L’Institut du Climat et de l’environnement pourrait sortir de terre sur le Plateau de Saclay en 2017. En attendant le bouclage de ses financements, les actuels locaux du laboratoire commencent à être vieillissants.

Institut du climat

A gauche, un alignement de congélateurs qui conservent les carottes de glace (MM/EI)

C’est au sein de l’Orme des Merisiers, une zone dédiée à la recherche du CEA, à deux pas de l’imposant site de Saclay, que se trouvent les locaux du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. Du moins une partie des équipes. Cette unité mixte occupe également d’autres locaux, situés au sein du CNRS de Gif-sur-Yvette, dans la vallée en contre-bas. C’est dans ces lieux, notamment, qu’ont lieu les recherches sur les compositions de l’atmosphère et les températures sur des périodes dépassant les 800 000 ans (lire notre article).

Bien que les différents chercheurs et professionnels du Laboratoire ne se plaignent pas, il faut peu de temps à l’intérieur des lieux pour découvrir la vétusté d’une partie des locaux, qui datent des années 50. A cours d’une visite pour Essonne Info, différentes parties de l’édifice ont été traversées, et outre les salles de travail réservées aux équipes de recherche, qui contiennent du matériel de pointe, beaucoup d’espaces sont devenus obsolètes. A l’image des impressionnants sous-sol du bâtiment, qui abritent un ancien accélérateur linéaire du CEA, véritable cathédrale souterraine de 200 mètres de long.

« C’est très stable, notamment pour stocker le matériel ou les carottes de sédiments » philosophe François Marie-Breon, le responsable des lieux. Pourtant, début novembre, l’un des directeurs du CEA racontait à Essonne Info le décalage ressenti avec d’autres structures de ce type lors de ses déplacements : « je vois ici au Japon, ou en Corée ou en Chine, la qualité de leurs laboratoires, qui n’ont pas la même aura, et qui travaillent pourtant dans des conditions matérielles nettement différentes ». Ici, on parlera plutôt préfabriqués et algécos, en avouant une « saturation » au niveau des locaux.

C’est en partie pour cela que la construction de l’Institut du climat et de l’environnement – ou ICE – est plus qu’attendue chez les pontes du CEA et de la recherche du climat dans le pays. L’édification du nouvel institut est estimée à 36 millions d’euros, mais une partie de ses financements reste à confirmer, comme nous vous l’expliquions début novembre (lire notre article). Les collectivités doivent s’engager dans ce projet, pour que le CEA puisse lancer les travaux dès le premier semestre 2015. C’est en tout cas le souhait émis par la direction de l’organisme de recherche d’Etat.

Recueillement des données atmosphériques à l'aide de plusieurs appareils. (MM/EI)

Recueillement des données atmosphériques à l’aide de plusieurs appareils. (MM/EI)

Les financements débloqués au CPER?

Une vision partagée par le Département, qui votait sur ses grands projets d’investissement lors de la dernière séance publique du Conseil général. Ses priorités dans le cadre des politiques contractuelles ont été votées pour la période 2015–2020. Le CG vient ainsi de s’engager sur une participation de 6,5 millions d’euros pour la construction de ICE, parmi les 60 M€ consacrés au volet enseignement supérieur, recherche et innovation (274 millions sont fléchés sur les transports). Ne reste maintenant plus qu’à attendre le feu vert de la Région, dans le cadre du Contrat de projet Etat-Région (CPER).

Ce CPER engagera les acteurs publics jusqu’en 2020, et les projets retenus auront des conséquences sur l’aménagement et le développement de certains territoires. Il concerne notamment les investissements à réaliser pour de nouvelles lignes de transports, ainsi que d’autres politiques publiques. L’enseignement supérieur et la recherche seront par exemple un « volet très important du CPER » indique Marie-Pierre de la Gontrie, la 1ère vice-présidente de l’exécutif régional chargée des finances. Mais la décision n’est toujours pas prise.

Le président Jean-Paul Huchon juge que « la Région sera placée sous les feux de la rampe lors du sommet climat », avec le lancement d’un programme dédié aux Franciliens sur la thématique climat. Quant au nouvel institut, après la présentation d’une première mouture, et une enquête publique, le président de la Région espère le vote final du CPER pour le mois d’avril. Concernant ICE, il annonce que le projet est « en bonne voie » mais qu’il reste pour l’instant « en discussion ». De son côté, Valérie Pecresse, chef de file de l’UMP francilienne, « demande un engagement ferme sur ICE », qui n’est selon elle « pas négociable, notamment avec la tenue de la conférence climat à Paris ». Et de juger que cet institut « fera de la France une nation à la pointe de la recherche sur le climat ».

Jean-Paul Huchon, pour sa part temporise : « le préfet a reçu son mandat il y a 15 jours (pour le CPER), il faut laisser le temps de la concertation » clame-t-il. Pas sûr que ce soit de nature à rassurer les personnes impliquées sur le projet ICE. Même si on se montre confiant du côté du CEA, avec notamment une capacité de trésorerie envisageable grâce aux Investissements d’avenir.