Dans le cadre de son Festival Street Art, l’agglo d’Évry fait venir des artistes pour investir les murs et les rues de ses communes. En ce début février, c’est l’artiste Clet qui a plongé les Évryens dans son univers en détournant de nombreux panneaux de signalisation.

Streat Art - Evry

Non, si vous êtes passés par Évry ce mercredi 11 février, vous n’avez pas été victime d’hallucinations en voyant certains panneaux de signalisation ornés d’autocollants représentant des pigeons, des chiens, des personnages ou autres. Non, il ne s’agit pas non plus de nouveaux panneaux créés par le gouvernement récemment. Rien de tout ça. Il s’agit en réalité d’une œuvre artistique qui détourne une partie des panneaux de signalisation de la ville d’Évry, celle de Clet. À l’aide de petits stickers, l’artiste réalise de nombreuses mises en scène, toujours avec humour pour redonner vie à la signalétique urbaine.

L’espace d’une journée, l’artiste a sillonné les rues de la capitale essonnienne avec son vélo et a marqué de son empreinte une partie des panneaux de signalisation de la ville. Une action qui s’inscrit dans un programme lancé par la communauté d’agglomération d’Évry-Centre-Essonne, dont le but est de développer un projet dédié à l’art urbain. Depuis janvier 2015 et durant deux ans, des artistes issus du territoire, de renommée nationale ou internationale, vont investir les murs des six villes de l’agglomération afin de mettre de la couleur et de la poésie dans la ville. Le tout pour ancrer le Street Art et plus largement la pratique artistique et culturelle dans l’ADN du territoire.

Streat Art - Evry

« Améliorer la communication de l’autorité »

Après Shaka qui a réalisé une fresque monumentale à la salle du Plan de Ris-Orangis, Clet Abraham est le deuxième artiste invité à intervenir sur le territoire dans le cadre du Festival Street Art. Ce dernier a ainsi arpenté les rues d’Évry pour s’exprimer et pour faire passer ses messages. Ce peintre et sculpteur breton, installé en Italie depuis 20 ans s’est peu à peu porté sur la réalisation d’interventions urbaines. Depuis cinq ans, c’est sur les panneaux que l’artiste travaille. « Cela a été presque une révélation, confie Clet. Les panneaux m’inspirent beaucoup et me permettent de m’exprimer ».

L’artiste n’en est pas à son premier coup d’essai. Avant Évry, il a notamment collé dans des villes comme Milan, Turin, Rome, Londres, Rennes, Quimper ou encore Paris. Son arrivée à Évry est une façon pour lui de faire passer son message aux Essonniens sur l’autorité, les lois et les règles qui régissent notre société. « Les panneaux sont les témoins d’un message d’autorité devant lesquels nous ne pouvons pas discuter, explique Clet. Avec les autocollants et ces petites scènes amusantes, cela crée un autre lien avec les usagers qui voient cette autorité d’un autre œil. Cela crée presque un dialogue entre le pouvoir et la population. Bref, cela rajoute de l’humanité à cette signalétique basique ».

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Ainsi, vous l’aurez compris, son principal lieu d’expression reste les panneaux d’interdiction en tout genre. Les sens interdits, interdictions de stationnement, obligation de tourner à droite sont donc les proies de prédilection de l’artiste. Il n’hésite donc pas à créer des situations cocasses, comme la Statue de la Liberté portant la barre horizontale du sens interdit ou encore en collant une vignette représentant un personnage « en train de se noyer dans les interdits », commente ce dernier. « Je grime ses panneaux tout en faisant en sorte qu’ils soient toujours lisibles. Avec ces stickers, c’est aussi une façon plus douce de faire passer la pilule ».

L’artiste qui a « maquillé » quelques panneaux dans les alentours de la mairie d’Évry sera de retour au début du mois de mars pour continuer de mettre une touche d’originalité dans le quotidien des Essonniens. D’ici là, d’autres artistes investiront également les lieux.

La page Facebook de Clet Abraham.

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