Emission exceptionnelle sur Essonne Info. Pour notre premier des trois débats sur les élections départementales, nous recevons trois candidats : Audrey Guibert (FN), Jean-Pierre Sauvage (PCF) et Christian Schoettl (UDI). A écouter entièrement en podcast.

Julien Monier et Laurane Sirenko, journalistes à Essonne Info et Audrey Guibert (FN)
Christian Schoettl (UDI)
Jean-Pierre Sauvage (PCF) et Julien Monier
Laurane Sirenko et Audrey Guibert (FN)
Christian Schoettl (UDI), Jean-Pierre Sauvage (PCF), Julien Monier, Laurane Sirenko et Audrey Guibert (FN)
Christian Schoettl (UDI)
Jean-Pierre Sauvage (PCF)

La rédaction d’Essonne Info s’engage pour les élections départementales. Le scrutin des 22 et 29 revêt un caractère majeur quant au devenir du département. En plein débat sur la loi NOTRe, qui remet à plat les compétences à venir des différentes collectivités, dont le prochain conseil départemental, nous vous proposons de retrouver à travers nos trois émissions des débats sur les enjeux de ce vote. Pas de débat par canton, mais sur des thématiques départementales.

Nos trois premiers invités discutent pendant 45 minutes de différentes compétences du Conseil général, rebaptisé Conseil départemental. Ils brossent un certain nombre de sujet et livrent leur vision de l’Essonne.

Collèges :

L’une des compétences majeures du département, les collèges sont au coeur des actions d’éducation menées. Pour Audrey Guibert, la sécurité doit être la priorité pour les établissements et les élèves, et souhaite qu’ils « soient pourvus d’équipements de sécurité, de la vidéoprotection et des portiques, car on se rend compte qu’il y a des rackets et des trafics qui se développent aux abords des collèges ». Pour ellle CG doit passer un partenariat avec les forces de l’ordre, police et gendarmerie (écouter l’extrait)

Christian Schoettl « préfère parler du contenu », et annonce « rêver qu’on puisse avoir en Essonne un collège et un lycée international, avec des personnes de contrées lointaines ». Il parle de « budgets effondrés » en matière de rénovation des collèges, « de 47 millions en 2008, tombés à 30 millions d’euros ». Il voit le Conseil général (CG) comme « facilitateur », mais ne doit pas s’occuper de pédagogie : « quand le CG édite des livres, avec un édito du président, ce n’est pas son rôle ».

Pour Jean-Pierre Sauvage, « la sécurité ne fait pas l’éducation ». Lui souhaite plutôt « favoriser la réussite scolaire pour tous les collégiens, et l’égalité dans tous les collèges, l’intégration enfants autistes », et assurer « des suivis plus personnalisés pour les élèves, un accompagnement plus soutenu des élèves ». Audrey Guibert ajoute vouloir empêcher tout « entrisme communautaire, religieux », ainsi que « des associations qui viennent lobotomiser les enfants avec des discours politiques » dans les collèges. Jean-Pierre Sauvage insiste pour sa part sur les « moyens humains ».

Grands projets :

Un certain nombre de grands projets à venir concernent le département, à l’image du cluster Saclay, la reconversion de la BA 217 ou le futur Grand stade de la FFR. Pour Christian Schoettl si l’Essonne a eu par le passé « quelques grands aménageurs du territoire », chacun aujourd’hui « tire la couverture vers lui ». Il se dit ainsi « pour la fermeture d’Orly et sa délocalisation » : « c’est la chronique annoncée du Bourget au milieu de la ville, alors que ça pourrait être un lieu extraordainaire. Le centre de gravité d’Ile-de-France serait déplacé ». Il rappelle ainsi son « combat » pour l’installation du synchrotron Soleil sur le plateau de Saclay, et se positionne sur le Grand stade : « qu’on nous dise combien ça coûte vraiment ». Selon Christian Schoettl « ce qui compte, en pratique, c’est combien de centaines de miliions il va falloir mettre en voirie, accessibilité, le coût réel ».  Il plaide donc pour « un référendum départemental, que tous les habitants soient associés au projet ».

Pour Jean-Pierre Sauvage, les poles d’innovation sont une bonne chose, « si ce n’est pas que pour faire enrichir de grandes multinationales ». Il craint des « projets démesurés, pas forcément créateurs d’emploi localement à la clé ». Pour lui le département est « avant tout de l’ordre du service public et de la solidarité » et considère que « les élus départementaux traitent avant tous les questions du quotidien ». Sur le Grand stade, Audrey Guibert pointe d’abord un « endettement colossal du CG, avec 1 Milliard d’en cours de la dette » et ajoute que la garantie d’emprunt du département pour le stade « va retomber sur le contribuable essonnien qui va devoir éponger la dette ».

Redéfinition des compétences :

Puis un zoom est effectué sur les changements de compétences, avec cette loi NOTRe, qui fait dire aux candidats qu’on ne saura pas quel sera l’avenir du département selon les compétences futures qui lui seront attribuées. Si Jean-Pierre Sauvage « exige le maintien des compétences du département. Qu’il puisse agir pour les questions sociales », Chrsitian Schoettl se réjouit « que chacun s’occupe de ses affaires. si je veux construire une école, en tant que maire, je vois débarquer le département, la région, l’Etat, chacun se mêle de tout ». Il se dit en faveur de la suppression de la clause de compétence générale, qui permet à chaque collectivité développement économique. Selon lui « chaque collectivité n’a pas assez d’argent pour s’occuper de ses propres prérogatives ».

Selon Audrey Guibert, « l’UMP et le PS veulent à terme une suppression du département. Ils l’euthanasient, pour renforcer le poids des intercommunalités, des régions ». Selon elle « on éloigne le citoyen des centres de décisions ». Jean-Pierre Sauvage veut pour sa part défendre « la proximité du CG » qui doit « être un acteur majeur aux niveau des services publics, des transports », et d’accentuer son propos sur la question du handicap : « le département a oeuvré avec un schéma départemental ». Il faut pour lui « appréhender cette question de la logique du parcours de vie, réfléchir maintenant à l’accueil des personnes âgées, avec handicap ». Christian Schoettl ajoute : « au niveau de la proximité, on en prend plein la gueule. Quel citoyen lambda peut se présenter aux élections cantonales? Où est la démocratie, est ce que un smicard pourrait se présenter ? On met des filtres qui fait que la porosité avec le citoyen disparaît » analyse-t-il.

Pour terminer, Audrey Guibert parle du « secteur des soins à la personne, oublié » et propose de « revaloriser l’APA, faire la chasse aux fraudeurs du RSA, en mobilisant CAF« . « Qui ne dépend pas du CG » lui rétorque Christian Schoettl. Ce dernier parle de « vrai enjeu » concernant la vieillesse : « c’est pas du cinéma, c’est du boulot de terrain ». Jean-Pierre Sauvage propose lui la « création d’un pole public autonomie, structure impliquant usagers et salariés, qui assurera la coordination de l’existant et le développement des services à la personne ».

Avec des petites piques entre candidats pour terminer, chacun peut ranger les micros. Avant le second débat entre candidats, qui sera en ligne ce mardi 17 mars.