Ce week-end se tient la 23ème édition du Festival International du Cirque à Massy. Essonne Info s’est glissé sous l’immense chapiteau pour vous faire partager l’ambiance des dernières répétitions avant l’inauguration de ce grand rendez-vous d’artistes.

Pour que la magie opère, il faut la bonne formule. Alors on s’entraine, encore et encore, jusqu’à l’ultime répétition. Les dernières heures sont cruciales. Tout le monde s’affaire autour de la piste aux étoiles. Tout doit être réglé comme du papier à musique. Thierry Fééry, chef d’orchestre du ballet incessant des artistes, donne ses directives, tandis que le véritable orchestre, venu tout droit de Pologne, surplombe la piste et joue les partitions au rythme des numéros qui se succèdent…

La roue de la mort. Rien de tel pour bien entamer les répétitions. Les colombiens Duo Vanegas se remémorent en musique les nombreuses acrobaties aériennes périlleuses qu’ils vont devoir exécuter sur la gigantesque roue en mouvement. À peine leur répétition achevée, une équipe technique s’empresse de démonter la structure métallique afin d’installer en l’espace de seulement quelques minutes la fameuse cage à fauves. Le prochain numéro est un classique, à ce détail près que va se dérouler dans l’arène une véritable démonstration de force et d’amour. La dompteuse Allemande Carmen Zander et ses tigres sont inséparables depuis leur naissance. Mais voilà, les cinq acolytes n’ont pas l’air très coopératifs. La dresseuse de fauves doit s’y reprendre à plusieurs fois pour obtenir ce qu’elle veut. De son côté, l’orchestre doit alors composer avec le retard. Carmen Zander, loin d’être rancunière envers ceux qu’elle considère comme ses enfants, termine son numéro avec le sourire en saluant un public, pour le moment encore fictif.

« On répète jusqu’à la dernière minute »

Ni une ni deux, le temps d’une danse hongroise, les cages qui entouraient la piste ont disparu. Sur le bord, dans les gradins, un drôle de bonhomme aux cheveux hirsutes blonds platine fait le pitre. Pour cause, il s’agit de Bello Nock, un clown venu d’Outre-Atlantique. Il échange quelques mots avec Céline Moreno, la Mme Loyal de ce festival international du Cirque de Massy avant d’entrer en piste. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce personnage haut en couleur n’a pas peur de s’envoyer en l’air, sur un trampoline. Toutefois, il a bien du mal à maîtriser la bête. Il ne cesse de se prendre les pieds, ça et là, dans les filets du trampoline. Ces moments comiques semblent faire mouche dans la salle, tout comme les acrobaties qu’il réalise. Aucun problème en perspective pour le grand soir, le clown acrobate semble parfaitement à l’aise dans ses baskets. A tel point que lorsque Mme Loyal annonce l’artiste suivant et que celui-ci se fait attendre, Bello improvise pour combler l’attente. C’est alors que quatre chameaux font leur entrée aux côtés du jeune dresseur prodige âgé de seulement 17ans, Amedeo Folco Junior. Une répétition à la saveur particulière, presque amère. Il y a quelques jours, le jeune homme perdait l’un de ses chameaux. Une tragédie qui l’a poussé à revoir son numéro en conséquence. « Perdre un animal pour eux c’est comme perdre un membre de leur famille », explique Didier Richard, directeur de la communication et membre de l’association du Festival International du Cirque de Massy.

À quelques heures de l’inauguration du festival, le clou du spectacle. Il est temps d’achever les répétitions sur un numéro de bascule encore jamais vu en France. Les membres de la troupe russe Sokolov entament alors une série de périlleuses acrobaties sur une musique de Mozart. À défaut de ne pas porter leurs costumes de représentation, certains des membres ont tout de même tenu à avoir une perruque d’époque sur la tête, de quoi concurrencer Bello. En cette soirée d’ouverture, près de 2300 personnes sont attendues, mais pour l’heure, rien est encore tout à fait prêt. « On répète jusqu’à la dernière minute », affirme Didier Richard. Au fond, c’est peut-être comme ça que la magie opère.

Festival international du Cirque de Massy
Du 22 au 25 janvier au parc Georges Brassens
Infos pratiques en ligne

Crédit photos : Nana Flamant