À une semaine du premier tour des élections départementales, Essonne Info vous propose d’en savoir un peu plus sur le rôle du Conseil général et ses compétences sur le territoire essonnien.

À quoi sert le Conseil général ? De quel budget dispose-t-il et surtout à quoi l’emploie-t-il ? Autant de questions qui méritent d’être clarifiées à quelques jours seulement du premier tour des élections départementales, ce dimanche 22 mars. Essonne Info vous propose donc de faire un point sur les compétences du Conseil général de l’Essonne et de concrétiser celles-ci par des chiffres.

Plusieurs changements sont à noter pour ces élections départementales 2015. D’un part, le territoire de l’Essonne ne se divise plus en 42 cantons comme à l’accoutumée, mais en 21 cantons. D’autre part, les électeurs n’éliront plus un, mais bien deux conseillers départementaux par canton, un homme et une femme, afin de respecter la règle de la parité. Enfin, on ne parlera plus à l’avenir de Conseil général, mais bel et bien de Conseil départemental, où siègeront donc 42 élus pour une période de six ans.

Chaque année, et ce, depuis 1982, le Conseil général (ou départemental pour se mettre au goût du jour) et ses 42 élus ont à leur charge ce que l’on appelle des « compétences obligatoires » et des « compétences facultatives » laissées à leur propre initiative. L’action sociale (protection de l’enfance, aide aux personnes handicapées et âgées, insertion sociale des personnes en difficulté par le biais du RSA, etc.), la gestion des collèges, des routes départementales et des transports scolaires, le développement local (aide aux associations et aux communes), le développement de la culture et du tourisme et enfin le financement des Services Départementaux d’Incendie et de Secours sont des compétences obligatoires. En revanche, le développement économique, l’aménagement du territoire, l’environnement, le soutien à l’agriculture, les transports et l’enseignement supérieur sont des compétences facultatives.

Pour exercer ses compétences sur le territoire, le Conseil départemental dispose de moyens colossaux. Le montant du budget de cette année 2015 s’élève par exemple à 1,7 milliard d’euros. Mais alors d’où vient cet argent ? Il provient à 51% des impôts indirects (ex : TVA), 22% des impôts directs (ex : impôts sur le revenu), 20% des dotations et compensations fiscales de l’État, 4% d’autres recettes et enfin 3% de subventions et participations de l’État.

Et afin de mieux comprendre où va l’argent du Conseil général, Essonne Info vous détaille certaines compétences ci-dessous :

Transports et Voirie

Le territoire de l’Essonne couvre pas moins de 1400 km de routes départementales. Leur gestion, ainsi que celle de quelques parcelles de gros axes routiers nationaux tels que la N7 et la N20, incombe au Conseil général en tant que compétence obligatoire, tout comme la gestion des transports scolaires et des espaces verts. En 2015, 63 millions d’euros sont consacrés à ce poste de dépense sur 127 millions d’euros de budget au total. Mais le Conseil général de l’Essonne exerce également d’autres compétences, dites « facultatives », en matière de transport et de voirie. À travers le développement de voies pour piétons et cyclistes et le développement de transports propres et collectifs, à l’image du Tzen ou encore du tramway T7, l’action du Conseil général a pour but de faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite aux transports et de faciliter le déplacement des Essonniens sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, 52 millions d’euros sont consacrés en 2015 au développement du réseau de transports en commun en Essonne avec de nombreux projets en perspective. Parmi ceux-ci, des travaux de rénovation et de modernisation de la gare de Juvisy principalement financés par le Conseil général (97 millions d’euros de budget total), dont le coup d’envoi est prévu au cours du mois de mars-avril et la fin pour 2020.

Culture et tourisme

12 millions d’euros sont consacrés en 2015 à la conservation et la valorisation du patrimoine culturel ainsi qu’aux actions culturelles mises en place sur le territoire. Ainsi, l’action du Conseil général permet la construction de nouvelles médiathèques (Lardy ou encore Villiers-sur-Orge courant 2015) et le financement de nombreux théâtres, salles de concert et projets artistiques en Essonne, comme celui des festivals de musiques actuelles des Agla’Scènes à Egly et Elfondurock à Marcoussis. Cette démarche participe en partie au développement du tourisme sur le territoire, où près d’1,2 million de touristes se pressent chaque année pour découvrir les nombreuses richesses patrimoniales de l’Essonne : le Cyclop de Milly-la-Forêt, le Domaine de Chamarande ou encore la maison littéraire de Victor Hugo au domaine des Roches. Pour en faire la promotion, le Conseil général a d’ailleurs soutenu la mise en place d’un site afin de répertorier les lieux touristiques du département.

