La majorité de gauche au Département tire à boulet rouge sur le président de la fédération UMP 91 et candidat aux élections des 22 et 29 mars. Cible de tracts et de déclarations, Georges Tron répond sans détours à ses opposants.

Les attaques se multiplient dans cette campagne contre celui qui pourrait briguer la présidence du Conseil général en cas d’alternance. Georges Tron fait l’objet d’une campagne à l’échelle du département de la part des candidats PS, dont les tracts rappellent ostensiblement les « affaires » du maire de Draveil. Dernier en date ce 8 mars : un tract distribué sur le marché de la commune pour la journée internationale des droits des femmes, comparant le bilan du CG pour l’égalité femmes-hommes et « Georges Tron (…), renvoyé aux assises pour viols ».

La secrétaire nationale des Ecologistes Emmanuelle Cosse avait fait le déplacement pour l’occasion, pour soutenir le candidat EELV-PS Jean-Marc Pasquet. Ce dernier se montre ainsi hostile à la candidature Tron : « si il est élu à la présidence, il devra jongler entre les assises et la gestion du département ». Sur France 3 le 28 février dernier, le sujet était venu sur la table, et le président du CG Jérôme Guedj était monté au front contre ce qu’il nomme une « droite affairiste », tout en reprochant à Georges Tron « l’actualité judiciaire » de la part des « candidats investis par l’UMP » dans le département. « Je regrette que vous vous soyez engagé dans cette bataille, très éloignée des enjeux du département » lui avait-il lancé.

« Il faut mettre fin au système Tron »

Georges Tron doit aussi faire face à des attaques de ses opposants locaux, situés à droite de l’échiquier politique. Le FN compte surfer sur ses bons scores obtenus aux derniers scrutins, et parle de « retour de la moralité publique » dans ses derniers tracts. D’autres candidats à l’image de Dominique Leuliet et Fabienne Sorolla s’en prennent ouvertement au maire de Draveil :  « renvoyé aux assises pour viols, [il] se trouve dans une situation personnelle qui ne lui permet plus de porter avec une quelconque crédibilité le moindre projet pour le Conseil général et même pour un simple canton ». « Il faut mettre fin au système Tron » clame pour sa part Philippe Olivier, candidat soutenu par Nicolas Dupont-Aignan. Le maire de Yerres ne cache plus vouloir régler ses comptes localement avec Georges Tron, en étant présent plus que jamais dans la campagne draveilloise : « il a le droit à la présomption d’innocence, mais les accusations sont d’une telle gravité qu’on se met en retrait. Il prend en otage les habitants de sa ville et les électeurs de l’UMP » tacle NDA.

« Laissons les chiens aboyer et laissons la caravane passer »

Pour Georges Tron, il y a « deux logiques parallèles, il y a la logique socialiste et celle du Front National. Cette dernière prend tour à tour le visage de Philippe Olivier, Giraud et Leuliet. Ils ont les mêmes arguments et la même grossièreté. Je suis totalement insensible à ça. Laissons les chiens aboyer et laissons la caravane passer ». Le président de l’UMP 91 rétorque globalement à ses opposants, affirmant son innocence et parlant de « complot » pour le déstabiliser.

Visé de multiples parts, le maire de Draveil se dit ainsi « frappé de l’utilisation d’une affaire qui est instruite actuellement, qui n’est pas tranchée, mais qui a donné lieu à trois reprises à des non-lieux », et parle de « stratégie border-line » de ses adversaires. Certains se montrent coupables selon lui d’avoir « bafoué les principes de construction de la justice, dont celui de la présomption d’innocence, tout cela pour des raisons de politique politicienne ». « Que ça vienne du Front National, à la rigueur d’accord vu qu’ils n’ont que ça comme argument, mais du PS cela m’étonne » lâche Georges Tron.