Marion Maréchal-Le Pen se trouvait ce mardi soir à Corbeil-Essonnes, pour une réunion publique de soutien aux candidats FN Gabriel Caillet et Sophie Legoff. Entre 80 et 100 personnes ont assisté à ce meeting, qui s’est tenu sous haute protection policière. Un événement politique qui ne s’est pas fait sans remous : au même moment, deux autres rassemblements à l’appel notamment de Martine Soavi et de Bruno Piriou avaient lieu. Objectif affiché : alerter les Corbeil-Essonnois sur « le danger FN ».

Il est près de 19 heures, et l’avenue Carnot est bloquée de toute part : la venue de la députée FN du Vaucluse et nièce de Marine Le Pen ne s’est pas faite sans une organisation millimétrée et une sécurité maximale, des rassemblements lycéens de protestations ayant été prévus quelques jours avant. Les voitures sont obligées de faire demi-tour : les CRS, qui sont une vingtaine et bloquent le passage, ne laissent entrer que les piétons… munis d’une carte d’adhérent du Front National. « C’est incroyable, ce n’est pas ça une réunion publique ! Elle est où la démocratie ? » s’exclame une riveraine. Une trentaine d’autres personnes, politiques et citoyens de Corbeil, sont rassemblés là, à quelques mètres de l’Espace Carnot, sous haute surveillance. En plus des CRS, la police municipale est de la partie. Peu impressionnés, les manifestants aspirent bien à se faire entendre. Martine Soavi, militante associative de la ville, a posé une urne sur une petite table et lit à voix haute des messages anonymes en forme de bulletin de vote. Tous commencent avec le même message : « je ne vote pas FN parce que… »

« Corbeil a beaucoup de similitudes avec Hénin-Beaumont, et on n’a pas envie qu’il se passe la même chose, explique Martine Soavi. C’est une initiative citoyenne, un rassemblement pour dire que l’heure est grave, que le FN représente un vrai danger. » La petite manifestation se veut rassembleuse : Sylvain Dantu, de la majorité municipale, s’est joint au mouvement.

Au même moment, plus loin devant l’Hôtel de ville, une centaine de personnes est venue écouter Bruno Piriou, conseiller général communiste de Corbeil-Essonnes-Villabé. « Il était impossible pour nous qu’une députée FN vienne à Corbeil sans qu’il ne se passe rien. Nous n’avons pas besoin d’un leader, de parti guide, mais d’un ensemble de citoyens éveillés. » Évoquant une « soirée de liberté », il cède sa place au micro qui restera ouvert pour des poèmes, chansons et petits textes.

Une soirée politique à tous les niveaux, pendant laquelle plusieurs partis étaient mobilisés à la même heure. De quoi mobiliser une vraie conscience électorale à Corbeil ?