A l’occasion de la campagne des Départementales, gauche et droite se sont affrontés à distance lundi soir. Manuel Valls tenait meeting avec la majorité au Conseil général à Evry, tandis que Nicolas Sarkozy venait soutenir les candidats de l’alternance à Palaiseau. Le tout sur fond de guerre ouverte Guedj-Tron.

Le combat continue entre Jérôme Guedj et Georges Tron, avec une série de duels à distance ce lundi soir en Essonne. A l’occasion des meetings départementaux de fin de campagne du PS et de l’UMP, chacun avec ses alliés, les coups se sont multipliés de part et d’autres. Il faut dire que la tension entre les deux rivaux essonniens est montée d’un cran ce lundi.

A la suite de déclarations du président socialiste du Conseil général sur Europe 1, taclant le président de la fédération UMP de l’Essonne : « Si j’étais renvoyé aux assises pour pédophilie, je ne serais pas devant vous ce matin, mon parti ne m’aurait pas investi », le maire de Draveil annonce vouloir porter plainte. « C’était diffamatoire et insultant, tout le monde est outré par ses propos, mes avocats se chargent de porter plainte » indique Georges Tron, en marge du meeting de Nicolas Sarkozy à Palaiseau.

En ouverture de soirée, il a devant un public d’environ 600 personnes choisi d’attaquer son rival et ses soutiens réunis à Evry, sur la présence de ses « affaires » dans la campagne : « si on défend la République, les institutions, le respect des autres, on le fait de manière totale ». Citant les positions du Premier ministre, Georges Tron dénonce son « soutien ostensible (…) à un président du Conseil général auteur d’attaques aussi fortes, aussi basses » et affirme devant les militants UMP : « j’ai clamé mon innocence depuis le 1er jour ».

Attaques croisées

Comme en réponse, à quelques kilomètres de là à Evry, Jérôme Guedj ouvre le meeting de la majorité départementale en justifiant ses attaques : « voir qu’aujourd’hui, un ancien Président de la République vient le défendre lors d’un meeting, alors qu’il y a quatre ans, cette même personne lui avait demandé de quitter le gouvernement pour ses problèmes avec la justice, je trouve ça immoral. Quelle est l’éthique derrière tout ça ? »

Nicolas Sarkozy

Nicolas sarkozy devant les militants et élus UMP 91 (LS/EI)

« Avant, nous avions un produit toxique anti-moustique qui s’appelait DDT. Aujourd’hui, ce produit toxique est encore présent en Essonne et il signifie Dassault-Dugoin-Tron ! », scande le candidat écologiste Jacques Picard, candidat sur le canton de Corbeil-Essonnes. « Nous avons fait sortir l’Essonne de la rubrique des faits divers, il ne faut pas que ces gens l’y replonge », ajoute le président du CG pour parler des rapports « sulfureux entretenus par ces personnes avec la justice ».

Si les intervenants au cours de ce meeting d’Evry n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, la droite s’est également lâchée du côté de Palaiseau. A la tribune, le maire de Draveil affirme vouloir « fermer le livre de 17 ans de gestion socialiste » du département. Il tacle au passage le gouvernement, coupable selon lui « d’amateurisme » au sujet de la loi NOTRe fixant les compétences à venir pour les collectivités : « personne n’est capable de dire quelles compétences seront dévolues aux conseils départementaux ».

L’Essonne dans un contexte national

De son côté, Nicolas Sarkozy a principalement concentré ses attaques sur la gestion du pays, critiquant tour à tour la politique économique, ainsi que les positions du FN. Il s’en est lui aussi pris à la réunion publique organisée à Evry autour de Manuel Valls : « c’est un meeting commun de gens qui n’ont plus rien en commun », citant les rapports du Premier ministre avec les « frondeurs » comme Jérôme Guedj et les écologistes représentés par Emmanuelle Cosse. Il les a ainsi accusé de miser sur « des compromis locaux » pour uniquement « ne pas perdre les postes » au département.

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Manuel Valls en soutien à la majorité sortante à Evry (MH/EI)

A Evry, la secrétaire nationale des écologistes met en avant la dynamique de l’alliance opérée à gauche en Essonne : « La politique est basée sur des compromis. Faire l’union, ça se fait sur des actes et pas qu’avec de simples paroles. Voilà pourquoi nous sommes partis derrière Jérôme Guedj ». Un message développé également par Manuel Valls, le Premier ministre de passage dans la commune où il est toujours conseiller municipal. « Ce que les gens attendent, c’est de savoir ce que ferait la droite pour l’Essonne, qu’elle dise ses solutions. Ce n’est pas un duel de coqs, ni un duel de personnes entre Palaiseau et Evry. C’est un combat pour le pays. Il faut être à la hauteur de la situation », insiste Manuel Valls.

Devant environ 600 personnes, le chef du gouvernement a également axé une partie de son discours dans un contexte national, promettant « le retour de la croissance en 2015 ». Tandis que Nicolas Sarkozy exhortait ses troupes à combattre la gauche ainsi que l’extrème-droite, décrivant un axe « PS-FN » : « si vous votez FN, vous aurez un Conseil général PS ».