« The Green Mosquee« , ou « la Mosquée verte » en français, c’est le nom donné à la Mosquée écologique actuellement en construction à Massy. Un projet unique en son genre.

Religion - Culte

« On va faire une mosquée, on a un certain nombre de problématiques, le gaspillage ce n’est pas bien, et notre religion nous encourage justement à économiser les ressources que Dieu nous donne. Qu’est ce qu’on peut faire pour mettre ça en oeuvre ? » C’est à partir de cette question qu’est né ce projet de mosquée écologique.

Un intérêt partagé

Si l’envie de construire un lieu de culte musulman décent à Massy est présente chez tous les musulmans depuis les années 80 – étant donné le manque de vrai lieu de culte dans les environs – ce n’est qu’en 2003 que le Conseil des Musulmans de Massy (CMM) se crée pour prendre ce projet à bras le corps. Après l’obtention d’un terrain en 2007 puis du permis de construire 2 ans plus tard, le CMM met tout en oeuvre pour ériger une mosquée digne de ce nom, tout en s’inquiétant de la préservation des ressources naturelles.

C’est alors qu’il décide, en 2010, de nouer des liens avec l’Ecole d’ingénieurs de Sceaux (EPF) et les étudiants de son option Environnemental and Innovative Engineering (EIE). « Cette option liée à l’environnement cherchait des projets comme cas d’école et il était intéressant de mettre à disposition ce type de projet au service des étudiants« , raconte le président de l’association. Comme chacun y trouve son intérêt, les deux entités décident alors de travailler main dans la main. « On a profité de projets de fin d’études », avoue-t-il.

Suite à deux projets de fin d’études réalisés au travers d’une démarche de Haute Qualité Environnementale (HQE), le CMM et les étudiants de l’EPF choisissent d’axer leur projet de mosquée écologique sur 4 thèmes principaux : l’isolation, le chauffage et la climatisation, l’optimisation des luminaires et la gestion de l’eau. « La première motivation a été l’eau. L’eau pour nous c’est la purification puisque ça sert aux ablutions… Le prophète Mohammed faisait ses ablutions avec un verre d’eau, on veut se rapprocher le plus possible de ça », explique le président de l’association qui insiste sur la volonté de minimiser les coûts.

Objectif de labellisation

En ce sens, et notamment grâce à l’analyse de la consommation de la mosquée de Créteil « qui vient d’être terminée », de nombreuses techniques ont été mises en oeuvre. « Il y a un bassin de rétention de 100m3 qui a été créé et qui sera utilisé pour les toilettes de la mosquée », explique par exemple le président du CMM. Des robinets à capteur optique devraient aussi être installés afin de limiter cette consommation. « En moyenne on était entre 3 et 6 litres d’eau pour les ablutions, on va essayer de passer en dessous du litre », précise ce dernier.

Outre les propositions sur l’eau, d’autres suggestions ont ainsi pu être appliquées. L’architecture a par exemple été déviée du plan initial pour laisser entrer plus de lumière.« La coupole est en verre. Le verre laisse passer 70% de lumière pour 30% d’énergie », indique le président. L’isolation a elle aussi évolué, cette dernière étant désormais faite de l’extérieur plutôt que de l’intérieur. De la géothermie à la ventilation naturelle en passant par la terrasse végétalisée, tout a donc été pensé pour faire de cette mosquée la première mosquée écologique de France. « Il y a un travail de labellisation qui est en cours. Un travail de certification au travers du fondateur de la norme HQE qui est Gilles Olive. Il va certifier au travers de son label la mosquée de Massy », affirme le président du CMM. « Ça a été un travail d’un troisième projet de fin d’études« .

Financée uniquement par les dons des fidèles, la mosquée écologique de Massy n’est toujours pas terminée. Si une dérogation permet aux musulmans d’y prier de temps à autres, l’ouverture complète n’est pas prévue avant septembre 2016. Étendue sur une surface d’environ 3000 m2 (salles de prières, bibliothèque, salle de conférence…) et entourée de petits commerces, cette mosquée prévoit d’être aussi bien un lieu cultuel d’un nouveau genre, qu’un lieu culturel ouvert à tous. « Elle servira à ce que l’on puisse répondre aux besoins de la communauté musulmane au travers de cours de langue par exemple. Mais on a également le souhait que cette partie culturelle puisse servir à s’ouvrir vers l’extérieur. Les musulmans doivent aller vers les citoyens. Ce lieu là contribuera à cela. C’est notre objectif », conclut le président du Conseil des Musulmans de Massy.