À deux mois des élections départementales, l’UMP et l’UDI ont conclu une alliance. Ce mercredi 21 janvier, cette droite unie a présenté ses candidats qui auront pour but de faire basculer le Conseil général à droite.

La course au Conseil général est bel et bien lancée en cette fin janvier. Après de nombreux partis politiques comme le Front National et Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan et certains mouvements comme les anti-gaz de schiste, c’est maintenant aux deux forces majeures de la mandature actuelle de se dévoiler. Pure ironie du sort ou coup bien calculé, la droite a présenté ses binômes le même jour, quasiment à la même heure que la gauche (lire notre article). Autre similitude hormis la date et l’horaire, ces grandes mouvances politiques ont toutes deux présenté des candidats issus d’un rassemblement de certaines de leurs composantes respectives.

Ce mercredi 21 janvier, le rendez-vous était pris à midi à la mairie de Massy pour une partie des 42 candidats de la droite et du centre-droit, colistiers compris. Une « droite rassemblée », tels sont les mots employés par les deux chefs de file essonniens que sont Vincent Delahaye et Georges Tron, respectivement président de l’UDI et de l’UMP pour évoquer l’accord conclu entre les deux partis. L’objectif de cette union est clair : « faire basculer le département », martèlent tour à tour en introduction de leurs discours Vincent Delahaye et Georges Tron.

Place aux nouveaux élus

Tout ce travail aura été le fruit de près de « 4 à 5 mois de discussions » pour en arriver là, souligne Georges Tron, fier que le processus soit allé à son terme. « Les municipales de mars 2014 ont fait basculer quantité de communes à droite. Un département de même sensibilité serait logique pour être dans une bonne coopération avec nos projets », assure pour sa part Vincent Delahaye, qui justifie ainsi les raisons de cet accord. Ces différentes équipes feront notamment campagne sur la thématique d’« une autre gestion du département », en travaillant sur une réduction de la dette « qui fait de l’Essonne l’un des départements les plus endettés de France », commente Georges Tron.

Avant de connaître plus en détail les différents programmes de ces binômes qui seront communiqués au fur et à mesure que la campagne avancera, les deux instances de droite et de centre-droit ont donc présenté les candidats, sous le nom de « Ensemble pour l’Essonne ». « La constitution des équipes s’est faite dans un esprit consensuel et amical, résume le président de l’UMP 91, également candidat sur le canton de Draveil. Outre quelques sortants qui s’installent une fois de plus dans les starting-blocks, comme Guy Crosnier à Étampes, Michel Bournat à Gif, Éric Mehlhorn à Savigny, Marianne Duranton à Sainte-Geneviève-des-Bois, ou encore le ticket Patrick Imbert et Caroline Parâtre à Mennecy, l’alliance de droite a fait confiance en priorité à ses nouveaux élus. Les maires fraîchement élus comme Dominique Bougraud (Lardy) ou Christine Rodier (Athis-Mons), seront titulaires au même titre que le nouveau maire de Montgeron, François Durovray. À l’inverse, exit Thomas Joly ou encore Florence Fernandez de Ruidiaz.

« Nous avons tenu à élargir nos discussions avec nos amis et partenaires du MoDem mais également avec les forces de Nicolas Dupont-Aignan », rappelle Georges Tron. Cela se traduit par la présence de Sylvie Gibert, élue MoDem de Grigny, aux côtés de Jérôme Bérenger sur le canton de Viry-Châtillon. Pour sa part, le MoDem fera cavalier seul sur trois autres cantons. En plus du canton de Viry-Châtillon, le parti centriste sera également présent du côté de Palaiseau, Évry et Brétigny.

Des cas particuliers

Hormis l’ensemble des titulaires sur lesquels il n’y a plus aucun secret sur leur identité, Vincent Delahaye fait part de quelques ajustements restants. « Cela concerne 3 ou 4 équipes encore. Toutefois, ce ne sont que des postes de suppléants. Nous officialiserons leurs noms dans les prochains jours », confirme l’édile.

