BRUNO-PASCAL CHEVALIER > Les menaces sur L’assurance maladie continuent, nous sommes à quelques jours du le projet de loi de financement de la sécurité sociale, le PLFSS, pour 2011.


Déjà nous voyons se profiler des conséquences supplémentaires avec une augmentation du reste à charge pour les malades :

  • Les actes techniques des médecins ne seront plus pris en charge à 100% qu’a partir de 120 euros au lieu de 91 euros.
  • Les médicaments à vignette bleue seront remboursés à 30 % au lieu de 35 %.
  • Le périmètre des Affections de longue durée(ALD) sera réduit, certains actes liés à cette maladie ne seront plus pris en charge à 100%
  • Les médecins seront incités à réduire leurs prescriptions…
  • Une modification du calcul de l’indemnité journalière de l’aide médicale état(AME) avec l’intention d’y instaurer une franchise. …

Alors même que différentes enquêtes font la démonstration que l’accès aux soins pour tous est aujourd’hui remis en cause suite aux précédentes réformes, concernant la santé mais aussi l’accès aux logements, travail …
L’association Ensemble pour une santé solidaire fait une enquête sur l’accès aux soins (répondre en ligne clic sur ce lien), ou voir la rubrique questionnaire sur le site www.ensemblepourunesantesolidaire.fr
Voici un extrait des premières personnes qui ont répondues aux questionnaire, qui comprend 42 points :

Poursuivons ensemble cette enquête, et faites la circuler dans vos réseaux. Alors face a ce tableau noir, avons-nous des solutions alternatives à proposer ? Sommes-nous responsables de ce déficit de la sécurité sociale ?

Pour nous aider à mesurer les enjeux de la politique mise en place pour casser notre système de santé solidaire, je vous conseille le livre / essai  de David Belliard et Alix Béranger, co-auteurs de l’ouvrage Nous ne sommes pas coupables d’être malades, éditions les petits matins, Paris, 2010. Je leur ouvre ma chronique :

Santé, il faut agir !

Si la France peut se targuer d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, elle affiche aussi les inégalités de santé les plus fortes de l’Union européenne. Cette réalité, qui fait coïncider un système de soins relativement performant et une fracture sanitaire entre ceux qui peuvent y accéder et ceux qui en sont écartés, est la conséquence d’une politique qui vise à stigmatiser les malades, au nom de leur responsabilisation, et à réduire la prise en charge des soins par l’assurance maladie. Les franchises médicales sont le symbole de cette vision d’une sécurité sociale reléguée au rang d’assurance commerciale dont le premier effet est de réduire de manière significative, notamment pour les plus précaires, les coûts des soins non remboursés. Aujourd’hui, près de 10 % du coût des soins est pris en charge par les malades eux-mêmes.

En France, cinq millions de personnes ne bénéficient d’aucune mutuelle complémentaire et 15 % de la population, soit environ 10 millions de personnes, a renoncé à se soigner au moins une fois en 2009 pour des raisons financières. A cette réalité s’ajoute entre autres exemples la grande difficulté pour des malades de trouver un médecin à la campagne et des spécialistes en secteur 1 à Paris et dans les grandes villes, où les consultations de dentiste et d’ophtalmologiste par exemples dépassent bien souvent 50 euros.

Cette situation s’aggrave d’année en année alors que la recherche scientifique et médicale continue de faire des progrès dans de nombreux domaines. Si on n’y prend pas garde, ces avancées de la science et de la médecine ne seront réservées qu’à une élite suffisamment riche pour payer des soins de plus en plus onéreux. Le risque est grand de voir le principe de solidarité qui fonde la Sécurité sociale disparaître au profit d’une société du chacun pour soi. Nous avons décidé d’écrire un essai dont le titre « Nous ne sommes pas coupables d’être malades » doit rappeler que le discours de culpabilisation des malades, utilisé par le gouvernement pour réduire progressivement la prise en charge des patients, aggrave la situation et masque les enjeux réels en matière de santé. Nous avons voulu proposer cinq pistes de travail et de réflexion pour fonder  une véritable politique de santé publique. L’organisation des soins, de l’hôpital mais aussi de ce qu’on appelle la médecine de ville, c’est à dire l’ensemble des médecins libéraux, la formation des personnels soignants, la place de l’industrie pharmaceutique, aujourd’hui trop importante et facilitant les collusions d’intérêt pour de nombreux professionnels, la prise en compte d’une vraie politique de santé environnementale, tout comme les modalités de financement de notre système sont autant de thèmes que nous développons.

Les prochains mois et les échéances électorales, notamment présidentielles, doivent être l’occasion d’aborder l’ensemble de ces thèmes et sortir de l’approche simpliste qui vise à aborder la santé sous l’angle unique du déficit de l’assurance maladie. Refusons la simplification du discours afin de ne pas esquiver ce débat aussi nécessaire qu’urgent.

David Belliard et Alix Béranger

Alors que Roselyne Bachelot maintient le cap dans ses déclarations et nie la rupture de soin. Elle annonce a grand cout médiatique que 2011 sera « l’année des droits des malades ». Le premier droit des malades madame Bachelot, c’est un accès aux soins pour tous en préservant la solidarité nationale.

Alors face à cet enjeu que faisons nous ?

A nous de décider