche pourrait et devrait être forte : celui des salaires, du partage des richesses, du pouvoir d’achat, de la réindustrialisassions couplée à l’innovation  ».

Cette « structuration du débat  » est à l’avantage de Nicolas Sarkozy, qui en brouillant les pistes garde toutes ses chances pour 2012. Car la troisième inquiétude de Julien Dray « tient à l’état de la gauche  » , car pour lui, il y a une «  absence de réflexion sérieuse, depuis un minimum [de] 10 ans, qui empêche toute incarnation idéologique dans l’opinion ».  Pour ces élections cantonales il estime que la gauche n’a pas su politiser les débats, et n’a même pas organisé de grand meeting. Ainsi « l’antisarkozysme n’est pas un projet  », il ne pousse pour lui qu’à l’abstention et aux votes extrêmes.

Dans ce grand tourbillon politique qui bouleverse la gauche, ça crainte est de voir les primaires se transformer en «  validation organisée  » au gré des sondages du moment. Ce serait «  un contresens » puiqu’il ne serait plus « un instrument de politisation de la société par la qualité des débats et l’association des citoyens  ».

Pour le Député de l’Essonne, il est nécessaire de défendre une « société  métissée » face au FN, mais crier «  halte au fascisme  »  ne sera pas suffisant. La gauche doit savoir positiver et éviter «  la stratégie de l’échec dans laquelle il est si facile de se perdre ».