Socialistes, écologistes et communistes devraient se retrouver début 2015 en vue de conclure une alliance pour les élections de mars. La perspective de signer un accord départemental entre les membres de l’actuelle majorité au Conseil général avant les vacances semble s’éloigner.

PS - EELV - PRG - PCF

Ce mercredi soir, les militants PS du département votaient pour ratifier leurs listes en vue des prochains scrutins. Outre celle des Régionales de 2015, qui fait consensus dans la fédération, les binômes qui se présenteront en mars prochain aux élections départementales ont été désignés. L’ensemble sera validé ce jeudi soir lors d’une convention fédérale qui réunira les cadres socialistes essonniens. Sur les 42 sièges de titulaires à pourvoir, au sein des 21 nouveaux cantons, 14 sont gelés par les socialistes afin d’ouvrir la voie à un accord avec leurs partenaires de gauche.

« On n’attend plus que la fumée blanche » indique Jean-Patrick Le Duc, le secrétaire d’Europe Ecologie-Les Verts en Essonne, « nous on est d’accord avec les socialistes, suite à nos rencontres bi-latérales plus que positives ». Le secrétaire du PS 91 Carlos Da Silva se voulait même la semaine dernière plutôt confiant : « on devrait signer dans les prochains jours ». Mais si chacun espérait en effet la conclusion d’un accord départemental avant la fin décembre, il faudra vraisemblablement attendre encore un peu. Avec l’approche des vacances de Noël, cette perspective semble pour le moment s’éloigner, et les membres de la majorité départementale pourraient se retrouver à la rentrée janvier pour signer

Car la gauche espère être en ordre de bataille pour tenter de sauver sa majorité au Conseil général, qu’elle dirige depuis 1998. Ce mercredi matin sur France Info, le président du CG Jérôme Guedj s’est exprimé en ce sens : « je n’ai pas envie d’être balayé pour des raisons qui m’échappent » et appelant les électeurs à « ne pas se tromper de colère ». Contacté par Essonne Info, celui qui a également été choisi ce mercredi comme chef de file des socialistes pour le département ne semblait pas vouloir s’exprimer sur la situation en Essonne. Du côté de Carlos Da Silva, les discussions sont « en cours… » avec les partenaires.

Car si les voyants sont au vert pour le PS, les écologistes d’EELV et le PRG – qui pourrait avoir un candidat en position titulaire – tout n’est pas fixé du côté du Parti communiste. Bien que les conseillers généraux sortants souhaitent repartir avec les socialistes, les responsables PCF ne veulent pas précipiter les choses. « S’il y a du désarroi, de la colère et de la démobilisation dans le peuple de gauche, c’est que le gouvernement a opté pour une politique tournant le dos aux attentes populaires. Le Parti socialiste de l’Essonne doit y réfléchir » indique Philippe Camo, le secrétaire du PCF 91 dans un communiqué.

Le PCF doit encore se prononcer

Alors que les socialistes ont fait entendre qu’en cas de non-acceptation de l’accord, avec six postes de candidats titulaires gelés pour les communistes, ils mettraient des candidats partout où sont présents les élus PCF-Front de gauche, la fédération essonnienne hausse le ton : « nous n’accepterons aucune pression visant à précipiter les décisions que prendront, en conscience, les communistes dans le respect des débats démocratiques et de nos règles statutaires ». Les discussions reprendront donc en janvier, et un accord pourrait alors se dessiner au niveau départemental.

Au PCF, ils sont plusieurs à vouloir partir dès le premier tour avec les socialistes. A l’image de Philippe Rio, le maire de Grigny, qui soutient la candidature de son adjointe Yveline Le Briand : « il faut un large rassemblement à gauche, car oui, le Conseil général est utile pour les Essonniens, et il y a des socialistes ici qui apportent des critiques à ce gouvernement ». Mais toutes les sections locales communistes ne l’entendent pas de cette oreille, et elles gardent la main sur les désignations des candidats aux prochaines élections. « C’est compliqué » souffle un cadre fédéral du PCF en parlant de l’accord à venir avec le PS, et explique qu’il y a « trois ou quatre cantons où ça coince ».

Une perspective qui ne réjouit ainsi pas certaines sections communistes, qui ne veulent pas entendre parler d’un accord avec le PS, accusé de mener une politique « d’austérité » à l’échelle nationale. Partenaire du PCF au sein du Front de gauche depuis 2009, le Parti de gauche fera pour ce scrutin très probablement bande à part. « On va partir sur des listes citoyennes, partout où cela est possible » confie Mounia Benaili, co-secrétaire du PG 91. Souhaitant poursuivre l’initiative de « l’opposition de gauche » en Essonne, la conseillère municipale de Juvisy souhaite que des candidatures « partent de la base » dans une démarche qui pourrait se nommer « majorité citoyenne », à l’image de ce que réalise le parti de Jean-Luc Mélenchon dans le Jura ou la Haute-Garonne.

Reste la situation singulière du canton de Viry-Chatillon qui fait polémique pour le PG. Son élu sortant Paul Da Silva, également conseiller municipal, fait partie de l’actuelle majorité départementale, et compte bien repartir aux côtés de ses collèges du CG, avec le soutien du PS. Ce qui divise profondément les membres du Parti de gauche. « Son discours de rassemblement au Département se tient, mais ce n’est pas la ligne du PG » explique Mounia Benaili.

Tout ce petit monde devrait ainsi se revoir début janvier, ce qui retarde en partie les plans du PS, qui a bien l’intention de partir au combat dans une campagne à l’échelle du département. Ses candidats connus désormais vont pouvoir commencer leur travail par canton.