Duhaime et Poilievre : Le nouveau duo dynamique conservateur du Québec

Qu’est-ce que les anglophones de Montréal ont en commun avec les francophones de Québec ? Plus que vous ne le pensez. Les Québécois anglophones sont des hybrides. Leurs attitudes sont souvent plus proches de celles des Québécois francophones que de celles des anglophones du ROC. Cela peut également s’appliquer à leurs convictions politiques.

Il y a de plus en plus de signes que beaucoup voteront pour le tout nouveau Parti conservateur du Québec. Les sondeurs prévoient que les Québécois éliront un gouvernement majoritaire du CAQ le 3 octobre, mais le vote des deux groupes pourrait avoir des répercussions jusqu’aux prochaines élections fédérales.

Éric Duhaime, le chef conservateur du Québec, et Pierre Poilievre, le chef fédéral, se connaissent depuis 20 ans. En tant que jeune membre du personnel politique en 2003, Poilievre a passé ses vacances à faire du porte-à-porte pour aider Duhaime à se présenter comme député de l’Action démocratique du Québec, un parti de droite. Il a terminé en troisième position.

Les deux hommes parlent la même langue, littéralement. Poilievre fait campagne pour que le Canada devienne la nation la plus libre de la planète ; Duhaime, pour que les Québécois retrouvent leur liberté.

Le slogan de sa campagne est « Libres chez nous ». C’est un mélange de « Maîtres chez nous » – le slogan de la révolution tranquille de Jean Lesage qui signifie « maîtres chez nous » – et de « Vive le Québec libre » – la déclaration de De Gaulle en 1967 qui a enhardi le mouvement indépendantiste – ainsi que le cri de coeur plus récent de Poilievre qui veut faire du Canada la nation la plus libre du monde.

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Bien que le parti de Duhaime ait encore du chemin à faire pour devenir un véritable adversaire de la CAQ, ce discours trouve un écho auprès des Québécois. Selon un sondage Léger publié au début de la campagne, le slogan des conservateurs du Québec se classe deuxième en termes de préférence, derrière le slogan de la CAQ « Continuons ».

M. Duhaime se dit préoccupé par le déclin de la langue française, mais il s’engage à abroger la loi 96. Il n’est pas séparatiste et promet qu’il n’y aura pas de référendum sous sa direction, mais il ne l’exclut pas complètement. « Nous laisserons la prochaine génération décider », a-t-il déclaré à CTV.

Poilievre et Duhaime partagent les mêmes vues sur la liberté individuelle. Duhaime a annoncé qu’il ferait passer la limite de vitesse de 100 à 120 km/h sur certaines autoroutes. « Cela ne va pas changer pour une grande majorité de conducteurs, car ils roulent déjà à cette vitesse », a-t-il déclaré. Quelle meilleure façon de revendiquer ses références libertaires que de modifier une loi que la majorité enfreint de toute façon ?

Ils partagent beaucoup des mêmes partisans et une approche populiste. Duhaime est un ancien animateur de radio  » choc  » à Québec, où son soutien est le plus fort. Élu chef il y a seulement six mois, il a la capacité de tirer parti de la colère des extrémistes anti-vax pour construire sa base. C’est un maître de la communication qui a une capacité étonnante à communiquer avec les gens ordinaires.

Sa popularité n’a cessé de croître. Les sondages montrent que son parti est à égalité en deuxième position avec les libéraux, le Parti Québécois et Québec Solidaire. Et un tiers des électeurs sont encore indécis – beaucoup d’entre eux sont des anglophones désenchantés par les libéraux.

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À moins d’un faux pas spectaculaire du premier ministre François Legault, qui a tendance à faire des gaffes, Duhaime devrait obtenir entre zéro et cinq sièges. Néanmoins, le paysage politique du Québec sera très différent cette fois-ci. La présence de Duhaime à l’Assemblée nationale créerait une nouvelle dynamique et donnerait à son parti à la fois la respectabilité qu’il recherche et la visibilité dont il a besoin pour continuer à croître.

Poilievre aurait un allié influent au Québec et une extension de marque pour amplifier son message ; quelqu’un qui peut localiser ce que c’est que d’être un conservateur et normaliser Poilievre. Alors que les Québécois ont les opinions les plus négatives sur Poilievre, trois ans est une éternité en politique.

La combinaison de Duhaime et de Poilievre, deux « combattants de la liberté », pourrait devenir une force politique au Québec. La province était autrefois d’un bleu profond conservateur. Les prêtres disaient à leurs paroissiens que « le ciel est bleu, l’enfer est rouge » (le ciel est bleu pour les conservateurs, l’enfer est rouge pour les libéraux). Les églises sont maintenant vides à travers le Québec, mais deux nouveaux prédicateurs pourraient combler ce vide.

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