Après avoir fait connaître leur hostilité vis-à-vis de la Métropole du Grand Paris par le biais d’une consultation dimanche 9 novembre, c’est maintenant au conseil municipal de Wissous d’infirmer ou de confirmer le résultat du vote. Une décision plus qu’importante pour l’avenir de la commune.

Wissous

C’est presque devenu monnaie courante en Essonne ces derniers temps. Avant les élections départementales de mars prochain, ou encore les élections municipales partielles qui se tiendront à la Ferté-Alais début décembre, une partie des Essonniens était appelée à voter ce week-end. Outre la votation citoyenne organisée par le Parti de Gauche dans quelques communes du département, les habitants d’une ville en particulier étaient attendus dans leurs bureaux de vote respectifs. Ces habitants, ce sont les Wissoussiens.

Ce dimanche 9 novembre, la municipalité de Wissous invitait ses administrés à se prononcer pour ou contre l’intégration de la commune au projet de Métropole du Grand Paris. « Une première pour une commune », soulignait son maire Richard Trinquier peu de temps avant le résultat de cette consultation de la population. « Habituellement, seul le conseil municipal donne son avis sur de tels points ».

Le « non » est ressorti des urnes largement en tête en remportant près de deux tiers des suffrages (65,01% contre 34,99%). Néanmoins, le taux de participation ne dépasse pas la barre des 50% (Ndlr : 24,77%). N’étant pas jugé assez haut par le maire qui s’était engagé à suivre l’avis de ces concitoyens uniquement si le taux de participation dépassait les 50%. Ce sera donc au conseil municipal qui se réunira ce mercredi 12 novembre de trancher sur ce dossier.

Une équipe mobilisée pour le « non »

L’enjeu est de taille pour cette petite commune du nord du département peuplée de plus de 6 000 habitants,enclavée entre l’aéroport d’Orly, l’A6 et le chemin de fer. Cette consultation pouvait avoir « un rôle déterminant pour l’avenir de la ville », note Richard Trinquier. Car il faut savoir que la situation de Wissous est plus que complexe. La cause ? Les nouveaux plans de restructuration territoriale de la région Île-de-France. Annoncé peu de temps après l’arrivée de Manuel Valls au poste de premier ministre, puis confirmé cet été par le préfet de région, les intercommunalités telles que nous les connaissons dans le nord du département sont amenées à disparaître au profit d’agglomérations géantes. Parallèlement à cela, Paris et ses départements limitrophes formeraient une entité unique de plus de 6 millions d’habitants : la Métropole du Grand Paris.

Concernée par le schéma territorial des intercommunalités géantes, Wissous pourrait également l’être par le Grand Paris. « Les limites du projet peuvent évoluer selon les différents avis que donneront les communes concernées par le projet, explique Richard Trinquier. Si Wissous est amenée à intégrer la Métropole du Grand Paris, cela impliquera de grands changements pour notre commune. Voilà pourquoi il était important que nous nous penchions sur ce sujet pour choisir notre avenir ».

Défenseurs du « non », Richard Trinquier et sa majorité assurent que si Wissous se positionne pour une entrée dans le Grand Paris, la ville pourrait « être noyée » dans une collectivité qui réunira plus de 340 communes. « À quelle représentation aurons-nous droit, nous village de 6 000 âmes, se questionne l’édile qui prône l’entrée dans une intercommunalité aux dimensions « plus humaines ». Autre souci de taille pour l’élu wissoussien, la gestion de la politique locale de l’habitat. « L’État retire aux communes le droit de décider sur des points essentiels comme la maîtrise de son PLU ou l’implantation de nouveaux logements sociaux. Appartenir à une autre métropole, plus petite en taille, pourrait nous permettre de gérer plus facilement ce point », analyse Richard Trinquier. « Dans la Métropole du Grand Paris, autant dire que Wissous ne ressemblera plus au village vert qu’il est aujourd’hui », souffle le conseiller régional écologiste Jean-Luc Touly.

Wissous devra sans doute faire des concessions

Partisane du « non », la majorité municipale se prononcera lors du conseil municipal de ce mercredi 12 novembre. Toutefois, il se pourrait que cette décision implique pour la commune de faire des choix. Wissous fait partie des villes membres du CDIT d’Orly. Ce Contrat de Développement d’Intérêt Territorial, non négligeable dans le développement économique du secteur regroupe de nombreuses communes. À cheval sur le Val-de-Marne et l’Essonne, il se pourrait que le CDIT soit englobé, lui et toutes les communes qui l’ont signé, dans un même territoire : la Métropole du Grand Paris. « C’est en tout cas ce qui circule en ce moment, même si rien n’est encore acté, confirme Richard Trinquier. Le CDIT propose des intérêts économiques importants. Si celui-ci intègre le Grand Paris, nous serons imposés par la métropole et par le département de l’Essonne. Ce sera une double peine ».

À ce titre, « nous devrons sans doute faire des concessions, confie Jean-Luc Touly. Mais je ne désespère pas de voir Wissous en dehors de la Métropole du Grand Paris et toujours dans le CDIT ».

Wissous

Une expérience à renouveler ?

Voilà donc quelle sera la tâche du conseil municipal qui se réunira ce mercredi 12 novembre au soir. Le taux de participation de la consultation de la population n’étant pas assez élevé pour être légitime, les membres du conseil municipal trancheront sur ce dossier. Pour le maire, le résultat du vote devrait être confirmé par son équipe. « Il ne reste plus qu’à connaître quel sera le choix de l’opposition ».

Dans tous les cas, Richard Trinquier s’est dit satisfait du processus entamé il y six mois maintenant. « Quand nous avons pris connaissance des futures évolutions, nous avons mis en place une commission extramunicipale. C’est une commission indépendante du conseil composée d’aucun élu municipal. Ils ont travaillé sur le sujet depuis le mois d’avril ». « C’est une manière plus objective de traiter le dossier », affirme Jean-Luc Touly qui siège au sein de cette commission. « Nous avons organisé des enquêtes et des réunions publiques avant ce vote ».

Quant au vote, même si seulement un quart des électeurs est venu voter ce dimanche 9 novembre, l’expérience est globalement positive pour la municipalité. « Bien sûr, nous aurions aimé avoir plus de 50% des électeurs qui se déplacent, admet le maire. Mais avec un sujet si complexe à expliquer aux habitants, en plein pont du 11 novembre, cela n’était vraiment pas gagné d’avance », ironise Richard Trinquier.

Séduite par cette expérience, la municipalité pourrait organiser un nouveau vote dans les prochaines semaines si le conseil municipal se prononce sur un refus du Grand Paris. « Nous consulterons de nouveau notre population pour connaître le choix de notre future agglo », conclut le maire.