Dans le cadre des 70 ans de la Libération de l’Essonne, nous vous proposons de revivre ces instants cruciaux de notre Histoire. Il ne reste plus que la rive droite de la Seine à libérer, suite au bon travail de la 2ème DB dans le nord du département. Les Alliés se dirigent vers Corbeil, alors que les Allemands quittent le département en détruisant ce qu’ils peuvent sur leur passage pour ralentir l’avancée américaine.

 

En quatre jours d’interventions sur le département, les forces alliées ont quasiment entièrement libéré l’Essonne. Une avancée fulgurante des troupes franco-américaines (7/10 : La 2ème DB du général Leclerc libère le nord-Essonne) qui pousse les Allemands à se replier de plus en plus vite et à quitter le territoire. Néanmoins, cette retraite rapide et forcée, les Allemands ne la font pas sans en laisser des traces dans les villes et villages qu’ils abandonnent. Ils pratiquent ainsi la tactique de la terre brûlée. Cette stratégie qui avait forcé les troupes de l’empereur Napoléon Ier à revenir sur leurs pas lors de la campagne en Russie au début du XIXe siècle, est donc réutilisée par la Wehrmacht plus de 100 ans après. Le but étant, à défaut de les faire rebrousser chemin, de leur faire perdre du temps dans leur formidable avancée.

Les Allemands vont tout d’abord détruire autant que faire se peut les ressources en nourriture de chaque village. À Évry notamment, les châteaux du Mousseau et de Petit-Bourg sont incendiés avec leurs tonnes de vivres. Même constat dans la commune de Longjumeau, où les Allemands enflamment un important magasin de produits alimentaires, empêchant les Alliés de se ravitailler en cours de route.

Outre cela, les troupes du IIIème Reich n’hésitent pas à détruire les stocks d’armes. Pour faire en sorte que les munitions qu’ils n’ont pas utilisées ne soient pas retournées contre eux par les Américains, ils préfèrent les faire sauter. C’est le cas dans le château de Courances. Investi par l’Ennemi durant l’Occupation, ce dernier avait pris le soin de construire « dans le parc un certain nombre de baraquements  », relate le maire de Courances de l’époque dans un rapport d’après-guerre. Ces baraquements, remplis de munitions ont été détruits par les Allemands quelques heures avant l’arrivée des libérateurs. « L’explosion causa de graves dégâts dans les villages de Moigny et de Courances, un grand nombre de toitures furent soufflées et découvertes, les vitres furent brisées par centaines », répertorie l’édile courançois de l’époque.

Les Américains arrivent à Corbeil, peu de temps avant de découvrir que le pont sur la Seine a été détruit par les Allemands (Jacques Longuet et Michel Pascot)

Les Américains arrivent à Corbeil, peu de temps avant de découvrir que le pont sur la Seine a été détruit par les Allemands (Jacques Longuet et Michel Pascot)

Faire sauter le pont de Corbeil pour ralentir les Alliés

Autres moyens que possèdent les Allemands à défaut de pouvoir ralentir les Alliés avec leurs armes : détruire les axes de communication. Le 19 août, sentant l’arrivée pressante des Américains, les troupes du Reich avaient fait sauter le pont et la voie de chemin de fer à Dourdan. Afin de freiner encore plus les Alliés, les Allemands vont dynamiter d’autres ponts dans le nord de l’Essonne. « Ils ont fait sauter un pont traversant la Nationale 7 », explique le maire de Grigny de l’époque dans ses écrits.

Mais le plus gênant pour les Alliés reste la destruction du pont de Corbeil qui enjambe la Seine. En effet, ce site était la seule porte de sortie vers la rive droite de la Seine sur de nombreux kilomètres. À l’approche des chars alliés qui arrivent par Villabé le 25 août, les Allemands constituent des obstacles, abattent des arbres et font exploser des engins « Goliaths » sur la place du Marché, sur le quai Bourgoin et à la hauteur de la rue de l’Arche avant de s’attaquer au pont sur la Seine dans la soirée du 25 août. Également, un pont qui enjambe la rivière de l’Essonne est détruit sur la dizaine de passerelles que compte la commune. La ville est divisée en deux. La rive droite est coupée du cœur névralgique de la ville qui se trouve à quelques mètres de l’autre côté de la Seine.

La progression des Américains est stoppée nette. Ils tentent ainsi de combattre les Allemands postés sur la rive d’en face en programmant un raid aérien. Ce dernier pourrait causer des centaines de pertes humaines. Finalement, cette option est abandonnée in extremis grâce au courage de certains résistants qui ont pris le risque de traverser à la nage le fleuve très surveillé pour alerter les Américains sur le danger d’un bombardement. Des renseignements qui ont souvent facilité les Alliés dans la prise de leur choix…

  • Episode 9/10 : « Une libération permise par le rôle de la Résistance essonnienne », paraîtra mardi 26 août