L’Etat vient d’approuver par arrêté le troisième Plan de sauvegarde pour la copropriété géante de Grigny 2. Pendant ce temps, les dettes continuent à s’accumuler pour les copropriétaires.

5000 logements composent l'ensemble de Grigny 2. (JM/EI)

5000 logements composent l’ensemble de Grigny 2. (JM/EI)

La copropriété de Grigny 2 entre dans une nouvelle phase, après la publication le 25 août dernier d’un arrêté du préfet de l’Essonne instituant un nouveau Plan de sauvegarde pour cet ensemble de 5000 logements et 17 à 18000 habitants. Au total, 100 millions d’euros d’investissements sont programmés d’ici à 2019, « afin de requalifier la copropriété en complément de travail juridique qui permettra la scission du syndicat principal » précisent les services du préfet.

Après le premier Plan de sauvegarde signé en 2001, qui était principalement une tentative de régulation du marché de l’immobilier dans la Copro, un second volet à partir de 2007 a consisté en un travail sur l’entretien du patrimoine et la sensibilisation des habitants, notamment sur la question sensible des charges. Le constat est partagé par une bonne partie des institutions concernant Grigny 2 : il faut rétablir la situation financière de la Copro. « L’ensemble des axes stratégiques que notre majorité municipale portait, sont dans ce Plan » réagit Philippe Rio, le maire de la commune.

De manière pratique, ce nouveau Plan de sauvegarde prévoit, outre la mise en oeuvre de la géothermie et de lourds travaux de réhabilitation, une individualisation des charges à l’échelle de chaque tranche de syndicat secondaire. Pour Isabelle Grenouillat, présidente du comité de soutien au Plan de sauvegarde, les moyens déployés sont « à la hauteur des besoins, notamment en ce qui concerne les travaux prévus » . Pour Philippe Rio, s’il faut se satisfaire de ce lancement, il s’agit selon lui du « premier étage de la fusée » qui devra être complété par « le deuxième étage de l’Opération d’intérêt national (OIN) » qui pourrait commencer à l’automne avec une « mission de préfiguration » .

Une dette de 2M€ mutualisée

Ce dernier exprime néanmoins des « craintes » quant à la mise en œuvre de ce Plan de sauvegarde. Car depuis 2011 et la nomination d’un administrateur judiciaire afin de redresser les comptes du syndicat principal des copropriétaires, la situation financière reste difficile. Le cabinet AJ Associés procède à des appels de charges, constatant à mesure que les comptes sont établis, de nouvelles dettes qui sont réparties entre copropriétaires.

La dernière en date : une dette de 2 millions d’euros due par des syndicats de tranches au syndicat principal, que l’administrateur a mutualisé entre l’ensemble des copropriétaires. « Il n’y a aucune explication, ils évoquent une solidarité qui n’existe pas en copro, c’est de l’amateurisme » conteste Isabelle Grenouillat. De son côté, le maire grogne face à la décision de l’administrateur : « on continue à plomber la copro de cette manière, alors que la loi ALUR prévoit des possibilités d’apurement de certaines dettes, en faisant des créances irrécouvrables » .

En général peu bavard avec la presse, l’administrateur d’AJ Associés en charge de Grigny 2, Nicolas Deshayes, justifie auprès d’Essonne Info la méthode utilisée. Concernant les 2 millions d’euros, Nicolas Deshayes explique que dans sa mission d’arrêter les comptes – en ce moment ceux de 2011 – il fallait « passer une provision pour dépréciation de la créance » . Et même si cela « se traduit comme une charge » qui s’applique à l’ensemble des copropriétaires, elle se trouve compensée par « les économies réalisées, comme le coût du chauffage qui a diminué de manière sensible » .

Pour Nicolas Deshayes, la loi ALUR affichée par le maire n’est pas encore applicable, « car il manque des décrets » , sachant que « l’on creuserait la dette de la Copro » si les appels de charges n’étaient pas envoyés. AJ Associés termine son mandat le 26 octobre prochain. Il pourrait se voir prolonger de sa mission par le tribunal d’Evry, jusqu’à l’établissement des derniers comptes 2013 et 2014. Ce qui devrait prendre encore plusieurs mois.