Dans le cadre des 70 ans de la Libération de l’Essonne, nous vous proposons de revivre ces instants cruciaux de notre Histoire. Après un temps d’observation des positions allemandes en Essonne, les troupes alliées peuvent enfin entrer dans le département le 21 août 1944. Dourdan sera ainsi la première ville de l’Essonne à être libérée. 

Après avoir repéré certaines positions allemandes lors de leur entrée en Essonne les 16 et 17 août 1944 (5/10 : Les Américains entrent discrètement en Essonne), les troupes américaines choisissent de passer à l’action le 21. Et c’est par Dourdan que la série de villes et villages de l’Essonne libérés va commencer. Suite à un gros travail de la résistance locale, la mission des Alliés est fortement allégée. Une mission rendue encore plus simple par le choix des Allemands, qui avaient eux-mêmes opté pour quitter la commune du sud de l’Hurepoix. Pourtant, leur départ ne signifiait pas que la ville était facilement prenable. Fallait-il encore éviter l’ensemble des pièges laissés par la Wehrmacht.

Et ils étaient nombreux. Outre le dynamitage des réseaux de communication, comme le pont de chemin de fer, les Allemands ont fait exploser le château d’eau de Dourdan. Pour rendre l’accès encore plus difficile à la cité médiévale, de nombreuses mines ont été disséminées autour de la ville. Néanmoins, une fois ces embûches surpassées, la 7ème division blindée américaine a pu défiler dans les rues noires de monde sans rencontrer d’opposition de la part de l’Ennemi. Dourdan est ainsi la première commune de l’Essonne à être libérée du joug hitlérien.

Dans la même journée, les forces américaines se divisent. Des troupes partent vers Authon-La-Plaine, d’autres vers Limours-en-Hurepoix. Au même moment, le restant de la IIIème Armée du Général Patton libère les communes du sud de l’Essonne comme Puiselet-le-Marais ou encore Valpuiseaux. Le maire de Valpuiseaux relate ce moment dans un rapport rédigé après la libération de l’Essonne. « Le 21 août, à midi, un détachement de blindés américains venu de Puiselet-le-Marais passe sur la route Etampes-Fontainebleau, en direction de Maisse ». Neuf Allemands qui s’étaient repliés de Mespuits sont démasqués à ce moment par les Américains. Deux sont tués, un est blessé et les autres sont tous faits prisonniers côté allemand et « un Américain est malheureusement tué », résume le maire de Valpuiseaux concernant la libération de son village.

 

Les trois-quarts du département libérés en deux jours

Au soir du 21 août, une partie du sud et de l’ouest du département sont libérés par les Alliés. Mais l’avancée va être encore plus irrésistible le lendemain. Dans l’après-midi du 22 août, les communes d’Etréchy, Janville-sur-Juine, Bouray-sur-Juine et de Chamarande sont libérées. Des Américains qui resteront quelques mois dans cette dernière laisseront une trace de leur passage sur le bâtiment du Belvédère, situé dans le domaine du château.

Plus au nord, c’est Saint-Chéron qui est en fête en début de soirée. Bref, les Américains très efficaces avancent vite, parfois bien aidés par le repli massif des troupes allemandes. Cependant, deux cités vont opposer une résistance opiniâtre. Il s’agit d’Étampes et d’Arpajon.

Les Boys de Patton s’attaquent donc à Étampes dans la soirée du 21 août. Cette ville dévastée par un terrible bombardement le 10 juin 1944 abritait début août un contingent allemand estimé entre 10 000 et 12 000 hommes. Seulement, l’Occupant a en partie déserté la ville. Une poche bien organisée subsiste tout de même. Bien renseignés par les résistants étampois, les Américains vont pilonner les lignes allemandes et éviter ainsi un énième bombardement aérien à la commune. C’est finalement après d’âpres combats que la cité est libérée le 22 août.

A Arpajon, la physionomie est presque la même. Dans la soirée du 21 août, les Américains qui veulent libérer la ville se heurtent à une farouche défense allemande. Ainsi, à 22h « la canonnade américaine commence sur la ville. Les premiers obus tombèrent de la Place de Mairie à l’Avenue Hoche […] faisant une victime », écrit le maire d’Arpajon. 200 obus seront tirés pour libérer la ville dans la nuit. Les troupes U.S. doivent se déployer et « nettoyer » la région, notamment les bois des 4 pavés et de Bel-Air. Le 22 août, à 10h, les Américains entrent en vainqueurs dans les rues en partie dévastées de la commune. Ils passeront toute la matinée à débusquer les francs-tireurs cachés dans les habitations.

Malgré ces deux gros affrontements avec l’ennemi, les troupes américaines avancent rapidement en Essonne si bien qu’au soir du 22 août, près de trois quarts de notre département sont déjà libérés principalement à l’ouest et au sud, jusqu’à Milly-la-Forêt, libérée dans la journée. Seuls demeurent des groupes isolés auxquels les Forces Françaises de l’Intérieur (Ndlr : l’un des principaux groupements militaires de la Résistance) donnent la chasse. Quant au sort de la capitale et celui de la partie nord de l’actuel département, leur sort s’est en partie joué au cours de cette journée…