Le social et les solidarités

C’est l’une des particularités d’un Conseil général quand on le compare à d’autres collectivités locales : le social est l’une de ses compétences principales, et celle à laquelle est consacrée la majeure partie du budget. En 2015, ce sont ainsi 571 millions d’euros qui y seront dédiés. Le Conseil général de l’Essonne prend en charge notamment le revenu de solidarité active (RSA) qui représente 138 millions d’euros par ans, pour près de 25 000 bénéficiaires. Une grande part du budget « solidarités » est également consacrée aux 63 PMI et aux 21 Maisons des solidarités, où travaillent les assistants sociaux. De même, la protection de l’enfance (Aide sociale à l’enfance, la prise en charge des assistants familiaux) et l’aide aux jeunes majeurs sont comptabilisés dans les compétences du conseil général. Le tout, pour un total de 168 millions d’euros en 2015. D’autre part, le conseil général destine aussi une grande part de son budget social aux personnes âgées, qui représentent près de 95 millions d’euros par an (fonctionnement, rénovation et construction d’EHPAD, aide au maintien à domicile). Les personnes handicapées touchent aussi une part des prestations sociales du Département, pour un montant évalué à près de 95 millions d’euros (allocations compensatrices de tierce personne, qui touche 1023 personnes, prestations de compensations du handicap, dont bénéficient 3445 personnes) ainsi que les transports (PAM91), les établissements et les maisons médicalisées.
Le département est également le seul à proposer aux personnes âgées un accueil en maison de retraite à 60 euros par jour. En 2015 commenceront en Essonne les chantiers de deux de ces innovants EHPAD, à Draveil et aux Ulis.

Santé et recherche

La santé est, elle aussi, un secteur clé des actions menées par le conseil général. En Essonne, il prend notamment la forme de centres départementaux de prévention et de santé (CDPS), au nombre de quatre. Leurs missions : proposer des dépistages du VIH/Sida gratuits, mais aussi du cancer (sein, colo-rectal…). Ce sont également des lieux de vaccinations et de prévention, où l’on peut consulter des infirmier(ère)s de permanence.

Le Conseil général finance aussi le centre de lutte anti-tuberculeuse (CLAT), une équipe mobile animée par un médecin et composée d’infirmier(ère)s et d’agents administratifs. Il est chargé de coordonner la lutte contre la tuberculose dans le département.
Récemment, l’Essonne a aussi participé à hauteur de 5 millions d’euros au financement du Centre de recherche clinique et translationnelle (CRCT), un centre innovant où chercheurs, médecins travaillent ensemble sur les maladies rares et génétiques, le tout en coopération avec l’hôpital sud-francilien de Corbeil.

Jeunesse et éducation

C’est l’un des départements les plus jeunes de France, avec la Seine-Saint-Denis. 30 % de la population de l’Essonne a moins de 20 ans. Une partie importante du budget du Conseil général (92 millions d’euros prévus pour l’année 2015, une augmentation de 4 % par rapport à l’année 2014) est donc consacrée à la jeunesse et à l’éducation. Tandis que la région s’occupe des lycées et les municipalités des écoles primaires, les collèges sont à la charge du département. Entretien, restauration, transports scolaires ou encore actions éducatives… près de 8 % du budget du conseil général est dédié au fonctionnement des 100 collèges qui en font partie. En 2015 et dans le cadre du virage numérique que souhaite le gouvernement pour les collèges, 700 000 euros sont alloués à la modernisation des réseaux informatiques et à l’installation du très haut débit dans les établissements.

Le département met en place également des actions pour lutter contre les discriminations et le racisme au collège, comme le prix Ilan Halimi, remis à des collégiens de Grigny en ce début d’année. En ce qui concerne la jeunesse dans un sens plus large, le Conseil général propose sa carte jeune, qui aujourd’hui s’élève à 140 euros par an. Destinée aux 16–19 ans, elle prend la forme d’un chèque permettant de régler son permis, des sorties… Elle complète d’autres actions du Conseil général destinées à la jeunesse, comme les « Bon plans vacances » ou la garantie jeunes.