Présent sur six cantons du département, le parti de Nicolas Dupont-Aignan veut faire entendre sa voix pour ce scrutin au sein de la droite. Sera-t-il en mesure d’influencer une possible nouvelle majorité?

Test local d’ampleur pour le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Après les élections municipales de 2014, qui l’ont vu conforter sa position dans le Val d’Yerres, et le gain de communes comme Crosne et Epinay-sous-Sénart par des candidats qu’il soutenait, Debout la France (anciennement Debout la République) est de nouveau en campagne.

L’Essonne est en quelques sortes sa terre de mission, le parti présentant six binômes de candidats. Outre les cantons situés rive-droite, comme ceux de Yerres-Brunoy, d’Epinay-sous-Sénart ou Draveil, le parti de NDA est en lice à Palaiseau, Sainte-Geneviève-des-Bois et Athis-Mons. Dans ce dernier canton, c’est son secrétaire national Laurent Jacobelli qui est en campagne.

Proche de Nicolas Dupont-Aignan, dont la photo orne le tract, le candidat se présente comme un concurrent à droite aux candidats investis par l’UMP et l’UDI. Laurent Jacobelli le dit net : « on ne veut pas de Picard-Rodier (le binôme UMP) ». Selon lui ces deux prétendants ont « un problème de crédibilité » et sa candidature se veut le moyen au Département « de soutenir des élus qui ont les mains propres ».

NDA/Tron : le combat continue

Ne prévoyant « pas d’accord entre les deux tours entre l’UMP et DLF », le candidat du canton d’Athis-Mons résume la stratégie adoptée par son parti envers le parti majoritaire à droite : « proposer une alternative à des candidats qui voteront Georges Tron à la présidence du CG ». Une lutte sans merci oppose le maire de Draveil à Nicolas Dupont-Aignan, qui se montre offensif depuis des semaines face à son rival. « On ne veut pas que le CG devienne un lieu de menaces et de peur » expliquait il y a peu NDA, « il est actuellement le jouet du PS, est ce qu’on veut qu’il soit le jouet de Tron? ».

C’est dans ce sens que le député-maire de Yerres s’est engagé auprès de Philippe Olivier dans le canton de Draveil face à Georges Tron, dans une campagne locale très tendue (lire notre article). C’est également à Brunoy que les conséquences de cette rivalité se sont faites sentir, avec l’exclusion de trois adjoints engagés auprès de NDA de la majorité UMP. « Tron a rappelé à l’ordre Gallier (le maire de Brunoy), pour imposer ses candidats » tacle Dupont-Aignan.

Rendez-vous le 22 au soir

Georges Tron voit pour sa part d’un très mauvais oeil les manœuvres réalisées par son rival. Il multiplie ainsi les attaques contre NDA et son parti Debout la France : « Dupont-Aignan n’a ni conviction ni morale, il est passé par toutes les tendances. Il montre avec ses soutiens à la famille Le Pen qu’il a quitté les rives des partis républicains ». Alors faire partie d’une prochaine majorité? Tron n’y pense même pas, « il n’y aura aucune alliance avec eux ».

D’autres à l’UMP se montrent en revanche moins virulents à l’égard de NDA. C’est le cas de François Durovray, maire de Montgeron et candidat UMP-UDI sur le canton de Vigneux : « je regrette qu’il n’y ait pas eu d’accord [entre les deux forces], nous aurions eu tous intérêt à travailler ensemble ». Selon lui, « l’UMP doit s’ouvrir, on doit rassembler, comme ce que nous avons fait avec l’UDI, ou aux Ulis en ne mettant pas de candidats face à Fontenaille et Marhuenda ».

De quoi préfigurer de prochains accords? Tout dépendra du poids réel obtenu dans les urnes pour les candidats de NDA, et de la nécessité ou non pour l’UMP-UDI de compléter une prochaine majorité d’alternance. Le parti de Nicolas Dupont-Aignan aura donc un oeil rivé sur l’Essonne, d’autant plus qu’il effectue sa centralisation nationale à Yerres, bastion de son président.