Pour ce dernier des trois « grands débats » des élections départementales, Essonne Info vous propose un duel entre Jérôme Guedj et Georges Tron. Les deux prétendants à la présidence du Département débattent du budget de l’instance et ses futures compétences. A écouter entièrement en podcast (50 minutes).

Julien Monier et Jérôme Lemonnier, journalistes à Essonne Info
Julien Monier, Jérôme Lemonnier et Jérôme Guedj, Président du Conseil général de l’Essonne
Georges Tron, Président de la fédération UMP de l’Essonne
Jérôme Guedj
Georges Tron et Julien Monier
Jérôme Guedj
Jérôme Guedj et Georges Tron
Georges Tron
Georges Tron, Julien Monier, Jérôme Lemonnier et Jérôme Guedj
Georges Tron, Julien Monier, Jérôme Lemonnier et Jérôme Guedj

C’est un débat très technique, auquel se sont prêtés les deux leaders du PS et de l’UMP 91 dans le cadre des élections départementales. Le président du Conseil général et son challenger ont débattu près de 50 minutes des thématiques liées au budget et au fonctionnement du Département. Au moment où le ton monte entre les deux personnalités essonniennes (lire notre article), ce document (enregistré samedi dernier) permet de poser le temps d’un débat certaines questions essentielles quant à l’avenir de l’Essonne.

Un temps de débat nécessaire, entre ces deux personnalités, qui vient conclure une série de trois émissions, conçues par Essonne Info et présentées par nos journalistes. En invitant neuf candidats aux élections départementales, présents sur plusieurs cantons, nous ne prétendons pas résumer de manière exhaustive la campagne. Chaque territoire possède ses propres enjeux. Ce panel de forces politiques se veut le moyen d’y voir un peu plus clair sur les sujets qui touchent les Essonniens au quotidien.

Le Département est-il bien géré?

C’est un sujet transversal qui concerne l’ensemble des politiques menées par le Département. Disposant d’un budget d’un milliard d’euros, dont une majorité de dépenses obligatoires, le Conseil général (prochain Conseil départemental) mène un ensemble d’actions entrant dans son fonctionnement ou ses investissements.

Les deux candidats débattent de la dette notamment, divergeant principalement sur le constat de la situation. Pour Georges Tron, « il n’y a plus de maîtrise de la dépense et de l’endettement : qui va dépasser en 2015 le milliard d’euros, soit 5 fois supérieur à celui des Yvelines. ça obère nos capacités d’investir ». « Cela ne correspond pas à la réalité (…), oui l’endettement est de 911 millions d’euros à la fin 2014. Il est sain, il finance les investissements, les collèges, les routes, l’aide aux communes » répond Jérôme Guedj.

Celui-ci illustre son propos par la « spécificité essonnienne » qui consiste pour le Département à prendre en charge le financement du Sdis (les Pompiers de l’Essonne) à hauteur de 98% de son budget. Epargne, taux d’engagement des dépenses inscrites au budget chaque année, notation de la dette par les agences : Georges Tron reproche au président PS une « mauvaise gestion » ainsi que le « désengagement » du CG. De son côté, Jérôme Guedj constate « l’absence de solutions alternatives proposées », notamment de la part des actuels élus d’opposition.

Le candidat à sa succession embraye sur son bilan, évoquant la situation actuelle du Département par rapport à celle trouvée en 1998 au moment de l’alternance : « avant il n’y avait pas de structure d’accueil spécialisée pour l’autisme, le handicap. En 10 ans, nous avons fait autant d’ouverture de places qu’en 40 ans concernant les personnes handicapées. Quand je suis arrivé y avait pas de schéma de personnes handicapées ». « Vous n’avez pas les moyens de ce que vous venez de décrire. La situation financière ne pourra plus nous permettre de tout financer », mais seulement « ce qui est important » juge pour sa part Georges Tron, qui parle de « pans entiers du département abandonnés » par le Département, « particulièrement le sud-Essonne et la rive droite ».

Bilan et orientations en débat

Les compétences à venir des Départements n’étant pas certaines, dans le cadre des discussions sur la loi NOTRe, les deux candidats livrent plusieurs exemples de priorités à réaliser en matière économique et d’emploi. « On a créé plus de 2600 emplois en Essonne par l’ouverture de maisons de retraite ou de foyers d’accueil pour personnes handicapées » argumente Jérôme Guedj. Son concurrent évoque le besoin d’aider les communes à développer leur économie locale : « le Conseil général finance moins la voirie. La voirie c’est le transport. Les transports c’est le développement économique ».

Le financement des communes par le biais de subventions allouées par le Département fait l’objet d’échanges vifs, particulièrement sur les critères d’attribution établis par la gauche que Georges Tron conteste : « c’est l’exemple même de l’enfumage. Pour les nouveaux financements des contrats (entre département et commune). vous nous mettez des conditions à l’entrée. Ces bonus et malus appliqués sont une double peine pour nous ». Jérôme Guedj assume pour sa part ces critères, « le bonus malus n’est que de 10% », ajoutant que « le reste sont des critères de richesse relative de la population. Je revendique ces incitations aux communes, notamment en matière d’handicap ».

En terme de priorités pour la suite, enfin, chacun tacle tout d’abord son adversaire. « De toute la durée de l’entretien, il n’y a pas eu une proposition de Georges Tron. Dans les nouvelles mairies de droite, on voit la politique menée : augmentation des tarifs des usagers ou augmentation d’impôts » dégaine Jérôme Guedj. Le maire de Draveil lui répond au tac-au-tac : « Jerome Guedj et ses amis veulent nous expliquer comment nous, nous ferons. Le département, la région, l’Etat sont gérés par le PS. Le constat est le même : augmentation du chômage et des allocataires des minimas sociaux ».

Il faudra en premier lieu pour Georges Tron opérer un « rééquilibrage après avoir délaissé les territoires » et corriger la gestion du Département, car pour lui il existe « un grand défaut sur le saupoudrage. Il faut donc revenir sur des actions centrées, et éviter la dispersion financière, et le désinvestissement ». Jérôme Guedj propose pour sa part « la poursuite du travail déjà fait » avec « une vision de l’Essonne et une cohérence. Je garantie que nous maintiendrons l’aide à la restauration dans les collèges, que la droite veut supprimer » conclue-t-il.

Une émission à écouter entièrement sur le podcast ci-dessous :