Lundi dernier, les trois collèges de Grigny se sont mobilisés contre la mise en place du nouveau dispositif ECLAIR (lire plus bas). Lors d’une conférence de presse, les personnels ont mis en lumière les dangers pour des équipes éducatives de voir se mettre en place c nouveau fonctionnement. A quelques jours de la manifestation nationale de samedi pour l’éducation, syndicats et parents d’élèves expriment le malaise ressenti par toute une communauté (lire notre article).

Le 3 Mars dernier, les professeurs des trois collèges de Grigny apprennent que leurs établissements entrent dès la rentrée 2011 dans le dispositif ECLAIR: Ecole, Collège, Lycée, Ambition innovation réussite. Luc Chatel l’avait annoncé en Avril 2010. Ce nouveau système prévoit de réformer le fonctionnement des établissements dits ZEP (Zone d’Education Prioritaire) et RAR (Réseaux Ambition Réussite). En clair, c’est un nouveau fonctionnement qui est mis en place par le gouvernement pour l’éducation prioritaire. Du coté des personnels, la nouvelle n’est pas la bienvenue. En effet, les conseils d’administrations avaient déjà rejeté la proposition d’expérimentation en 2010. Le contenu du projet ECLAIR crée la polémique.

Le dispositif ECLAIR est une idée issue des Etats Généraux contre la violence, suite aux différents faits divers survenus dans l’enceinte de certains établissements au cours de l’année 2010. Le gouvernement voit en cette mesure le moyen de sécuriser les établissements difficiles. Ces détracteurs voient dans cette logique sécuritaire, étendue au système éducatif, une grave dérive de la vision française du système éducatif. Le nouveau système a créé la polémique en proposant la création d’un poste de « Préfet des études » qui serait chargé d’un suivi personnalisé des élèves afin de prévenir les actes de violence et l’absentéisme. De nombreuses personnes comparent ce poste à celui de « super-CPE » ou « proviseur adjoint bis », d’après la circulaire de Juillet 2010, ce sera « un membre de l’équipe de direction sous l’autorité du chef d’établissement« .

D’autres points sont remis en cause par les grévistes, notamment celui qui devrait donner au chef d’établissement la capacité de recruter lui-même les enseignants et les CPE, sur profil. Le chef d’établissement déclinerait lui-même ses « objectifs de mission » sur des contrats a durée déterminée d’une durée de cinq ans. D’un point de vue pédagogique, le plan ECLAIR prévoit de favoriser l’orientation des élèves vers les filières professionnalisantes. Le programme des collèges devrait être réduit au simple socle commun imposé par les lois de 2007. En simplifiant les programmes des établissements prioritaires, le taux de réussite en seconde générale des élèves qui en sont issus risque de se dégrader un peu plus. Sur ce point, la communauté éducative dénonce l’abandon des ambitions que s’était donné l’Éducation Nationale, d’une égalité des chances sur tout le territoire afin d’atteindre un nombre optimal de bacheliers.

La rencontre entre Alain Boissineau, recteur de l’académie de versailles, et une délégation du personnel en grève n’a pas l’air d’avoir porté ses fruits. En effet, l’assemblée générale qui s’est déroulé lundi matin à la sortie de l’entretien a pris la décision de faire une journée de grève supplémentaire la semaine prochaine. L’après-midi, les personnes mobilisés sur Grigny sont allées manifester devant le rectorat pour faire entendre leurs revendications.