POLITIQUE > La première des six rencontres de la jeunesse, organisée par le Conseil Général de l’Essonne, s’est donc tenue hier soir à Morsang-sur-Orge. Forte d’un relatif succès en terme de nombre de participants (lire notre article), la rencontre a suscité réaction et discussions. Après l’ouverture de séance, par les officiels, la parole s’est rapidement libérée. La jeunesse essonnienne aurait-elle décidé de se prendre en main?

L’inauguration du cycle de rencontres a rassemblé près de 200 personnes hier soir, en présence de Michel Berson, président du Conseil Général, de Bruno Piriou, vice-président du Conseil Général chargé de la jeunesse et de l’éducation à la citoyenneté, de Marjolaine Rauze qui a ouvert les débats, et du préfet délégué à l’égalité des chances, Pierre Lambert. A la suite de la projection d’un film réalisé cet été, à la rencontre de 82 jeunes de tout le département, pour expliquer leurs difficultés actuelles et leurs attentes et espoirs dans l’avenir, un débat s’est alors instauré entre les participants.

Michel Berson a rappelé que la société avait « failli » dans la gestion des publics jeunes, « avec un taux de chômage de 26 % chez les moins de 26 ans ». Les jeunes qui ont pris ensuite la parole ont évoqué leurs difficultés d’insertion dans le monde du travail. Ryad, 16 ans, a par exemple exprimé « son impossibilité à trouver un stage ». D’autres ont également expliqué la difficulté terrible que représentait le fait de devoir trouver un employeur pour accomplir leurs études en apprentissage, comme Alexis, 19 ans, qui a déclaré « devoir arrêter ses études de commerce s’il ne trouvait pas de terrain d’apprentissage avant novembre ».

Un débat passionné pour de réelles questions posées.

Face aux nombreuses critiques des jeunes présents dans la salle à l’encontre des employeurs, Thomas Chaudron, président du Medef 91, a alors pris la parole pour expliquer au public que « l’entreprise n’avait pas une vocation sociétale. Elle n’est pas là pour créer des emplois mais avant tout pour faire de l’argent. Ensuite, une fois que l’argent est créé, il peut être redistribué pour de l’investissement matériel, de l’embauche éventuelle, sans oublier évidemment de reverser une part aux actionnaires qui ont investi ». Il a conclu en expliquant que depuis deux ans, le MEDEF 91 avait signé une convention de partenariat avec l’Université d’Evry-Val Essonne afin de faciliter l’accès aux stages des étudiants.
Ce discours a suscité une vive réaction de la part de Romain, 18 ans : « Je ne comprends pas comment vous pouvez tenir ce discours. Il n’y a pas que le pognon dans la vie. Les entreprises doivent jouer leur rôle de créateur d’emploi ». Discours fortement apprécié du public, qui l’a longuement applaudi. Les discussions se sont poursuivies dans la soirée, puis les personnes présentes ont ensuite continué les débats de manière informelle.