Le PS et les Verts ont présenté leurs différents binômes issus de l’accord départemental qu’ils ont signé. Un accord qui aurait pu être plus large, et qui répondra à un mot d’ordre : que la gauche soit majoritaire en mars prochain.

Ce mercredi 21 janvier restera donc la date où les deux grandes forces politiques du département ont choisi de faire bouger les choses dans la course au Conseil général. À deux mois tout juste du premier tour des élections départementales, l’UMP et l’UDI ont présenté l’ensemble de leurs binômes issus d’un accord départemental (lire notre article). C’est également en ce jour que la gauche et une partie de ses composantes a choisi d’officialiser les noms de ses candidats. C’est donc à 13h30 ce mercredi 21 janvier que le Parti socialiste et les représentants d’Europe Ecologie-Les Verts ont présenté les différents binômes au sein de l’Assemblée départementale. Le tout avec comme mot d’ordre principal : faire en sorte que la gauche soit encore majoritaire lors de la prochaine mandature.

Un accord pas si large que prévu

« C’est un rassemblement dont l’ampleur est inédite en Essonne », lâche le président du Conseil général Jérôme Guedj en début d’intervention. Cet accord est inédit sur le nombre de places réservées aux composantes de la gauche au sein des binômes et des suppléants. Une volonté clairement assumée par Jérôme Guedj. Car la majorité actuelle en Essonne est un véritable éventail représentatif de ce qu’est la gauche. Allant du PS au Parti de Gauche, en passant par le Parti communiste, les Verts sans oublier les radicaux de gauche… Bref, une gauche plurielle réunie au sein d’une seule et même majorité qui a très souvent su s’entendre au moment de voter des décisions importantes pour l’avenir du département. « Nous avons toujours voté à l’unanimité, voire à 99%, la totalité des budgets tous ensemble », résume le secrétaire fédéral du PS Carlos Da Silva pour évoquer la relation particulière entretenue entre les 26 conseillers généraux qui composent la majorité. C’est dans cette logique que le président du CG a rédigé avec la quasi-totalité des membres de cette majorité départementale un appel au rassemblement le plus large possible « et surtout pour continuer à agir et protéger les Essonniens durant tout le mandat ».

Un large rassemblement, certes, mais amputé du Parti communiste. Hormis les écologistes, les radicaux et quelques divers gauche, le Parti communiste et le Parti de Gauche ne semblent pas prêts à partir auprès de leurs camarades de la majorité départementale. Et ce, malgré le fait que deux conseillers généraux appartenant à ces partis aient signé l’appel, en la personne de Claude Vazquez et de Paul Da Silva. Principale raison, la politique nationale qui s’invite dans le débat départemental. Si la position est plus tranchée du côté du PG qui ne s’affiche plus avec le PS depuis ces dernières années, la situation est différente pour le PC. Ce dernier a ainsi choisi de présenter des candidats dans quelques cantons, indépendamment de l’union de la gauche. « A l’issue d’un long et profond débat démocratique, les communistes essonniens ont décidé de leur stratégie, canton par canton, section par section », indique la fédération dans un communiqué.

Une situation pas forcément perçue d’un bon œil par les signataires de l’accord départemental. « Nous regrettons les candidatures autonomes, car nous travaillons depuis plusieurs semaines avec eux pour trouver les conditions, non pas d’une unité de façade, mais d’une stratégie coordonnée pour garder le CG à gauche sans être dans un double discours », assure Jérôme Guedj. Même son de cloche pour Jean-Patrick Le Duc secrétaire départemental d’EELV. « Notre souhait le plus cher était de signer un accord avec le plus grand nombre de composantes de la gauche. Le PC a une position difficilement compréhensible, car beaucoup se réfèrent au contexte national. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un accord départemental lié à un contexte départemental. Pour mener une bonne politique, il faut que le CG reste à gauche ».

Pour autant la porte n’est pas totalement close pour ce qu’il en est des négociations. « J’appelle à un sursaut du PC, car pour le moment il n’a pas assumé ses responsabilités, lance Carlos Da Silva. Pour l’instant, la liste que nous proposons est définitive si la situation reste en l’état. Le PC veut travailler avec nous sur certains cantons, alors que dans d’autres, ils seront face à nous. Pour rouvrir les négociations, il faudrait que la fédération communiste soit cohérente sur l’ensemble du département. Il n’y a pas deux poids, deux mesures ». « Le plus vite sera le bienvenu pour entamer ces discussions si elles doivent avoir lieu », affirme Jérôme Guedj, qui se donne tout de même jusqu’à la date butoir de dépôt des listes, fixée au 16 février pour conclure cette alliance.

