Deux antennes en Essonne – Ris-Orangis et Courtaboeuf – de l’Ecole de la 2è chance permettent à des dizaines de jeunes déscolarisés de pouvoir chaque année se réinsérer.

Déjà dix ans que l’Ecole de la 2è chance (E2C) s’est implantée à Ris-Orangis. Visant à rattraper les jeunes de 18 à 25 ans sortis sans diplôme du milieu scolaire, le principe de la pédagogie qui y est délivrée est celle de l’accompagnement à la définition d’un projet professionnel, de manière personnalisée et avec des enseignements généraux ponctués de stages en entreprises.

Ouverte en Essonne en 2004 à Ris-Orangis, elle a été complétée en 2009 d’une antenne située dans la zone de Courtaboeuf, afin de bénéficier à un maximum de jeunes. Ce jeudi 11 décembre, une cérémonie s’est déroulée dans les locaux de l’antenne rissoise, au cours de laquelle les créateurs et institutions partenaires ont célébré le travail réalisé par les équipes de l’E2C. Pour l’occasion, l’ancienne Première ministre Edith Cresson, qui lança en 1995 l’idée d’une nouvelle pédagogie à la Commission européenne, a fait le déplacement. « Nous touchons 15000 jeunes sur les 150 000 qui sortent du système scolaire chaque année, c’est déjà beaucoup, même si ça serait mieux si tous les jeunes ne sortaient pas du système ».

En Essonne, ce sont quelques 1368 jeunes filles et garçons qui ont pu suivre les dix mois du programme, qui en plus des cours et des stages, comprend du sport ainsi que du théâtre. Environ 70% des stagiaires trouvent une solution à leur sortie de l’E2C, généralement un emploi ou une formation. Président de l’école après le départ de Thierry Mandon au gouvernement, le conseiller général Guy Bonneau insiste sur les résultats obtenus par l’équipe : « on voit directement l’impact de ce qu’on fait, ce qui en politique est une chance ». Même constat pour Dominique Dujardin, le directeur de l’Ecole de la 2è chance : « il s’agit de lutter face au décrochage, cette école apporte sa pierre à l’édifice ».

Delphine a suivi le parcours de l’E2C il y a quelques années, lorsqu’elle cherchait un moyen de se relancer. « Cela m’a permis de me poser et de pouvoir tester plusieurs secteurs » indique-t-elle, en s’orientant ensuite vers une formation en bureautique, « j’ai aujourd’hui accumulé plusieurs postes en secrétariat notamment ». De son côté, Grégory, 22 ans, vient de commencer le cursus il y a tout juste trois semaines. Ayant un attrait pour le « travail manuel », il compte profiter de ces mois au sein de l’école pour « construire [son] projet, et toucher différents métiers » explique-t-il. Depuis qu’il a arrêté sa scolarité en seconde, il a eu « plusieurs petits jobs », et lorsque la mission locale lui a proposé l’E2C, il s’est laissé convaincre : « je devais tenter le coup ».

Comme lui, ces jeunes gens se voient proposer un cadre. Un accès à l’autonomie facilité par les cours dispensés ainsi que le travail des tuteurs. Ceux-ci orientent les stagiaires de l’E2C, les aident dans les questions administratives, et surtout « leur donnent confiance en leur avenir » selon les mots de Guy Bonneau.