Dans le cadre des 70 ans de la Libération de l’Essonne, nous vous proposons de revivre ces instants cruciaux de notre Histoire. En plus des armées américaines, les troupes françaises vont également délivrer le nord du département. C’est le Général Leclerc qui s’en occupera avec sa célèbre 2ème DB.

Au soir du 22 août 1944, les trois quarts de l’actuel département de l’Essonne sont libérés du joug allemand (6/10 : l’irrésistible avancée des troupes U.S.). Il ne manque plus qu’à chasser l’Occupant de la zone nord du territoire. Seulement, cela ne rentre pas dans les plans initiaux des Alliés. En effet, l’Opération Overlord lancée début juin sur les côtes normandes ne prévoit pas de partir à la reconquête de Paris et de sa proche banlieue afin de gagner du temps pour rallier Berlin et stopper la guerre au plus vite.

Or, le 22 août, le Général Dwight Eisenhower commandant en chef des forces alliées en Europe revient sur sa décision de contourner Paris. L’insistance du Général De Gaulle, la faiblesse de la garnison allemande et le déclenchement de l’insurrection parisienne par les riverains et les résistants, l’incite à envisager la libération de la cité. Pour le haut commandement allié, il s’agit dès lors d’éviter que Dietrich Von Choltitz, alors gouverneur de Paris, ne tente d’écraser le mouvement insurrectionnel par un bain de sang. La décision est prise, il faut donc marcher sur la capitale pour éviter cela.

Ce changement de programme de dernier instant est capital pour le nord du département qui voit la possibilité d’être libéré dès la fin août 1944, alors que le plan Overlord ne prévoyait cette action qu’au début de l’automne.

Leclerc, le libérateur du Nord-Essonne

La mission demandée par Eisenhower est confiée à deux unités. L’une américaine et l’autre française. En effet, la 4ème Division d’infanterie U.S. et la 2ème Division Blindée française sont choisies pour cette opération. Le Général Philippe de Hauteclocque, dit Leclerc (Ndlr : il sera autorisé a rajouté ce pseudonyme à son nom qu’en novembre 1945), choisit de passer par le sud pour entrer dans Paris, se disant que la résistance allemande serait moins âpre. Le plan initial était de suivre l’axe de la RN188 de Limours à Palaiseau de s’orienter vers Arpajon et de progresser en suivant la RN20 jusqu’à la Porte d’Orléans. Toutefois, la 2ème DB va se diviser pour la remontée vers Paris. La majeure partie des troupes se dirige vers Longjumeau tandis qu’un détachement part dans l’extrême nord-ouest du département vers Vauhallan et Massy.

Ainsi, le gros des troupes du Général Leclerc commence sa remontée vers la capitale en libérant sans trop d’opposition les communes de Forges-les-Bains, Briis-sous-Forges, Montlhéry ou encore Saulx-les-Chartreux. Les premiers accrochages pour la 2ème DB commencent à Villejust avec un convoi allemand. Ce dernier est finalement rapidement maîtrisé. Jusqu’à Longjumeau, le détachement va ainsi réduire de petits îlots de résistance allemande et faire près de 250 prisonniers.

La mission se complique ensuite vers le nord du département. Les Allemands sont mieux organisés à Massy et à Wissous où une résistance farouche est organisée. Des moyens plus importants doivent être attendus pour la libération de ces communes où de nombreux obus seront lancés pour réduire à néant l’infanterie du Reich.

La situation est sensiblement la même pour la ville de Morangis. En effet, après la libération de Longjumeau, un nouveau détachement de la 2ème DB conduit par Warabiot oblique de son chemin en direction d’Epinay-sur-Orge, libérant Savigny-sur-Orge, Wissous, avant de se heurter à Morangis. La résistance sur Morangis est importante causant des pertes non négligeables, 15 morts et 4 chars détruits. Cette victoire ouvre la porte aux communes de Fresnes et de Rungis ou un autre combat attend les hommes du Général Leclerc avant l’entrée dans la capitale. Ces villes seront libérées le 24 août, tout comme Ris-Orangis, Viry-Châtillon, Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge ou encore Grigny, qui le sont par la 4ème division blindée américaine entre le 23 et le 24.

La 2ème DB, au sein de laquelle se trouvent deux Essonniens, Michel Boulanger et Pierre Bourdais, fonce vers Paris avec les unités américaines. La libération de la capitale est en marche. Tout comme celle de l’Essonne qui ne compte guère plus que la rive droite de la Seine encore occupée, ainsi que la ville stratégique de Corbeil et de son pont qui enjambe le fleuve…