Jérôme Guedj pour succéder à lui-même

C’est donc dépourvue de candidats communistes que la gauche unie a présenté l’ensemble de ses binômes sur le département ce mercredi 21 janvier. Sur les 26 membres de la majorité départementale actuelle, la moitié va repartir pour un nouveau mandat. Sur ces douze conseillers sortants, nous retrouvons Jérôme Cauët qui sera le binôme de Maud Olivier aux Ulis, Michel Pouzol sur Brétigny, Pascal Fournier sur le canton d’Arpajon ou encore David Ros sur Palaiseau. À l’inverse, des personnalités comme Claire Robillard ou Francis Chouat ne seront pas présentes. D’autres comme Carlos Da Silva seront suppléants. Pour ce dernier, ce sera le cas sur Corbeil-Essonnes, Romain Colas sera suppléant sur le canton d’Epinay-sous-Sénart.

Pour ce qu’il en est des Verts, dix postes de titulaires leur ont été confiés. « En 2011, seul Guy Bonneau avait été élu, résume Jean-Patrick Le Duc. Là, nous avons vraiment une chance de proposer une politique écologique aux Essonniens si nous avons des élus ». Ils bénéficieront donc souvent de tickets avec des candidats PS comme sur le canton de Draveil, Étampes, Longjumeau, Gif, Ris-Orangis ou encore à Corbeil-Essonnes où le conseiller régional Jacques Picard sera aux côtés de la socialiste Marie-Hélène Bacon. Un canton sera également entièrement dédié aux Verts, il s’agit de celui de Mennecy.

Tous les titulaires sont donc connus, à l’exception du candidat homme sur le canton de Savigny. « Nous sommes en pourparlers, et l’officialisation de son nom devrait se faire dans les prochains jours », confirme Jérôme Guedj.

La gauche unie tient d’ailleurs déjà le nom de son futur président du Conseil départemental si elle reste majoritaire. Il s’agit de Jérôme Guedj lui-même. L’élu massicois fera notamment campagne sur le bilan de sa présidence, que les Verts et le PS trouvent « à la hauteur de ce qui était espéré, voire mieux encore sur certains points ». « Nous sommes outillés en termes de bilan, de projets et de candidatures. Le contexte économique et social est difficile, voilà pourquoi il faut que la gauche reste majoritaire », conclut le président du Conseil général.

Cantons Candidats
Arpajon Pascal Fournier (PS)
Nicole Perrier (PS)
Athis-Mons Patrice Sac (PS)
Marion Beillard (DVG)
Brétigny-sur-Orge Michel Pouzol (PS)
Isabelle Catrain (EELV)
Corbeil-Essonnes Jacques Picard (EELV)
Marie-Hélène Bacon (PS)
Dourdan Thierry Degivry (PS)
Maryvonne Boquet (PS)
Draveil Jean-Marc Pasquet (EELV)
Rachida Ferhat (PS)
Epinay-sous-Sénart Damien Allouch (PS)
Annick Dischbein (PS)
Etampes Grégory Courtas (EELV)
Marie-Thérèse Wachet(PS)
Evry Ronan Fleury (PS)
Fatoumata Koïta (PS)
Gif-sur-Yvette Yvan Lubraneski (PS)
Céline Ramstein (EELV)
Longjumeau Didier Varenne (PS)
Mireille Cuinot-Ponsard(EELV)
Massy Jérôme Guedj (PS)
Rafika Rezgui (PS)
Mennecy Patrick Polverelli (EELV)
Marie-France Lasfargue(EELV)
Palaiseau David Ros (PS)
Anne Launay (EELV)
Ris-Orangis Stéphane Raffalli (PS)
Hélène Leloup (EELV)
Sainte-Geneviève Frédéric Petitta (PS)
Emilie Lacombe (DVG)
Savigny-sur-Orge EN ATTENTE
Lydia Bernet (PS)
Les Ulis Jérôme Cauët (PS)
Maud Olivier (PS)
Vigneux-sur-Seine Didier Hoeltgen (PS)
Aude Bristot (PS)
Viry-Châtillon Jean -Bernard Fourgassie(PS)
Claire Tawab (PS)
Yerres Olivier Yenge (PS)
Elodie Jauneau (PS)