Alors que la mobilisation pour le maintien de la maternité de Dourdan se poursuit, c’est maintenant au tour des candidats aux élections départementales de défendre ce service. Un combat qui fait l’unanimité parmi les différentes forces politiques.

dourdan maternité

Les élections départementales se font de plus en plus pressantes en ce début février. Chaque camp s’active pour conclure les derniers accords et pour présenter ses candidats avant la date butoir de dépôt des listes prévue mi-février. On commence ainsi à y voir déjà plus clair sur certains cantons. Chacun entre à son rythme dans la campagne et déjà certains sujets seront au centre des débats.

Pour le canton de Dourdan notamment, la question du maintien du service de maternité au sein de l’hôpital sera à coup sûr une thématique de la campagne cantonale. En effet, l’avenir du service est plus qu’incertain. Alertée par les médecins de l’hôpital eux-mêmes, l’Agence Régionale de Santé (ARS) réfléchit avec le personnel du Centre hospitalier Sud-Essonne à une fusion de la maternité de Dourdan avec celle d’Étampes. Ces deux services pourraient donc n’en former qu’un, avec comme point d’ancrage le site étampois.

Des difficultés de recrutements ?

 

Cela fait donc déjà plus d’un an que l’avenir de la maternité de Dourdan est dans le flou le plus total. Après une première fermeture de quelques mois à la toute fin 2013, le service avait rouvert en janvier 2014 après avoir rempli les exigences présentes dans le cahier des charges émis par l’ARS. L’hôpital avait ainsi recruté pas moins de six personnes supplémentaires et fait la mise à jour de toutes les procédures. Bref, toute une série d’améliorations qui faisait dire à l’époque que grâce à cela, Dourdan possédait « la maternité de niveau 1 la plus à la pointe de la région », commentaient les docteurs en pédiatrie.

Or, depuis fin 2014, la menace d’une fermeture du service refait surface. Seulement, il ne s’agit « plus d’une demande émanant de l’ARS », confirme Claude Evin, le directeur général de l’Agence Régionale de Santé. « Dourdan est rattaché à Étampes depuis quelques années, c’est donc la même communauté médicale qui se charge des établissements. Le problème de la maternité c’est qu’ils ont des difficultés pour recruter les anesthésistes. La communauté médicale est donc en train d’élaborer un projet de rapprochement des deux maternités pour pouvoir assurer la sécurité dans la prise en charge des patients. A la base, c’est une demande de l’équipe médicale elle-même », commente Claude Evin.

Cet argument ne passe pas auprès de certains candidats aux élections départementales. Pour la socialiste et maire de Dourdan Maryvonne Boquet, ce discours est biaisé. « Il a été prouvé dernièrement que les candidatures des anesthésistes ont été systématiquement rejetées. On en compte 26 à ce jour. Étrange non ? », s’interroge celle qui devrait être candidate auprès de Thierry Degivry pour le scrutin départemental. Lors du dernier conseil de surveillance, cette dernière a ainsi proposé qu’un « collège de médecins étudie désormais les candidatures des anesthésistes, des gynécologues et pédiatres » pour « s’assurer que ces rejets soient cohérents et non pas dans une logique de tout faire pour fermer le service. Nous sommes en droit de nous interroger sur les raisons du nombre de ces rejets ».

Gauche et droite à l’unisson

Ce dossier est donc devenu un sujet de campagne pour les prochaines élections sur le canton de Dourdan. Outre le personnel hospitalier, les patients et les élus locaux, les candidats à l’Assemblée départementale s’immiscent donc aussi dans les débats. Une fois n’est pas coutume, ce sujet fait la quasi-unanimité chez les candidats déclarés, tout bord confondu. « La défense de la maternité est un dossier qui transcende les clivages politiques, assure le conseiller général sortant soutenu par l’UMP Dominique Echaroux. Nous devons mener un vrai combat pour que cette offre de soins ne disparaisse pas. Elle est utile ».

Ce combat, François Hélie, conseiller municipal d’opposition FN à Etréchy et candidat avec Vanessa Juille compte également le mener. « Au Front National, nous voulons défendre la ruralité et cela passe donc par défense du service de maternité de Dourdan. Que les médecins de l’hôpital et l’ARS veulent fermer ce service, c’est du grand n’importe quoi. Cela créera forcément un désert médical. Ça revient à déshabiller Paul pour habiller Jacques », explique le candidat frontiste qui participera notamment à la manifestation de soutien au service de réanimation d’Arpajon, lui aussi concerné par une possible fermeture, ce samedi 7 février.

Si le son de cloche est le même pour la socialiste Maryvonne Boquet, qui assure qu’elle ne lâchera pas le dossier temps « qu’il ne sera pas abandonné, car à plus ou moins long terme, c’est l’avenir de l’hôpital de Dourdan qui est menacé », le candidat investit par l’UDI lui tempère quelque peu le discours de ses adversaires. Christian Schœttl regrette ainsi que « les politiques de manière générale soient dans un racolage indécent par rapport à la fermeture de la maternité de Dourdan du fait qu’il y ait des élections dans quelques semaines ». « La santé c’est trop important, poursuit le maire de Janvry. Le véritable combat à mener est celui d’imposer à l’ARS de donner les moyens à cette maternité d’un fonctionnement qui assure la sécurité des patients ».

D’autres annonces devraient émaner de la part des candidats aux élections départementales sur ce sujet dans les prochaines semaines.