Alors que la Cour des comptes épingle la gestion financière des collectivités, les élus locaux s’alarment de la baisse des dotations de l’État. L’Union des maires de l’Essonne parle d’accusations « infondées ».

En 2013, les collectivités territoriales « n’ont pas apporté la contribution attendue à la réduction des déficits publics. » Cette déclaration de la Cour des comptes qui présentait mardi dernier son rapport sur l’analyse financière des communes, intercommunalités, départements et régions, épingle à nouveau la gestion des élus locaux. Une annonce qui n’est pas du goût des maires de l’Essonne.

« Il est insupportable d’accuser sans cesse les élus et leur gestion communale alors même que l’État porte l’entière responsabilité d’avoir présenté des budgets en déséquilibre et financés par l’emprunt », réagit avec force le président de l’Union des Maires de l’Essonne (UME), alors que l’État « imposait aux communes un strict équilibre financier. » Pour Jean-Raymond Hugonet, par ailleurs maire de Limours, les élus locaux « sont conscients de leur devoir face à une situation économique et sociale particulièrement dégradée ». Mais les « maires sont les plus à même pour évaluer et pour exercer le lien avec leur concitoyens et restent donc les mieux placés pour gérer leur budget dans un strict souci de l’équilibre budgétaire ».

Le budget français en ligne de mire

Au delà des finances des collectivités locales, c’est le prochain budget de la France qui cristallise l’ensemble des responsables politiques. Les institutions de l’Union Européenne restent sceptiques sur le budget français présenté pour 2015, qui prévoit un déficit de 4,3 % du produit intérieur brut (PIB). Or le pacte de stabilité et de croissance pour la zone euro, signé par la France, oblige les États à ne pas franchir la barre des 3% de déficit du PIB. Même si pour les partenaires européens le compte n’y est pas, les services de Bercy ont déjà annoncé une économie de 21 milliards d’euros. Dans cette enveloppe, les élus locaux sont appelés à se serrer la ceinture. Le gouvernement prévoit de baisser les aides de l’État à destination des collectivités locales, de 3,7 milliards d’euros. « L’État en est réduit à étrangler les communes en appliquant une baisse des dotations sans précédent », estime Jean-Raymond Hugonet.

Confronté à cette baisse, « la question du maintien de certains services publics locaux risque même d’être envisagée sur certains territoires », prévient le maire de Courcouronnes et nouveau président de l’Association des Maires d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet (lire notre article). Pour l’élu courcouronnais, la nécessité d’un maintien des politiques locales d’investissement reste nécessaire, « les collectivités étant pour près de 75 % de l’investissement public ». C’est un « effort rendu de plus en plus difficile face à la contrainte financière qu’il s’agisse d’entretien de patrimoine, de rénovation urbaine ou encore de créations d’équipements publics pour répondre à la demande de croissance de construction de logements », estime Stéphane Beaudet.

Mais la Cour des comptes reste ferme sur ses positions, et précise : « la baisse de la DGF [Ndlr. La Dotation Globale de Fonctionnement accordée par l’État aux collectivités locales] ne saurait constituer à elle seule un mode de gouvernance des finances locales ».