Durant tout le week-end dernier, Corbeil-Essonnes organisait son traditionnel tournoi de kayak-polo. Une discipline spectaculaire où les Français s’illustrent, mais qui reste encore trop souvent méconnue du grand public.  

 Le Kayak-polo est un sport alliant stratégie, puissance et technique. (DR)

Le Kayak-polo est un sport alliant stratégie, puissance et technique. (JL/EI)

Les 10 et 11 janvier, le parking de la piscine Gabriel-Menut de Corbeil-Essonnes était bondé. Différents clubs ont fait le déplacement, signe qu’une compétition se tient à l’intérieur de l’enceinte. Seulement, il ne s’agit pas pour autant d’une simple compétition de nage. En effet, les participants de ce tournoi sont équipés de kayak, casques et autres pagaies. Outre les échauffements du corps, des bras et abdos, certains font des échanges avec un ballon de volley. À quoi peut-on donc s’attendre ? Water-polo, sprint sur 50m de kayak ? Non, rien de tout ça ou presque, puisqu’il s’agit de kayak-polo.

Cette discipline sportive trop souvent méconnue oppose deux équipes sur un grand bassin. L’objectif pour chacune d’entre elles : passer le plus de buts possible à leurs adversaires. Et la tâche n’est pas si simple que ça. Sur un plan d’eau de 35m sur 25m, les deux équipes cherchent à marquer des buts dans deux petites cages mesurant deux mètres sur un, le tout en s’envoyant le ballon pour le faire remonter le terrain, sans oublier de ramer pour se mouvoir. Voilà donc un sport où il faut allier la puissance pour ramer et se démarquer, la technique pour assurer ses passes, ses tirs et ses réceptions, et la stratégie d’équipe pour se créer des occasions. Bref, un sport qui « ressemble fortement au water-polo et au handball », résume le vice-président de l’association sportive de Corbeil-Essonnes (ASCE), section canoé-kayak Pierre Bretenoux.

Les gardiens peuvent jeter leur pagaie pour empêcher la balle d'entrer dans le but. (JL/EI)

Les gardiens peuvent jeter leur pagaie pour empêcher la balle d’entrer dans le but. (JL/EI)

Une discipline en manque de notoriété

« C’est donc une discipline qui a tout pour plaire », confirme Pierre Bretenoux, qui ne cache pas le fait d’« avoir du mal à comprendre pourquoi ce sport est si méconnu ». Certes, cette discipline du kayak est moins connue que la course en ligne ou encore le célèbre slalom maintes fois médaillé aux Jeux Olympiques. Toutefois, ce sport n’est pas né de la dernière pluie. « Les origines du kayak-polo remontent au début du siècle dernier, rappelle le vice-président de l’ASCE. Même si la fédération n’a été créée qu’il y a environ 30 ans ».

Un sport qui manque certainement de notoriété, mais qui jouit d’une belle renommée dans le milieu du kayak. « Il ne faut pas oublier que la France vient de devenir championne du monde de la discipline en 2014, se félicite Pierre Bretenoux. La notoriété finira certainement à arriver tellement ce sport est beau à voir et est impressionnant ».

Impressionnant, c’est le mot. Pour la neuvième édition de son tournoi de kayak-polo qui s’est tenue les 10 et 11 janvier, le club de Corbeil-Essonnes avait invité les meilleures équipes du moment. Agen, Avranches, Lœuilly, Montpellier ou encore le champion de France en titre Condé-sur-Vire avaient notamment fait le déplacement pour défier Corbeil-Essonnes. En tout, dix équipes se sont affrontées durant ce week-end dans ce tournoi de préparation avant la reprise du championnat. « Et encore, je dois même en refuser », confesse Pierre Bretenoux qui en est l’organisateur, signe de la renommée du tournoi. Il n’y a qu’à voir la composition des équipes pour s’apercevoir du nombre de champions du monde en titre ou encore d’internationaux. Un nombre qui était supérieur à 15, dont le kayakiste élu meilleur joueur des derniers championnats du monde, le Français Maxime Gohier.

Le meilleur joueur français du moment, Maxime Gohier. (JL/EI)

Le meilleur joueur français du moment, Maxime Gohier. (JL/EI)

Corbeil-Essonnes, un vrai club formateur

C’est donc un sport dans lequel les Français s’illustrent, mais également une discipline dans laquelle Corbeil-Essonnes a pris l’habitude de jouer avec les grands. « Le club de kayak-polo de Corbeil-Essonnes a très longtemps fait partie de l’Élite Nationale (Ndlr : équivalent de la Ligue 1 en football). La saison dernière, notre club a été relégué en N2, relate le vice-président de l’ASCE. Mais bon, nous finirons par retrouver l’élite grâce à nos jeunes ». La formation est l’une des spécialités du club essonnien. L’ASCE, bien connu pour suivre ses champions comme le kayakiste neuf fois champion de France de course en ligne Guillaume Le Floch Decorchemont, est reconnu comme l’un des meilleurs clubs formateurs en kayak-polo. « Nous avons même reçu la mention excellence », se réjouit Pierre Bretenoux, dont le fils Thomas est devenu champion du monde en 2010 de la discipline après avoir été formé dans le club. « Notre politique sportive est principalement tournée vers la formation des jeunes avec l’objectif de haut niveau dans toutes les disciplines de ce sport. Mais nous souhaitons aussi orienter les jeunes en particulier vers le kayak-polo », confie Pierre Bretenoux.

En attendant, Corbeil-Essonnes n’a pas remporté son tournoi. C’est finalement Montpellier qui s’est taillé le scalp de Condé-sur-Vire. Quoi qu’il en soit, l’organisateur convie les meilleures équipes de France et le public à assister à la dixième édition du tournoi qui se tiendra au même endroit dans un an. D’ici-là, Corbeil-Essonnes aura peut-être réussi à réintégrer l’Élite Nationale ?