L’hebdomadaire de l’Essonne fête ses 70 ans en ce mois d’octobre. En kiosque chaque jeudi, il est l’un des maillons essentiels du lien local sur les territoires.

C’est un anniversaire un peu spécial que fête l’équipe du Républicain de l’Essonne. L’hebdomadaire départemental vient en ce mois d’octobre 2014 de franchir le cap des 70 ans d’existence. Sous le titre « Organe du comité de libération de l’arrondissement de Corbeil » le journal apparaît pour la première fois le 6 octobre 1944. Soit quelques semaines après la Libération du territoire, qui ne s’appelait pas encore l’Essonne.

Son créateur Jean Bouvet, né à Corbeil en 1910, travaille dans l’imprimerie pendant la guerre, et met en 1942 son savoir-faire au service de la résistance. Journaux clandestins ou affiches sont produits par ses soins, ce qui lui vaudra de recevoir les insignes de l’ordre du Mérite. A la Libération, la presse française renaît, et Jean Bouvet lance à Corbeil avec le soutien des nouvelles autorités, puis d’entrepreneurs, l’hebdomadaire qui porte encore le nom « Le Républicain ». « Beaucoup de journaux ont été créés à la Libération, donc c’est l’anniversaire de pas mal de titres » souligne Robert Mendibure, l’actuel directeur de la publication et rédacteur en chef du Républicain.

En plusieurs dizaines d’années d’existence, l’hebdomadaire du « sud-francilien » devient celui de l’Essonne, et change à de multiples reprises son format et sa pagination. De quatre pages en raison de la pénurie de papier en 1944, il compte 22 pages en 1969, puis 40 en 1975, lorsqu’il installe sa rotative puis ses services à Evry. En 1983, il sort son 2000ème numéro, et l’entreprise de presse emploie alors 120 personnes. A son apogée, « l’hebdo numéro 1 du Val-de-Marne et de l’Essonne » édite également le journal gratuit Bonjour, et passe à 96 pages en 1988. Après la mort du fondateur Jean Bouvet en 1989, le journal se modernise, mais est freiné dans son développement par l’incendie de son imprimerie en 1993.

Le Républicain

Les nouveaux locaux spacieux et éclairés de Ris-Orangis. DR

« Ils attendent le journal pour savoir ce qu’il s’est passé à côté de chez eux »

Les années 2000 correspondent à plusieurs changements de propriétaire du titre. Le groupe Havas, devenu Vivendi, vend le Républicain au groupe de presse France Antilles, qui le cède ensuite au groupe Marcel-Dassault. Le groupe industriel achète en 2004 la société éditrice du Figaro, la Socpresse, qui détient aujourd’hui l’hebdomadaire essonnien à travers le groupe Semif Hebdos. « Heureusement qu’on a un actionnaire qui nous soutient » indique Robert Mendibure, qui décrit un paysage « peu brillant » pour la presse régionale, hebdomadaire ou quotidienne.

Depuis l’ouverture de son agence à Etampes en 2002, le Républicain se recentre sur « la petite locale » comme le définit son rédacteur en chef. Présent surtout dans le sud du département, il cherche à « être proche des gens », pour répondre au besoin de lecteurs qui « attendent le journal pour savoir ce qu’il s’est passé à côté de chez eux ». Et d’afficher une volonté de « proximité avec les associations, et tout ce qui fait vivre les communes ». « Quand un commerce ouvre, il faut que nous soyons là » illustre Robert Mendibure, dont le journal est diffusé à 10 000 exemplaires environ, « pour moitié en abonnement et l’autre moitié à la vente ». Le magazine gratuit Le Panorama est diffusé quant à lui grâce à de nombreux points de dépôt.

Autre force de l’hebdomadaire, ses pages « sport » qui font le lien avec les dizaines de clubs de tous niveaux et catégories en Essonne. En résumé, l’hebdomadaire se donne l’ambition de continuer à traiter d’une « grande variété de sujets », autour de ses thèmes de prédilection, la vie locale, l’actualité départementale et les faits divers. Le Républicain se met également à l’heure d’internet, avec un site et une présence sur les réseaux sociaux. Ses locaux sont installés depuis 2012 et le départ de la « tour » d’Evry, dans un espace d’activité de la zone du Bois de l’Epine à Ris-Orangis, et l’agence d’Etampes est ouverte en centre-ville. A la tête d’une équipe de 26 salariés, Robert Mendibure souhaite ainsi que le titre « dure le plus longtemps possible ».