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L’Association Sportive de Corbeil-Essonnes Cyclisme nous a ouvert ses portes en cette période de Grande Boucle. L’occasion de revenir sur plus d’un siècle de cyclisme à Corbeil-Essonnes, où la petite Reine et le cycliste local se mêlent parfois.

1891. C’est la date de création de la première section cycliste à Corbeil-Essonnes. Plus d’un siècle d’Histoire et d’histoires de vélo en Essonne. Comme en 1991, l’année du centenaire, l’année de la consécration et de ce premier titre de Coupe de France, et ce titre de en Championnat de France 1/2 fond. L’année où Miguel Indurain remportait le premier de ses cinq Tours.  A l’heure où le Tour de France s’apprête à faire son retour dans le département en grande pompe, nous sommes allés à la rencontre de l’ASCE cyclisme, loin de la caravane du Tour, de ses hôtesses et de la ferveur populaire. L’un de ses lieux où le vélo se construit, se mûrit et se forme dans le silence de ses champions que l’on acclamera plus tard.

C’est Pascal Vendé qui nous accueille, un brin méfiant, mais pas méchant au fond, dans une rue calme près du stade de Corbeil-Essonnes. Lui, c’est le président du club depuis 14 ans et un ancien coureur « qui connaît les journalistes ». C’est surtout un bénévole qui aime son sport, sa passion. Il dirige aujourd’hui « la plus grosse  structure du département », après avoir tenu, devinez donc : une boutique de vélo, à deux pas du club house où nous sommes reçus. La meilleure personne pour parler vélo dans les environs, sans hésitation. « L’ASCE existe depuis 73 ou 74  » nous explique-t-il, plus trop sûr du chiffre. Et ce sont quelques Champions aussi dont parmi les derniers, on peut compter Stéphane Bonsergent, Dimitri Champion ou encore Kenny Elissonde, tous des jeunes du département.

Si l’on considère les tours Pro comme la crème de la crème, l’ASCE, c’est l’antichambre de la roue, dans la division Nationale, juste en dessous des coureurs continentaux. Notre interlocuteur insiste : « On ne vit qu’avec des bénévoles  », comme souvent dans le sport en dehors des écrans, comme souvent une histoire de passionnés. « Notre premier sponsor, c’est la ville de Corbeil-Essonnes, je tiens d’ailleurs à les en remercier  » poursuit le professeur, « On a aussi quatre sponsors locaux ». Bien que ce soit la plus grande structure du département, on est bien loin des monstres que sont FDJ.FR ou encore AG2R La Mondiale. « On a quatre directeurs sportifs qui encadrent les courses tous les dimanches de mars à septembre », une broutille comparée aux armadas qui composent la flotte du Tour, « c’est du semi-pro, poursuit Pascal Vendé, la prochaine étape pour nous aura lieu à Marmande le 10 août prochain ».

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« Le Tour de France ne nous rapporte rien »

On se plaint souvent du football professionnel, oubliant parfois que ce sont les millions qu’il engendre qui fait vivre en partie le football amateur. « Le Tour de France n’apporte absolument rien au cyclisme amateur », nous apprend le président de l’ASCE cyclisme. « Je me suis investi pendant 6 mois lors des précédents départs du Tour à Corbeil-Essonnes – en 2001 en 2005, ndlr. Ma grande déception, c’est que 45 minutes après, il n’y avait plus rien. Le cyclisme n’est plus un sport à la mode. » Si effectivement, on peut voir de nombreuses manifestations tout au long de la journée autour des villes-arrivée, l’ambiance est souvent un peu plus morose une fois la caravane partie des villes-départ. Et la direction du Tour ne s’y trompe pas, puisqu’il y a une différence qui varie du simple au double selon que vous accueillez un départ ou une arrivée de la Grande Boucle. « Si au moins cela nous apportait quelques sponsors, on serait contents, explique l’ancien coureur cycliste, mais quand je vous dis rien, c’est rien. Ce sont deux mondes tout à fait différents ».

« On connaît une baisse de licenciés depuis quelques années, le Tour de France ne rapporte qu’aux hommes politiques, poursuit-il toujours avec passion. C’est une lutte pour survivre tous les week-ends ». Si le Tour semble toujours déchaîner les passions sur son passage, les amateurs semblent avoir de la peine pour continuer à exister. « Pour chaque course, il faut un camion, une voiture, il faut payer l’hôtel, faire vivre les coureurs, nous explique le président. On part avec 5 coureurs – 9 pour les équipes du Tour, ndlr – un directeur sportif, un mécanicien et un kiné. Il faut compter environ 1 000€ pour chaque week-end de course. » Loin des 7 titres du légendaire Armstrong, « tous les coureurs travaillent et ont une couverture sociale » nous explique Pascal Vendé avant de conclure ainsi « On a une vraie volonté de faire vivre le vélo dans le département et pour longtemps si possible  ». Parce qu’il n’y aurait pas de sports professionnels sans ces petites structures qui travaillent, les mains dans le cambouis et la rustine, souhaitons que l’ASCE cyclisme fasse encore longtemps parler d’elle sur les routes de France.