1964–2014 : déjà 50 ans que le département de l’Essonne a été créé. Un département qui a su rapidement développer des pôles d’activités performants tout en conservant une double identité urbaine et rurale. Zoom sur un des plus jeunes départements de France. 

Le 10 juillet 1964. Cette date ne vous dit certainement rien aux premiers abords. Pourtant, sans cette date, les habitants du département ne s’appelleraient pas les Essonniens. En effet, cette date coïncide avec la promulgation de la loi de la réorganisation de la région parisienne et par conséquent de la création de l’Essonne. Un demi-siècle après la mise en application de cette loi, le Conseil général de l’Essonne a choisi de fêter les 50 ans de notre département. Retour sur l’Essonne d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

 

Un territoire à réorganiser

L’Essonne est l’un des départements les plus jeunes de France. Comme l’ensemble des départements de la petite et de la grande couronne, l’Essonne est née du démantèlement des trois départements qui structuraient la région parisienne. Effectuons un bond de plus de 50 ans en arrière. Au début des années 1960, la Seine, la Seine-et-Oise et la Seine-et-Marne composent à eux trois l’Île-de-France. Seulement, suite au phénomène du baby-boom survenu durant les Trente Glorieuses (1945–1973), ces départements ont connu une augmentation flagrante de leur population. « Une croissance telle qu’il était devenu difficile pour la préfecture de la Seine-et-Oise (Ndlr : Versailles) de gérer de telles hausses des populations sur un territoire aussi grand », rappelle Jérôme Cauët, vice-président du Conseil général de l’Essonne. Au vu de ce constat, le Président Charles de Gaulle a ordonné une réorganisation de Paris et de sa banlieue.

Il faut attendre l’été 1964 pour qu’un projet soit proposé. Une loi sur la réorganisation de la région parisienne est ainsi promulguée le 10 juillet 1964. Elle prévoit, entre autres, la dissolution du département de la Seine et la suppression du vaste département de Seine-et-Oise, tandis que la Seine-et-Marne, moins peuplée, n’est pas impactée. Des cendres de la Seine-et-Oise vont naître trois départements dont le Val-d’Oise et les Yvelines. Pour le dernier, un court débat va s’instaurer pour son nom. « A l’époque, deux choix étaient présentés, explique Jérôme Cauët. Soit Seine-et-Orge ou Val-d’Essonne. C’est finalement ce dernier qui a été retenu, même si au final seul le mot Essonne a été conservé ».

Le choix de la préfecture du département a également été « le fruit d’un long débat », assure le vice-président du Conseil général. Parmi les 196 communes de ce nouveau département, Corbeil-Essonnes et Evry-Petit-Bourg tenaient le haut du pavé. C’est toutefois la petite commune d’Évry qui est nommée. « Il fallait tout bâtir, étant donné que c’était un village avec des terres agricoles qui l’entouraient de part et d’autre ». La ville nouvelle d’Évry sera construite dans la fin des années 1960, notamment par Paul Delouvrier. Les bases de l’Essonne sont posées.

Un département à deux visages

Si la décision de créer le département de l’Essonne a été prise le 10 juillet 1964, « sa mise en service » date du 1er janvier 1968. Elle portera le numéro 91. Ainsi, en presque 50 ans de vie, l’Essonne a vécu de grands bouleversements qui ont principalement découlé à cause de la hausse de sa démographie. « Le nord a vu apparaître les grands ensembles comme à Corbeil-Essonnes avec les Tarterêts, à Grigny avec la Grande Borne ou encore à Évry avec les Pyramides. Bref, le nord s’est urbanisé très rapidement à l’inverse du sud qui est resté très rural ». Le nord du département accapare de nos jours une bonne partie des 1,2 millions d’Essonniens. Une particularité qui s’exprime par le fait que d’Athis-Mons à Corbeil-Essonnes, les villes se succèdent « sans qu’on s’en rende compte » ironise le vice-président du CG. Cette caractéristique s’expose au niveau de son paysage qui contraste un nord urbain et un sud rural.

Il s’agit donc presque d’un département à deux visages, d’autant plus que le nord détient une grande partie des activités économiques du territoire au profit du sud. « Le nord de l’Essonne regroupe pas moins de 20% de la recherche en Île-de-France, avec des pôles d’activité comme le Génopole d’Évry, le Synchrotron, les universités d’Évry et d’Orsay, l’école Polytechnique, ou encore avec le parc d’activités de Courtabœuf », énumère Jérôme Cauët.

Un département à deux visages qui est pourtant très complémentaire. Bien que cette partie du département apporte aussi sa pierre à l’édifice avec des entreprises comme Faurecia à Brières-les-Scellés ou encore le site Renault de Lardy, « le sud représente un atout touristique grâce à son patrimoine, affirme Jérôme Cauët. Avec des monuments comme le Cyclop et la maison de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt, le château de Courances, les nombreuses forêts, le sud joue un rôle important dans la vie des Essonniens qui ne doivent pas faire beaucoup de kilomètres pour trouver un endroit où se détendre ».

Un jeune territoire et beaucoup de projets

En 50 ans, l’Essonne a fait son petit bout de chemin. Elle compte déjà de nombreux projets menés à bien, cependant, cela ne devrait pas s’arrêter là. En effet, d’autres sont sur le point de devenir réalité. Pour le conseiller général Jérôme Cauët, les enjeux de l’Essonne sont multiples. « C’est un triptyque : emploi, transport et logement ». Ainsi, pour la thématique de l’emploi, le département bénéficie de nombreux projets en attentes comme la réalisation d’un pôle de recherche sur le Plateau de Saclay, de la reconversion de la Base Aérienne 217 en pôle de sécurité ou encore avec la venue du Grand Stade de Rugby sur l’ancien site de l’hippodrome de Ris-Orangis. « Ces projets seront des segments importants de l’activité économique du département et influeront directement sur l’emploi », espère Jérôme Cauët.

Plus généralement, le but recherché par le Conseil général serait de faire en sorte que « les Essonniens travaillent et habitent en Essonne afin que tout le monde y trouve son compte », souligne le vice-président du CG. Les projets d’envergures sont là, il ne reste plus qu’à construire les logements « qui manquent par endroits », déplore-t-il. Néanmoins, de nombreuses communes s’y mettent, comme Massy qui est désormais la troisième ville de l’Essonne en termes de population ou encore la commune de Saint-Pierre-du-Perray qui a quasiment doublé sa population ces dernières années.

Pour une jeune collectivité, l’Essonne ne semble pas avoir pris un retard faramineux sur les autres départements. Elle se situe au niveau. De surcroît, elle grandit vite et possède déjà une partie des clefs de son avenir. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers. « Il faudra pourtant essayer de conserver le rythme imprimé depuis sa création » conclut le vice-président du CG qui reste « fier de son département ».

D’ici-là et peut-être avant une nouvelle refonte des départements d’Île-de-France aux horizons 2020, de nombreuses festivités seront organisées au niveau de l’Hôtel du département, avec nombreuses animations, mais aussi un spectacle son et lumière suivi d’un feu d’artifice ce samedi 26 juillet dans la soirée. Bref un week-end de fête avant la venue du Tour de France le lendemain. Pour plus d’informations, rendez-vous ici.