Des centaines d’Essonniens vivent sur l’eau… Certains ont choisi de s’amarrer au Port aux cerises de Draveil. Visite à bord de ces bateaux-logements.

Le terme « péniche » est souvent utilisé pour évoquer les bâtiments de commerce fluviaux ou plus récemment, les bateaux-logements. A l’origine pourtant « les péniches étaient des chalands en bois qui n’avaient pas de moteur. Elles étaient halées par une paire de chevaux sur les chemins de halage ou à force d‘hommes », explique Gilbert Saoût, marinier depuis trois générations. « Pour vous les gens d’à terre, ce sont toutes des péniches, mais en réalité ce sont des automoteurs Freycinet », poursuit-il.

Les bateaux-logements eux, ont réellement connu leur essors dans les années 80. « L’arrivée du socialisme et du communisme en 1981 a favorisé le transport ferroviaire au détriment du transport fluvial. Les mariniers étaient des artisans indépendants et nomades. Ils n’ont pas su se fédérer contre les syndicats de cheminots », explique Gilbert Saoût. La profession fait faillite, les bateaux de commerce fluviaux sont alors vendus à prix d’acier’acier.

Quelques années plus tard, nombreux ont choisi de vivre au fil de l’eau…  Vedettes hollandaises, house-boats, yachts ou encore bateaux Freycinet sont amarrés en bord de Seine ou dans des ports de plaisance. Le Port aux cerises, situé sur la commune de Draveil est devenu incontournable . « On compte 45 bateaux habités, ce qui fait une centaine de personnes qui vivent au port aux Cerises à l’année » raconte Didier, arrivé au Port aux Cerises il y a un an.

Chacun son histoire

Situé à l’entrée de la base de loisir du même nom, ce port de plaisance accueille des dizaines de bateaux amarrés en bataille autour de ses quatre pontons. Au milieu des automoteurs Freycinet, des voiliers ou autres barques de pécheurs, des mouettes et des cormorans pêchent. La vie au port change au gré des saisons. L’hiver est souvent plus rude. Les bateaux souffrent plus ou moins de l’humidité, le chauffage est indispensable. « C’est plutôt la condensation qui pose problème », explique Agnès, habitante du port.

L’été, les activités sont bien différentes. Portes et hublots restent ouverts, les plaisanciers partagent des barbecues sur les pontons. C’est aussi la saison du bricolage, des travaux, sans oublier celle des navigations. Pour Didier, c’est d’ailleurs cette appétence ou non pour la navigation qui divise les propriétaires de bateaux en trois catégories : les marins qui, comme lui, voyagent dès qu’ils en ont l’occasion. Les plaisanciers qui sortent de temps en temps. Et les sédentaires qui ne bougent jamais leur bateau.

Interrogés sur leur choix de vivre sur l’eau, ces habitants au pied marin ont chacun leurs motivations. Pour certains, c’est simplement la réalisation d’un vieux rêve, une envie de voyager… Pour d’autres les aléas de la vie, comme un divorce ou une rencontre, les ont posé là. Très souvent, l’envie de se sentir libre revient dans les discours de ces marins d’eaux douces.

Ces habitants ont accepté de partager une petite partie de leur expérience :
Didier a acheté en 2010, un Trawler de 11,25m baptisé Harmonie. Gaël se prépare à traverser les océans sur son voilier de 11m. Marie-Brigitte raconte la sortie en cale sèche d’Aubade, un Freycinet de 22m. Sur sa vedette anglaise, le Mahury (12m), Adrien entame son deuxième hiver. Agnès et Hervé quant à eux, partagent leur vie sur le Sologne, un Freeman de 11m.

Article écrit en collaboration avec Gérald Delin.