Plus de 300 personnes se sont mobilisées mercredi soir pour défendre le cinéma de Corbeil-Essonnes. Au-delà des bonnes intentions, les clients du cinéma attendent des élus des décisions concrètes.

Il est 18 h ce mercredi. Une foule dense d’un peu plus de 300 personnes se rassemble place Léon Cassé à Corbeil-Essonnes, devant l’entrée du vieux cinéma Arcel. Ils sont tous venus exprimer leur souhait de sauver l’établissement et de « pousser les élus à prendre des décisions concrètes » précisent les organisatrices.

« Il faut bien harceler pour défendre l’Arcel »

« Ce cinéma me rappelle mes 20 ans » nous souffle Pierre, qui avec son épouse Jeanine, vont une fois par semaine à l’Arcel. « La salle est à seulement 200 mètres de notre domicile, nous pouvons nous y rendre à pied » confie volontiers la septuagénaire. Comme de nombreux ainés de la ville, ce couple dispose grâce à la mairie, de places à tarifs réduits. S’amusant de son jeu de mots, Raymond résume en une phrase l’objectif de cette mobilisation : « Il faut bien harceler pour défendre l’Arcel ».

Construit il y a bientôt 100 ans, le cinéma corbeil-essonnois est la plus vieille salle du département. Ce qui en fait un lieu symbolique bénéficiant d’un large soutien de la population. En seulement quelques semaines, la pétition pour sauver la salle a récolté plus de 3 200 signatures, à l’image de Martine qui sur le site de la pétition (cinearcel.kroniquent.com), souhaite garder « ce cinéma de dimension traditionnel et qui fait encore vivre le centre de Corbeil ».

La notion de proximité est au centre des intérêts que portent de nombreux habitants à leur cinéma. Dans la foule, une dame lance : « C’est pas loin de chez moi, je peux venir à pied et c’est moins cher que Sénart ». La balle est maintenant dans le camp des pouvoirs publics.

Quel avenir pour le cinéma ?

« L’on voit vraiment que les élections sont dans quelques jours » ironise un passant. De gauche comme de droite, ils étaient tous présents. Sylvain Dantu, adjoint au Maire (UMP) de Corbeil-Essonnes, indique que la ville et l’agglomération travaillent sur plusieurs solutions pour sauver l’Arcel. La reprise du cinéma par un nouvel exploitant ou la gestion associative font partie des pistes de réflexion.

« Ils avaient la possibilité de le faire depuis 15 ans » s’exclame Carlos Da Silva, Conseiller général (PS) du canton est de la ville, qui réagit à la proposition de gestion associative. Pour l’élu socialiste, il est nécessaire « de ramener cela dans le giron public, utilisant un support associatif » à l’image des Cinoches de Ris-Orangis.

Conception différente pour Bruno Piriou, vice-président (Front de Gauche) du Conseil général de l’Essonne, qui soutient l’exploitant actuel. « On a un exploitant qui veut continuer » précise-t-il. « Ce cinéma ne peut vivre que par une réelle volonté politique » qui passe par un versement d’une subvention par l’agglomération à la société exploitante. L’élu communiste demande au « Maire de Corbeil-Essonnes de nous dire ce qu’il souhaite faire ».

Présente ce soir-là, Claudine Demoulin, la gérante de la société ADCI qui exploite le cinéma, reproche à l’agglomération son manque de dialogue. Privé de subvention depuis 2008, « le cinéma ne peut pas être viable si la mairie ou l’agglomération ne nous aide pas ».

Le 17 mars prochain, l’agglomération Seine Essonne devrait réunir son conseil communautaire. La question sur l’avenir de l’Arcel pourrait être à l’ordre du jour.