Le festival de Rock féminin « Elfondurock » fêtera ce week-end du 6 et 7 mars sa 20 ème année d’existence à Marcoussis. À cette occasion, Essonne info est allé à la rencontre de l’adjoint à la culture de la ville, afin de faire le point sur l’évolution de ce tremplin musical dédié aux femmes.

Elfondurock

« Lancer le festival, c’était un challenge il y a vingt ans. Mais en vérité, le véritable challenge, c’est de l’inscrire dans la durée », déclare Sylvain Legrand, adjoint à la culture à la mairie de Marcoussis. Évènement indissociable de la journée de la femme depuis 1995, ce festival de musiques actuelles baptisé « Elfondurock » et élaboré sous l’impulsion d’Olivier Thomas, actuel maire de la ville, s’apprête à souffler ses vingt bougies. Un anniversaire qui marque la réussite d’un projet d’égalité hommes-femmes et le début d’une toute nouvelle aventure.

Qu’il s’agisse de Christine and the Queens ou encore de Brigitte, les femmes trouvent aujourd’hui entièrement leur place dans l’industrie de la musique, ce qui n’a pas toujours été le cas. Dans les années 90, peu de festivals s’intéressent aux jeunes espoirs féminins et pour cause, il était beaucoup plus facile de programmer des groupes de musique masculins. « À l’époque, quand on pensait « groupe de rock », on pensait aux groupes de rock masculins, on ne pensait pas aux formations féminines, ou alors elles devaient déjà jouir d’une certaine réputation », explique Sylvain Legrand.

À sa création en 1995, Elfondurock inverse alors la tendance et devient un véritable tremplin musical pour les étoiles montantes féminines, nationales comme internationales. « L’idée, c’était d’essayer de leur ouvrir des portes », avance Sylvain Legrand. Vingt ans plus tard, pari tenu. Elfondurock a accompagné les premiers pas de jeunes artistes aujourd’hui très connues comme La Grande Sophie, Camille, Olivia Ruiz, Superbus ou encore Laetitia Cherif.

Vidéo teaser de la vingtième édition du festival Elfondurock :

Elfondurock porte ses fruits

Faire sortir de l’ombre et de l’anonymat des groupes est un travail de longue haleine. Une tâche loin d’être aisée à l’époque de la création du festival, mais qui au fur et à mesure des années, porte ses fruits. Aujourd’hui, Elfondurock a trouvé son public et ne s’est jamais égaré sur la voie de ses ambitions et de ses aspirations. Et si le concept d’un festival de musiques actuelles dédié aux femmes n’est plus novateur comme il le fut à l’époque des années 90, le combat pour l’égalité hommes-femmes est toujours d’actualité, comme le rappelle Sylvain Legrand : « Le discours de Patricia Harket (notamment aperçue dans « Boyhood » et dans la série « Médium », ndlr) aux oscars le démontre à la perfection. L’égalité homme-femme n’est toujours pas acquise ».

Mais tout n’est pas perdu. Depuis que l’aura du festival Elfondurock s’est étendue, à Marcoussis comme ailleurs, les choses ont bien changé. L’école des arts de la ville à créé un département de musiques actuelles où depuis plusieurs années, « le nombre de filles dans les classes ne cessent d’augmenter », remarque l’adjoint. La municipalité a part ailleurs mis à disposition des studios d’enregistrement ainsi que des salles de répétition pour les jeunes groupes de musique. Et outre la promotion du rock féminin à grande échelle, c’est aussi la promotion des petits groupes Marcoussissiens qui intéresse le festival. Cette année, c’est à Petrograd, un trio exclusivement féminin de l’école des arts de Marcoussis, de se jeter dans l’arène et d’initier la première partie des concerts de Prince Miiaou et de Mina Tindle ce samedi 7 mars.

« Ce qui nous intéresse aussi, c’est de travailler avec des groupes qui ne sont pas forcément de grosses locomotives nationales ou internationales, ce n’est pas but. On préfère privilégier les groupes inconnus ou en phase d’envol ». La Grande Sophie, Olivia Ruiz, Superbus, Laetitia Cherif ou encore Camille ont notamment fait leurs débuts sur la mainstage d’Elfondurock : « Je me souviens d’un concert avec Camille où on était 30 devant la scène. Et 6 mois plus tard, elle remplissait de grandes salles », déclare Sylvain Legrand, émerveillé par cette belle surprise. « C’est une véritable opportunité pour les jeunes groupes », poursuit-il.

Ces années d’expérience n’ont toutefois pas servi qu’aux jeunes talents : « On a appris chaque année de nos erreurs, on a gagné en technicité, en organisation, en accueil, etc. Il y a 20 ans, on avait une salle polyvalente, désormais, c’est une vraie salle de spectacle », avance l’adjoint à la culture de Marcoussis, présent aux côtés du maire depuis la genèse du projet.

Un nouveau défi

L’aventure est cependant loin d’être terminée pour le service culturel de la ville de Marcoussis qui doit faire face à un tout nouveau challenge depuis cette année : augmenter ou du moins maintenir le budget consacré au festival. Considérée comme une véritable bête noire, la culture est depuis quelques mois victime d’une vague de coupes budgétaires initiées par plusieurs municipalités comme Chilly-Mazarin, Etampes ou encore Viry-Châtillon. Hors de question pour la ville de Marcoussis, qui considère ce poste budgétaire comme très important dans la vie de tous les jours. « Ici, grâce à la culture, il fait bon vivre, je suis persuadé que les jeunes qui grandissent ici ne grandissent pas comme ailleurs », déclare Sylvain Legrand avant de poursuivre « même si parfois, on entend « dis donc, qu’est-ce que vous dépensez pour la culture, ça ne sert à rien ». La culture, c’est essentiel, ça fait vivre la ville ».

Toutefois, Marcoussis ne peut déroger à la règle des influences financières : « Aujourd’hui, le recentrage d’un certain nombre de budgets publics au niveau du département ou même de la région, nous force à nous réinterroger sur un certain nombre de choses », explique l’élu. Cette année a donc marqué un tournant dans l’histoire du festival puisque pour la première fois, des partenaires privés ont pris part à l’aventure. « Si on veut prendre davantage d’ampleur et obtenir des groupes un peu plus chers, c’est la condition », poursuit-il avant de conclure : « Elfondurock a pour vocation de devenir un festival incontournable sur le territoire et pour cela, on continuera dans cette voie ».

Informations pratiques :

Festival Elfondurock, du vendredi 6 au samedi 7 mars à partir de 20h à la salle Montaru – Parc des Célestins de Marcoussis
À l’affiche le vendredi : Kadebostany, Zeska-Madjo, Sugar and Tiger et Carbon Airways
À l’affiche le samedi : Mina Tindle, Le minimum, Petrograd, Prince Miiaou
Tarifs : de 11€ à 33€ sur fnacspectacles
Informations et réservations au 01 64 49 69 80 ou par mail à l’adresse spectacles.marcoussis@orange.fr