Le projet de construction du nouvel Institut du Climat et de l’Environnement, appelé ICE, sur le Plateau de Saclay est dans l’incertitude. Son financement par l’Etat et la Région reste à confirmer.

Ce sera la référence française en matière de climatologie, avec quelques 300 chercheurs regroupés au sein d’un institut de pointe en matière d’étude du changement climatique. ICE, pour Institut du climat et de l’environnement doit voir le jour en 2017. D’une taille de 10 000 mètres carrés, il sera occupé par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), unité de recherche mixte du CEA, du CNRS et de l’université Versailles-Saint-Quentin.

La première pierre de cet institut doit être posée en 2015. Mais à ce jour, l’incertitude demeure quant au bouclage des financements nécessaires à l’édification de ce pôle de recherche. La décision se fait en effet attendre sur la signature du Contrat de projet Etat-Région (CPER), qui doit intervenir avant la fin de l’année. Le directeur des Sciences de la matière au CEA exprime ainsi ses craintes dans une interview à Essonne Info sur les délais prévus.

En septembre dernier, l’élue à la Région Valérie Pécresse a écrit à la ministre de l’Ecologie pour lui faire part de ses doutes quant à l’avenir de ce projet. « L’ICE ne disposerait d’aucune assurance quant au financement par la Région et l’Etat des 7 millions d’euros nécessaires »  écrit la chef de file de l’UMP francilienne. A la Région, on indique que le CPER n’étant pas signé, il n’est « pas possible de se prononcer pour l’instant » mais il n’y a « aucune raison qu’on ne soutienne pas l’ICE » insiste-t-on.

Des « conséquences désastreuses » si le projet était abandonné

Du côté du Département, sollicité également dans le tour de table, on se veut aussi confiant. « J’aimerais que ça se construise le plus rapidement possible » indique David Ros, l’élu au Conseil général chargé de la Recherche. Le CG contribuera ainsi « dans le cadre du CPER » à hauteur de « 5 à 6 millions d’euros » selon le vice-président, qui estime « prioritaire »  le projet. Mais David Ros sait que « la fenêtre est étroite » en terme de délai et affirme comprendre les inquiétudes.

ICE (DR)

ICE sera localisé à proximité du Synchrotron Soleil, dans la zone du Moulon (DR)

Valérie Pécresse parle de « conséquences désastreuses » dans le cas où le projet ne verrait pas le jour. Dans l’attente de la signature du CPER, que certains envisagent pour décembre, la Région indique avoir voté une subvention de 600 000 euros à sa dernière commission permanente des 16 et 17 octobre dernier : « on trouve le projet intéressant » se justifie-t-on au Conseil régional. Mais dans la communauté scientifique, on reste sceptiques tant que les financements ne seront pas garantis. « On attend les décisions définitives, tout le monde se renvoie la balle pour l’instant » grince-t-on dans le laboratoire.

La construction de l’ICE doit améliorer encore nos connaissances sur le fonctionnement du climat, « passé, présent et futur », en étudiant les interactions et les évolutions des différents mécanismes en jeu. Le travail des chercheurs consiste ainsi à développer des systèmes de simulation et modélisation, permettant d’anticiper les conséquences des évolutions du climat.

Le projet du futur bâtiment. (DR)

Le projet du futur bâtiment. (DR)