Reportage à Grand-Vaux, ce quartier de Savigny-sur-Orge nouvellement concerné par les programmes de Rénovation urbaine.

« Ce quartier est un désastre complet ». Quand il évoque Grand Vaux, le quartier où il a vécu pendant près de 50 ans, Claude n’y va pas par quatre chemins. « Je suis arrivé à Grand Vaux en 1966, j’avais 26 ans. A l’époque, c’était une cité où il faisait bon vivre ». Ce retraité, qui a passé presque toute sa vie à Grand Vaux a vu, au fil des ans, le quartier se dégrader. Mais selon lui, c’est « depuis une quinzaine d’années » que les choses se sont accélérées. Pourtant, tout ceci est amené à changer. Car en décembre dernier, la décision est tombée : Grand Vaux, quartier connu à Savigny pour être l’un de ceux qui rencontre le plus de difficultés, sera comme d’autres quartiers dans l’Essonne, concerné par le programme à grande échelle ANRU II, dont le Nouveau programme de renouvellement urbain- PNRU prévoit 5 Milliards d’euros pour les quartiers les plus dégradés.

Un quartier sinistré

Lorsque l’on fait un tour dans les rues, le constat est sans appel. Équipements, voirie, signalisation : la tâche est immense. Des trous dans les trottoirs, des parkings approximatifs, des façades délabrées achèvent de donner à Grand Vaux cette impression d’abandon. En plus des infrastructures en mauvais état, les habitants déplorent l’absence d’activité économique. Les commerces ont déserté le quartier. Peu sont restés sur place : un bar tabac, une pharmacie, une boulangerie. Même situation pour les services publics, excepté la Poste, qui n’ouvre que ponctuellement. Pour le reste, il faut prendre sa voiture pour se rendre en centre­ville. Il y a la Maison de quartier, gérée par l’association Ifac, qui accueille les jeunes, mais peu d’associations animent la vie de quartier.

Malgré tout, l’heure n’est pas à la lamentation. « On a bon espoir, reprend Claude. Les relations avec les pouvoirs publics sont meilleures qu’avant. Bien que pour l’instant, on attend de voir. ». « La mairie entend les habitants », exprime­-t­-on dans l’entourage de la municipalité. Il y a une attente locale et municipale très forte. »

« Certaines infrastructures n’ont pas bougé depuis 50 ans »

Le PNRU est­-il le moyen de faire renaître Grand Vaux ? Que faudrait­-il faire ? La réponse des habitants est claire. Pour commencer, « certaines infrastructures datent de 50 ans. Elles auraient besoin d’une bonne rénovation » propose Claude. « Refaire les espaces verts qui n’en sont plus », aussi. Pour Sydney, qui a travaillé en tant qu’animateur à la Maison de quartier de Grand Vaux, « la priorité, ce sont les transports. Il faudrait vraiment les renforcer, ça permettrait déjà de désenclaver le quartier. » Eva Sas, la députée EELV de la circonscription de Savigny, évoque quant à elle le retour des services publics, et préconise aussi une meilleure desserte des transports.

Sur son blog, elle se félicite de la décision d’appliquer le PNRU à Grand­-Vaux : « [Le quartier] va ainsi bénéficier d’actions concrètes telles que la mobilisation des emplois d’avenir, la nomination d’un délégué sécurité, la prise en charge des élèves en exclusion scolaire, la scolarisation des enfants avant l’âge de trois ans, l’amélioration de la desserte en transports en commun, la présence de dispositifs de retour à l’emploi (Pôle Emploi), etc. »

Le maire Eric Mehlhorn voit quant à lui l’opportunité de mobiliser des financements pour « la rénovation, le désenclavement et le réinvestissement dans le commerce » pour ce quartier de plus de 6000 habitants. Il souhaite ainsi que le projet comporte « la destruction de deux barres et demi et la reconstruction de logements. Il faut aérer, et aménager les différents espaces » poursuit-il.

Mettre en place la participation locale

Dans les faits, rien n’est encore déterminé. La ville et les acteurs se réuniront en juin prochain pour déterminer la marche à suivre : le fléchage des financements, l’enquête, la faisabilité, la technique… En attendant, il faut respecter la première étape prévue dans le contrat de ville : mettre en place le conseil citoyen. Vingt­-sept personnes sont normalement prévues pour siéger dans ce comité indépendant, apolitique et représentatif des acteurs du quartier : associatif et économique, le tout en respectant la parité. En octobre dernier, une campagne de sensibilisation a été lancée par la municipalité, et « le conseil citoyen s’est mis en place entre janvier et février » rapportait récemment Eric Mehlhorn. Une liste a d’ores et déjà été déposée en préfecture, et n’attend que sa validation.