Le Contrat de développement territorial Paris-Saclay est en débat du 17 novembre au 20 décembre. Dans le cadre de cette enquête publique, la ville de Palaiseau demande une baisse de 20% du nombre de logements annoncés dans le quartier Polytechnique.

Le devenir du plateau de Saclay fait l’objet d’une enquête publique, pour tout ce qui concerne l’aménagement des lieux.  Les deux principaux secteurs concernés, le quartier de Polytechnique à Palaiseau à le Moulon à Orsay-Gif, vont voir dans les années qui viennent se construire une forte quantité de bâtiments, dédiées au monde universitaire et de la recherche, ainsi qu’aux entreprises, avec des logements en prévision. Le métro 18 y est aussi attendu pour 2023 (travaux prévus pour 2019), avec l’apparation de stations dans chaque zone de ce versant sud du Plateau.

Ce Contrat de développement territorial (CDT) du plateau de Saclay est soumis à une enquête publique du 17 novembre au 20 décembre. La ville de Palaiseau, concernée au premier chef par ce projet de développement, s’est prononcée lors du conseil municipal du 12 novembre dernier, en émettant un avis sur le cas du quartier Polytechnique. Appelé à se densifier au regard ‎de l’Operation d’interet national (OIN) du Plateau, ce secteur doit voir sortir de terre dans les prochaines années plusieurs instituts, écoles et laboratoires de recherche. Dès zones d’habitation sont également envisagées, avec un projet initial qui prévoit la construction de 2600 logements étudiants, ainsi que 2500 logements familiaux, liés au développement du cluster.

Une densification contestée lors de la campagne municipale de mars dernier. Notamment par celui qui était alors opposant et qui est depuis devenu maire, Grégoire de Lasteyrie. Ce dernier souhaitait réviser ce projet de base, et invitait les Palaisiens le 4 novembre dernier à une réunion publique sur ce CDT. Il y a fait part de l’avis proposé par sa majorité, qui porte principalement sur une demande de révision du schéma actuel, en abaissant de 20% le nombre de logements familiaux prévus sur le Plateau. « On demande de réduire de 20% le projet de logements sur la ZAC » a annoncé aux Palaisiens le nouveau maire. Il s’agit d’une diminution de 500 logements par rapport à ce qui est envisagé, ‎« afin de maîtriser l’urbanisation, et qu’il y ait une adéquation entre l’arrivée des transports et la livraison des nouveaux logements ».

Une « farce » pour l’opposition

Selon Grégoire de Lasteyrie, cette initiative est le fruit d’une démarche de concertation, « commencée en juillet et suivie de plusieurs rencontres avec les associations environnementales » , qu’il espère payante : « si on l’obtient ce serait une exception en Ile-de-France ». Voté au conseil municipal du 12, cet avis n’est en tout cas pas bien perçu du côté de l’opposition municipale, qui défend le projet de CDT tel que présenté. Ancien président de l’agglomération (2012–2014) et élu socialiste, David Bodet juge ainsi que le document actuel « est bien fait, et a le mérite d’aborder toutes les thématiques ». Il s’agit d’après lui d’un projet « cohérent, qui a été travaillé par les 7 maires concernés et les associations » avant les élections de mars 2014.

L’opposant ne voit ainsi pas d’un bon oeil cette volonté de diminuer le nombre de logements : « c’est une farce, car 500 logements, ça ne se joue pas à ça sur la question des nuisances ». Selon David Bodet, cet avis correspond tout simplement à « un effet d’affichage » de la part du nouveau maire, qui pose pour lui le risque de voir se construire « des zones d’activité désertées le soir et le week-end si il n’y a pas de vie ». Grégoire de Lasteyrie manque pour l’élu d’opposition de « vision stratégique » sur le Plateau. Autre opposant, le conseiller municipal écologiste Michel Rouyer juge que cet avis « ne change pas beaucoup » le projet initial. Il faudrait plutôt pour lui « revoir globalement le projet sur le Plateau, et pas faire des révisions à la marge ».

Voté à l’issue d’un débat au conseil municipal, cet avis a été intégré dans celui de l’agglomération le lendemain. Mais sur le périmètre de l’OIN, l’Etat aura bien le dernier mot, car c’est lui qui délivre les permis de construire sur ces quartiers en devenir. Grégoire de Lasteyrie se veut pour sa part confiant sur l’adoption de ces modifications : « on ne demande pas trop, je pense que ce sera assez consensuel, nous devons éviter le phénomène vu sur le quartier Camille Claudel, et miser sur l’arrivée des transports avant d’avoir trop densifié la zone ».