Le projet « Nos voix comme Résistance », porté par le collège Neruda de Grigny et l’Amin-Théâtre de Viry-Chatillon remporte le 3ème Prix Ilan Halimi contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les formes de discrimination.

01

Il y a neuf ans, le jeune Ilan Halimi était retrouvé mort à proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois. Séquestré plusieurs semaines par ceux que l’on appellera par la suite le « gang des barbares », il a été victime de la haine et de l’intolérance, parce que de confession juive. C’est en mémoire de ce jeune homme assassiné que le Conseil général a créé le prix qui porte son nom. Cela pour récompenser, et soutenir financièrement, les projets qui combattent les préjugés et les amalgames.

C’est cette année un projet porté par l’« Amin Compagnie théâtrale » avec le Collège Pablo Neruda de Grigny qui a été choisi, à l’unanimité des membres du jury. Il s’agit d’un travail de mémoire sur différents génocides, sous la forme d’un court métrage sonore réalisé par des élèves de troisième. « Nous avons monté ce projet car nous faisons une résidence au sein du collège, soutenus par la DRAC » explique Christophe Laluque, le metteur en scène de l’Amin-Théâtre, « nous travaillons avec des 4è sur la guerre en Bosnie, et le génocide des musulmans bosniaques, pour toucher plus de classes, nous avons choisi de parler de tous les génocides ».

« Traiter tous les génocides »

Le court-métrage sonore va ainsi pouvoir être terminé, grâce aux 10 000 euros du Prix Ilan Halimi, « cet argent va nous permettre de réaliser les enregistrements sonores, et d’entendre la voix des enfants » poursuit le responsable de l’Amin, qui a souhaité « traiter tous les génocides, ne pas les mettre en concurrence » en construisant des témoignages des génocides des juifs d’Europe, des tutsis du Rwanda, des Arméniens, des tziganes, et des musulmans de Bosnie.

« Cette action pédagogique et didactique veille à la transmission de l’Histoire et à l’ouverture sur l’altérité pour lutter contre toutes les formes de communautarisme. C’est la raison pour laquelle ce projet, par son caractère singulier et sa capacité à pouvoir servir de point d’appui à d’autres collèges de l’Essonne » explique le Conseil général pour justifier son choix de récompenser ce projet.

La Friche toujours en sursis

Pour Christophe Laluque, c’est une vraie satisfaction de se voir primé, car pour lui « ce sont les préjugés qui provoquent la haine, et les massacres ». Un prix qui permet également de remettre en lumière la situation de sa compagnie, l’Amin-Théâtre, toujours menacée sur son devenir par la volonté de l’agglomération des Lacs de fermer la Friche (lire notre article).

Et les dernière nouvelles sont plutôt inquiétantes pour la compagnie, comme témoigne Christophe Laluque : « ils nous refusent la subvention de 65 000 euros déjà votée pour les travaux sur place, et maintenant nous avons 25 000 euros à leur verser au titre de rappels de charges 2014, ils cherchent à nous étrangler financièrement pour nous faire partir ».