Vision en tunnel : des plans de transport en duel alors que la CAQ et les conservateurs se disputent les votes à Québec

MONTRÉAL – Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, faisait peut-être campagne dans une banlieue de Montréal lundi, mais il n’a pu échapper à un barrage de questions des journalistes sur un projet de tunnel pour la ville de Québec.

Le projet reliant la capitale provinciale à sa rive sud est l’une des principales promesses non tenues de la CAQ lors des élections de 2018 – et le principal adversaire du parti dans la région de Québec pendant cette campagne électorale ne laissera pas Legault l’oublier.

« Les gens de Québec en parlent depuis des décennies, nous voulons ce pont et (Legault) nous l’a promis il y a quatre ans et il a fait volte-face », a déclaré le chef conservateur Éric Duhaime aux journalistes lundi.

Dans une tentative de courtiser les électeurs de Québec en 2018, Legault a promis qu’il construirait un « troisième lien » à travers le fleuve Saint-Laurent – pour compléter le pont Pierre Laporte et le pont de Québec – et qu’il aurait la « première pelletée de terre » avant la fin du premier mandat de la CAQ en 2022. À l’époque, la CAQ avait déclaré que le troisième lien pourrait être un pont ou un tunnel.

La construction d’un troisième lien n’a pas commencé et M. Legault a récemment admis que les études de faisabilité de sa nouvelle proposition de construire un tunnel reliant les deux rives n’étaient pas terminées.

Duhaime a passé une grande partie de la campagne actuelle à rappeler aux électeurs l’échec de la CAQ et à accuser Legault de dissimuler les études commandées par le gouvernement précédent sur un troisième lien.

« C’est le projet le plus important jamais réalisé dans la région de Québec », a déclaré M. Duhaime aux journalistes. « C’est important que la population, avant de voter, qu’elle ait toutes les informations en main. Actuellement, il n’y a pas de transparence. »

M. Duhaime a dit avoir déposé une demande d’accès à l’information auprès du ministère des Transports pour obtenir les rapports et les avis que le gouvernement a reçus sur le projet de passage à niveau.

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M. Legault refuse de divulguer les études – il affirme qu’elles ont été commandées sous les libéraux et qu’elles ne s’appliquent pas au nouveau projet de tunnel qu’il propose. Son tunnel à quatre voies coûterait 6,5 milliards de dollars et relierait le centre-ville de Québec au centre de Lévis, au Québec.

M. Duhaime affirme que le tunnel est un gaspillage d’argent et réclame plutôt un pont reliant la partie est des deux villes. Le chef conservateur affirme qu’un pont serait moins cher et plus facile à construire qu’un tunnel et qu’il coûterait entre 3 et 5 milliards de dollars, avec moins de risques de dépassement de coûts.

Mais M. Legault affirme qu’un pont souillerait le paysage bucolique de la partie est de la région, où se trouve l’Île d’Orléans, peu peuplée. Un pont, a déclaré le premier ministre sortant aux journalistes à Longueuil, au Québec, est « faisable, mais ce n’est pas ce que nous voulons ».

C’est dans la région de Québec que le parti conservateur – qui n’a jamais fait élire un de ses membres à l’Assemblée législative du Québec – espère percer lors de cette élection.

Un sondage Léger publié la semaine dernière donne le parti de M. Duhaime à 25 pour cent dans la région de Québec, derrière la CAQ à 44 pour cent. Dans la région de Chaudière-Appalaches, au sud de la capitale – qui comprend Lévis – les conservateurs sont à 29 pour cent, tandis que la CAQ est à 48 pour cent.

Ces deux régions sont les seules parties de la province où les conservateurs obtiennent des résultats supérieurs à 20 pour cent. Dans les trois circonscriptions où les conservateurs sont au coude à coude avec la CAQ, selon le site d’agrégation de sondages QC125.com, deux sont situées dans Chaudière-Appalaches – dans une région connue sous le nom de Beauce – et une est située immédiatement au nord de la ville de Québec.

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Pendant ce temps, la chef libérale du Québec, Dominique Anglade, a fait face lundi à des questions sur son avenir politique. Mme Anglade a déclaré qu’elle avait l’intention de rester à la tête du Parti libéral après les élections du 3 octobre, mais elle a soutenu que c’était parce que son parti allait gagner.

« Mon intention est de rester en fonction et d’être première ministre du Québec », a-t-elle déclaré aux journalistes à Montréal.

Les récents sondages ont placé les libéraux à plus de 20 points de pourcentage derrière le parti au pouvoir, la Coalition Avenir Québec, et les chiffres indiquent que la circonscription montréalaise d’Anglade – St-Henri-Ste-Anne – est une course à trois.

Mme Anglade était à Montréal pour annoncer les promesses de son parti pour les aînés, qui comprennent des paiements allant jusqu’à 2 000 $ par année pour aider les personnes de plus de 70 ans à recevoir des soins de santé à domicile et à éviter d’avoir à déménager dans une résidence pour personnes âgées.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, était à Québec, où il a déclaré que son parti interdirait aux grandes entreprises de jeter les invendus alimentaires. Le plan de Québec solidaire est de réduire le « gaspillage alimentaire » de 50 pour cent.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, était à Sept-Îles (Québec), à 640 kilomètres au nord-est de Québec, où il a promis d’imposer une taxe de 25 pour cent sur les « profits excessifs » des compagnies pétrolières.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 19 septembre 2022.

– Avec les dossiers de Frédéric Lacroix-Couture et Stéphane Rolland.

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