Réunis pour leur conseil d’agglomération jeudi dernier, les élus du Plateau de Saclay se sont prononcés à l’unanimité contre le projet d’intercommunalité de 800 000 habitants de Massy à Versailles.

Ils sont formellement opposés au projet des nouvelles agglomérations, qui impliquerait l’entrée du Plateau de Saclay dans une large structure intercommunale allant de l’Essonne aux Yvelines. 800 000 habitants seraient appelés à se regrouper, ce qui en ferait la plus grosse « super agglo » de la région après la Métropole Grand Paris. Mais si les élus des différentes villes de la Caps (agglo du plateau de Saclay) se sont prononcés à l’unanimité contre le schéma proposé par le préfet de région, plusieurs périmètres sont envisagés par les maires des communes concernées.

Maire (UMP) de Gif-sur-Yvette et président depuis avril de la Caps, Michel Bournat, parle de « motifs cumulatifs » pour expliquer ce rejet. « Sur les compétences de cette future agglo, il y aura un alignement sur celle qui est le plus intégré » explique-t-il, en parlant de Saint-Quentin-en-Yvelines qui est une ancienne ville nouvelle. De la même manière, se pose selon lui la question de la mutualisation des dettes : « il y a un enjeu fiscal, car comme les dépenses et les recettes, les dettes seront mises en commun » (voir plus bas).

Au delà, c’est aussi la question de la taille du périmètre envisagé qui ne convient pas au président de la Caps. Pour Michel Bournat, « avec 58 communes, cela posera des problèmes de gestion, on risque de se trouver en inertie », et de pointer le fait que « les bassins d’emploi sont différents entre Marcoussis-Nozay et Poissy ». Selon le maire de Gif, il faut surtout « une corrélation entre la taille et l’avancement des projets », faisant référence à la zone concernée par l’Opération d’intérêt national (OIN) Paris-Saclay. Comme d’autres, il plaide pour un rapprochement avec Europ’Essonne (Massy, Longjumeau, Marcoussis) voire la communauté de communes de Limours située plus au sud.

Son prédecesseur à l’agglomération et conseiller municipal de Palaiseau David Bodet juge pour sa part « consensuelle » la motion adoptée à l’unanimité des élus communautaires. Bien qu’il indique ne pas souhaiter se limiter à la fusion avec Europ’Essonne : « il y a un territoire cohérent autour de la future ligne 18 du métro, ainsi que dans un sens économique et d’innovation autour du Plateau ». L’élu qui voit ainsi l’utilité d’un mariage avec l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, « car l’université Versailles-Saint-Quentin est déjà intégrée à l’université Paris-Saclay ».

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