Quelques particularités vont pourtant subsister du côté de cette droite unie. Tout d’abord le cas d’une primaire tardive sur le canton de Dourdan. Investi par l’UDI, le tandem Christian Schœttl/Marie-Ange Roussel aura pour adversaire au premier tour le duo soutenu par l’UMP, Dominique Echaroux/Dany Boyer. « Nous n’avons pas pu trancher sur le sujet, voilà pourquoi il y aura une primaire entre ces deux binômes », confie Georges Tron. Reste maintenant à savoir si cette primaire tardive ne fera pas le jeu de la gauche ou encore du Front National au cas où les deux listes se neutraliseraient. « Les élections intermédiaires sont toujours des élections défouloirs. Il y a donc un vrai risque de voir un parti comme celui-ci obtenir un bon résultat », explique Christian Schœttl à propos du FN.

Autres particularités enfin de cette liste de candidats, les non-soutiens de l’UMP et de l’UDI sur le canton des Ulis et le non-soutien de l’UDI seulement sur Corbeil-Essonnes. Aux Ulis, aucun des candidats n’a souhaité briguer l’investiture UDI ou UMP. Ce binôme composé du conseiller général sortant Dominique Fontenaille (centre droit) et de la maire des Ulis, la centre gauche Françoise Marhuenda portera certaines valeurs de la droite unie sans en porter l’étiquette.

L’autre cas où l’UDI ne souhaite pas s’exprimer est le canton de Corbeil-Essonnes. Suite à la candidature de Xavier Dugoin face à celle de Jean-Pierre Bechter, l’UDI n’a pas voulu apporter son investiture, ni même son soutien parce que « les candidats ne l’ont pas souhaité également », souligne Vincent Delahaye. L’UMP quant à elle a déjà pris ses dispositions en choisissant d’exclure du parti Anissa Leroy (UMP Villabé) et sa suppléante. « Cette situation est invraisemblable, s’emporte Georges Tron. Le maire se lance courageusement dans la bataille. Nous apportons un soutien entier à l’équipe formée par Jean-Pierre Bechter », avant d’indiquer que son suppléant, le sénateur Serge Dassault « est la meilleure façon de régler le problème sur le canton ». Xavier Dugoin et Sylvain Dantu mèneront une campagne « en portant haut et fort les valeurs de l’UDI » sans en réclamer le soutien, faisaient-ils savoir par courrier, face « à un ticket Bechter/Dassault, tous deux mis en examen ». Des propos qui n’atteignent pas forcément Jean-Pierre Bechter. « Les citoyens choisiront. Mais je peux vous dire que j’ai connu des campagnes plus compliquées que celles-ci », affirme le maire de Corbeil-Essonnes confiant.

Cantons Candidats
Arpajon Alexandre Touzet (UMP)
Dominique Bougraud (UDI)
Athis-Mons Pascal Picard (UMP)
Christine Rodier (UMP)
Brétigny-sur-Orge Nicolas Méary (UDI)
Sophie Rigault (UMP)
Corbeil-Essonnes Jean-Pierre Bechter (UMP)
Caroline Varin
Draveil Georges Tron (UMP)
Aurélie Gros (UMP)
Epinay-sous-Sénart Laurent Béteille (UMP)
Catherine Aliquot-Vialat (UMP)
Etampes Guy Crosnier (UMP)
Marie-Claire Chambaret (SE)
Evry Jacques Géring (UDI)
Johanna De Sousa (UMP)
Gif-sur-Yvette Michel Bournat (UMP)
Laure Darcos (UMP)
Longjumeau Claude Pons (UMP)
Sandrine Gelot-Rateau (UMP)
Massy Pierre Ollier (UDI)
Martine Girard (UMP)
Mennecy Patrick Imbert (UMP)
Caroline Parâtre (UMP)
Palaiseau Francisque Vigouroux (UDI)
Marie Christine Graveleau(UMP)
Ris-Orangis Arnaud Barroux (UMP)
Nhu Anh Desormeaux (UMP)
Sainte-Geneviève Claude Lourdin (UMP)
Marinanne Duranton (UDI)
Savigny-sur-Orge Eric Mehlhorn (UMP)
Brigitte Vermillet (UMP)
Les Ulis Dominique Fontenaille
 (sans soutien UDI/UMP) Françoise Marhuenda
Vigneux-sur-Seine François Durovay (UMP)
Nicole Poinsot (UMP)
Viry-Châtillon Jérôme Bérenger (UMP)
Sylvie Gibert (MoDem)
Yerres Irvin Bida (UDI)
Valérie Ragot (UMP)
Primaire
Dourdan Dominique Echaroux (UMP)
Dany Boyer (SE)
Chistian Schœttl (UDI)
Marie-Ange Roussel (SE)