Avant qu’ils ne montent sur la scène du Plan de Ris-Orangis le 12 février prochain, Essonne Info est allé à la rencontre des membres de Big Bad Fat Moon, un trio rock’n’roll à l’énergie débordante et aux ambitions grandissantes.

Le jour, ils sont enseignant, ingénieur ou encore informaticien. Mais à la nuit tombée, ils revêtent leurs costumes pour devenir les Big Bad Fat Moon. Non, Big Jonathan, Bad Laurent et Fat Fred ne sont pas des super-héros, mais de véritables bêtes de scène lorsqu’ils répètent en costard-cravate à la Halle du Rock à Evry tous les soirs ou presque. Après quatre années de dur mais joyeux labeur, les trois amis viennent de concrétiser la première partie de leur projet avec la sortie d’un premier album intitulé « 13 », aux sonorités rock et aux textes engagés.

C’est en 2008 que Big Bad Fat Moon voit le jour. Le groupe au nom anglo-saxon inspiré d’une chanson de Joe Satriani se compose alors d’un bassiste, Fred, d’un batteur, Denis Duron, et de Laurent, guitariste et chanteur. Celui que l’on surnomme « Fat Fred » se remémore les débuts du trio initial : « Laurent avait publié une petite annonce, j’ai fait quelques répètes avec lui et son batteur de l’époque et puis on a commencé à bosser ensemble, à faire quelques petits concerts ». Mais il faudra attendre l’arrivée de Jonathan, nouveau batteur du groupe depuis 2011, pour qu’un vent d’ambitions souffle sur Big Bad Fat Moon. « Il est arrivé avec son jeune âge pour remplacer Denis et nous a botté le cul ! », s’esclaffe Fred, véritable bout-en-train, avec un regard complice dirigé vers Jonathan. Les trois musiciens développent alors très vite une certaine complicité, dans la vie comme sur scène. Mais l’organisation n’est pas simple pour ce petit groupe qui débute dans l’Essonne. « On était obligés de louer des heures de studio à droite à gauche, à Sainte-Geneviève-des-Bois, à Villebon-sur-Yvette », poursuit Laurent, membre-fondateur du groupe. « Mais on avait besoin d’avoir un endroit où on pouvait laisser notre matos H24. On voulait être libres et sans contraintes », ajoute Fred. En 2012, le trio décide alors de s’établir dans le garage de Laurent et d’en faire leur studio d’enregistrement.

Le groupe se lance alors à corps perdu dans leur musique. « Tous les week-ends, on répétait, encore et encore, puis on enregistrait », explique Jonathan, le pétillant batteur de Big Bad Fat Moon. Deux ans plus tard, les trois musiciens récoltent enfin le fruit de leur travail. Ils sortent en novembre leur tout premier album, « 13 », composé de textes engagés sur les problèmes de notre société actuelle. « Banale éponge », « Pas assez », « À qui le tour », autant de titres qui dénoncent une société de consommation au rythme effréné : « On est choqués par l’image renvoyée par beaucoup de choses de la vie et l’urgence de la société. Il faut que tout aille vite, que tu aies tout, tout de suite, en grosse quantité et à n’importe quelle heure », s’indigne Jonathan. « Il y a des chansons comme « l’étrangère » qui raconte par exemple le choc d’une immigrée lorsqu’elle arrive en France ou encore « J’aurais voulu t’y voir » qui dénonce les conditions de vie des sans-abris », détaille Jonathan.

Aujourd’hui, Big Bad Fat Moon vadrouille de scène en scène au rythme de ces titres à travers toute l’Essonne, et dans toute l’Ile-de-France. Mais pas à n’importe quel prix…

« Pour mêler ces deux vies, il faut faire des sacrifices »

Trouver un équilibre lorsque l’on mène une double vie n’est pas chose aisée. « Il faut surtout ne pas beaucoup dormir », déclare Laurent. « Et s’habituer à la fatigue », ajoute Jonathan. Depuis qu’ils se sont sérieusement lancés dans la musique, les trois garçons enchainent les répétitions à un rythme effréné et mènent un combat de longue haleine contre la fatigue : « C’est super compliqué à gérer. Quand le lendemain, tu n’as pas de jus, mais qu’il faut quand même redonner autant d’énergie que dans ton projet musical, tu ne peux rien négliger », affirme Jonathan. « C’est là que tu te rends compte que ceux qui font de la musique leur métier, qui en vivent, ont la chance de pouvoir aborder leur métier avec plus de disponibilité », avance Laurent avant de poursuivre « De mon côté, j’essaye de dégager le maximum de temps pour la musique. Mais c’est toujours le problème de savoir jusqu’où tu peux pousser. Mais tant que ton corps te dit ok, tu continues ».

(Crédit : Nana Flamant)

(Crédit : Nana Flamant)

Mais la fatigue n’est pas le seul obstacle auquel le trio fait face. Les week-ends sont devenus des moments sacrés, qu’ils passent souvent en famille lorsqu’ils ne sont pas sur scène. Des moments privilégiés afin d’équilibrer la balance et d’amoindrir le poids des sacrifices réalisés. « Pour mêler ces deux vies, il faut faire des sacrifices au niveau des gens qui te sont proches », déplore le batteur de Big Bad Fat Moon. Laurent et Fred l’ont bien compris. Le premier a trois enfants et le second quatre. « Notre passion joue forcément sur l’emploi du temps de notre famille », regrette Fat Fred. Mais heureusement pour les trois musiciens, leurs proches sont là pour les soutenir. « Ils savent très bien que si on ne fait pas ça, on n’est pas accompli et on serait chiant », explique Jonathan avant d’ajouter avec humour « Déjà qu’on est chiant d’ordinaire ! ». Avec la sortie de leur premier album, les trois mousquetaires du rock français ont pu rassurer leurs familles. « Le fait qu’on ait sorti l’album, même si on ne sait pas où ça va nous mener, a rendu nos familles heureuses et fières parce qu’il y a finalement eu quelque chose de concret derrière tous ces sacrifices. C’est bien de leur prouver qu’on a pas fait tout ça pour rien », conclu Jonathan. Et du concret, il y en aura encore. En attendant d’enflammer la scène du Plan le 12 février prochain au côté du groupe au groove inégalable Ebena, Laurent planche déjà sur l’écriture du deuxième album de Big Bad Fat Moon.

  • Big Bad Fat Moon & Ebena
  • Jeudi 12 février à partir de 20h au nouveau Plan, avenue Louis Aragon à Ris-Orangis (RER D Orangis-Bois de l’Epine)
  • Entrée libre après réservation au 01 69 02 09 19