Il s’agissait d’une visite éminemment politique. En plein débat sur le développement du plateau de Saclay, appelé à devenir la Silicon Valley à la française, Eva Joly est revenue en Essonne, où elle a exercé de nombreuses années comme magistrate, pour soutenir les candidats EELV aux cantonales. Le choix du lieu de visite avait tout de symbolique. Les écologistes, notamment à la région, s’opposent à la vision gouvernementale du devenir du plateau, et contestent le choix de faire monter le futur métro automatique au coeur du cluster.

Le débat autour de l’aménagement du plateau de Saclay continue de plus belle. Point de frottement au sein de la majorité régionale, au sein de laquelle les élus écologistes tiennent dur comme fer leur position, la question de l’accessibilité du futur pôle de recherche est prise très au sérieux par les militants et candidats Europe Ecologie-Les Verts. Pour eux le développement doit être contrôlé, la priorité agricole du plateau conservée, et la question des transports abordée de manière à répondre aux besoins locaux et urgents.

C’est symboliquement pour cette raison qu’Eva Joly a fait le choix de rejoindre le plateau de Saclay en utilisant la liaison de bus au départ de Massy-Palaiseau, qui monte sur le plateau en traversant l’école Polytechnique. Le TCSP (Transport en Commun en Site Propre) semble s’attirer les grâces des écologistes. Considéré comme « moins couteux » , il pourrait à terme être transformé en liaison par tramway, ce qui ne défigurerait pas le plateau, ses champs et ses bois. « Nous sommes tout à fait opposés au métro automatique sur le plateau » a ainsi indiqué Eva Joly

Car pour la leader du nouveau mouvement Europe Ecologie-Les Verts, le plateau « doit rester une terre agricole pour alimenter les populations environnantes » . « La terre est un bien précieux, on ne va pas la sacrifier pour un projet surdimensionné » indique-t-elle. Elle met en avant les projets d’agriculture de proximité, portés par les militants et des associations locales, et plaide pour un développement « raisonné » de la région de Saclay.

Plateau contre Vallée

Celle qui prône des valeurs de « transformation écologique de la société » ne conçoit pas que le choix de construire un métro automatique soit réalisé « dans la plus grande opacité » . Elle regrette « le manque de transparence » , et insiste sur le besoin « d’impliquer les citoyens » dans le choix à effectuer. « On n’engage pas des milliards sans concertation » s’indigne-t-elle.

Dans une rencontre organisée en mairie de Saclay, les écologistes ont défendu leur vision du développement de la zone du plateau. Ils ont ainsi critiqué un projet « en contradiction » avec les réalités locales. A côté de la vallée, et de son « RER B qui se détériore, avec Les Ulis et la zone de Courtaboeuf mal desservies » , les écologistes locaux, dont plusieurs élus des villes concernées, ne comprennent pas que l’on mise tout sur un métro « qui ne répondra pas aux besoins exprimés par les habitants » .